vendredi, juin 23, 2017

Début des exportations de gaz iranien vers l'Irak en vertu d'un accord majeur

L'Iran a commencé à exporter du gaz vers Bagdad en vertu d'un accord qui devrait faire de l'Irak le premier importateur de gaz iranien, a annoncé mercredi soir le ministère du Pétrole. 

"L'exportation de gaz naturel iranien vers Bagdad a commencé mercredi soir", a annoncé le vice-ministre du Pétrole, Amir Hossein Zamaninia, cité par le site d'information du ministère. 

"L'exportation a commencé au rythme de 7 millions de mètres cubes par jour et devrait s'élever à 35 millions m3", a précisé le responsable cité par Shana. 

L'annonce est intervenue deux jours après une visite en Iran du Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, effectuée à la suite d'un déplacement en Arabie saoudite, grand rival régional de Téhéran, sur fond de tensions diplomatiques dans le Golfe. 

Un nouveau gazoduc lie l'ouest de l'Iran à Bagdad, tandis qu'un autre devrait transporter du gaz du sud-ouest iranien vers la ville de Bassora, dans le sud de l'Irak. 

Ces deux gazoducs devraient porter à terme à 70 millions m3 par jour les importations irakiennes de gaz d'Iran. 

L'Iran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz, pompe 600 millions de m3/jour. 

Si les exportations de pétrole iranien ont quasiment doublé depuis la levée des sanctions internationales en vertu de l'accord nucléaire signé en 2015, la majeure partie du gaz produit est destiné à la consommation intérieure --notamment en raison d'un manque d'infrastructures pour l'exportation. 

La Turquie était jusque-là le seul client du gaz iranien, important environ 30 millions m3 par jour en vertu d'un accord conclu en 1996. 

L'Iran avait conclu en 2013 un premier contrat d'exportation de gaz à Bagdad et un second en 2015 portant sur l'exportation du gaz à Bassora. 

Téhéran cherche à développer son marché du gaz alors qu'elle continue à lancer de nouvelles phases de production dans le champ gazier Pars Sud qu'il partage dans le Golfe avec le Qatar et représente le plus grand gisement de gaz naturel au monde. 

L'Iran et l'Irak, qui se sont livré une guerre sanglante entre 1980 et 88, se sont beaucoup rapprochés après la chute de Saddam Hussein. 

En savoir plus sur http://www.atlasinfo.com

dimanche, mai 21, 2017

Une économie encore trop fermée au Monde, mais qui ne demande qu'à s'ouvrir !

Dans un communiqué de l’Elysée, M. Macron a souhaité, suite à la réélection du président iranien, que « ce nouveau mandat confirme l’amélioration des relations anciennes entre la France et l’Iran ». Le chef de l’Etat Français a demandé « au gouvernement français de travailler activement à l’intensification des liens économiques, scientifiques et culturels avec l’Iran ».

Il est vrai que l'économie iranienne reste encore trop fermée à l'investissement international faute notamment de trouver des financements. 

Voici les extraits d'un interview réalisé par  le magazine Capital avec Mohammad Amin, analyste et chercheur associé à la FEMO (Fondation d’études pour le Moyen-Orient) et co-auteur d’Où va l’Iran ? (Regards croisés sur le régime et ses enjeux d’influence) (éditions Autrement).


Selon Mohammad Amin,  l’accord sur le nucléaire n’a pas eu les effets escomptés car l’économie iranienne reste sous contrôle du régime. 

Capital : Hassan Rohani, le président sortant, est attaqué sur son bilan économique par ses adversaires. Celui-ci est-il réellement catastrophique ?

Mohammad Amin : La population iranienne attendait beaucoup de l’accord sur le nucléaire, entré en vigueur en 2016 : celui-ci a levé une partie des sanctions dont était victime le pays à cause de son programme nucléaire controversé. Malheureusement, il n’y a pas eu de retombées concrètes pour la population. Le chômage est toujours élevé (12,5% officiellement, mais il atteint plus de 40% selon des économistes indépendants), la baisse de l’inflation (de 35% en 2013 à 9% en 2017) ne s’est faite qu’au prix d’une récession, et de nombreuses banques ou caisses de retraite sont aujourd’hui en faillite. Cela s’explique par le fait qu’il est toujours compliqué de faire du business en Iran : de nombreuses banques ne veulent pas financer des projets. Mais aussi parce que l’Iran n’est toujours pas une économie de marché et qu’il s’agit même de l’une des plus fermées du monde : le guide suprême Ali Khamenei et les Pasdarans (une milice à son service, ndlr.) contrôlent plus de 50% du PIB, notamment les banques, les assureurs et de nombreux acteurs pétroliers. Ce sont eux qui détiennent les clés de la politique économique, Hassan Rohani n’a presque aucun levier. En le rendant responsable de la mauvaise situation économique du pays, ils essayent de détourner l’attention de la population pour la garder sous contrôle.

Capital : Pourtant, la levée des sanctions a été très bénéfique pour l’industrie pétrolière, dont les exportations ont bondi. Pourquoi cela n’a-t-il pas amélioré la situation économique du pays ?

Mohammad Amin : Oui, l’Iran a plus que doublé ses exportations de pétrole entre 2013 et 2017 (de 1 million de barils par jour à 2,4 millions aujourd'hui), mais ces recettes supplémentaires sont utilisées par le régime iranien pour ses aventures guerrières, notamment en Syrie (selon mes estimations, 10 milliards sont dépensés annuellement pour l’effort de guerre là-bas mais aussi pour maintenir les structures du pouvoir en place), mais aussi en Irak ou au Yémen. L’économie iranienne est l’otage de ces guerres extérieures, qui servent à légitimer l’existence des Pasdarans.

Capital : Donald Trump, le président américain, est-il une menace pour l’accord ? Il a promis de le déchirer pendant la campagne présidentielle et été très véhément envers le pays.

Mohammad Amin : Je ne pense pas qu’il remettra l'accord en cause, mais il sera très vigilant sur son application. Il a déjà d’ailleurs pris quelques mesures : il a sanctionné le géant chinois ZTE à cause de ses relations avec une société de télécommunication en Iran. Et contrairement à Barack Obama, qui avait organisé sa politique au Moyen-Orient en fonction de ses rapports avec l’Iran, Donald Trump semble plus prompt à s’opposer aux ingérences du régime iranien. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne trouveront pas un moyen de s’entendre : si l’Iran renonce à sa politique belliqueuse, Donald Trump sera sûrement prêt à trouver un terrain d'entente.

Sources : Capital, Le Monde

samedi, mai 20, 2017

L'économie iranienne suit une convalescence encourageante

La croissance est redevenue vigoureuse en Iran, mais les sanctions américaines résiduelles dissuadent l'investissement.

C'est l'histoire d'une ruée vers l'or lancée il y a deux ans et qui n'a encore pas donné de pépites. La levée des sanctions internationales de l'Iran initiée en juillet 2015 devait susciter un afflux d'investissements étrangers de 50 milliards de dollars par an, se vantait le président Hassan Rohani. En fait, son vice-président, Eshagh Jahanguiri, a reconnu récemment que seulement… 2 milliards ont été injectés dans le pays depuis lors. La faute au maintien de sanctions américaines qui dissuadent les banques occidentales de travailler en dollars en Iran, au point que le pays est un des rares au monde où les cartes bancaires internationales ne servent à rien.

Tout établissement financier se verra fermer l'immense marché des Etats-Unis s'il s'avère qu'il fait affaire avec des pasdarans listés comme terroristes par l'Ofac américain, un risque élevé vu l'opacité du monde des affaires iranien. Les pasdarans, qui détestent la concurrence des étrangers et contrôlent beaucoup d'actifs économiques, ne sont d'ailleurs pas les derniers à se réjouir de ce blocage. Ceux qui investissent en Iran sont ceux qui ont peu d'intérêt aux Etats-Unis ou disposent des moyens de faire le travail de « due diligence » permettant de vérifier, en liaison avec Washington, que leurs partenaires ne sont pas liés aux pasdarans, explique un observateur.

Les importateurs se débrouillent toutefois, « en payant en cash, en réalisant du troc, par exemple viande contre tapis, ou en utilisant les services d'un agent à l'étranger », souligne Mortez Miri, vice-président de la Maison de l'industrie, des mines et du commerce. D'autres utilisent des petites banques allemandes, italiennes ou chinoises, à l'image du patron d'une firme de matériel électrique, Said Jannesarghamsari. Qui salue « l'ouverture d'une porte, malgré les déceptions inévitables sur le niveau de vie et le chômage ». « Mais il faut voir qu'on vient de loin », précise-t-il. « Il est impossible de résoudre des décennies d'isolement du jour au lendemain, mais on est sur la bonne voie, avec une stabilisation de la monnaie, la chute spectaculaire de l'inflation, et même un début d'amélioration du niveau de vie puisque les salaires augmentent de 12 % en rythme annuel », renchérit Negar Tiermourzaedh, patronne du cabinet de conseil stratégique Sarcheshmeh.

Grâce notamment à une gestion un peu plus rigoureuse des dépenses publiques que sous l'ère Ahmadinejad, l'inflation est passée de 40 % il y a quatre ans à 9,5 % aujourd'hui. Alimentée notamment par les exportations de pétrole , remontées à 2,5 millions de barils par jour, contre 1 million sous les sanctions, la croissance s'avère vigoureuse, à 6,6 % en rythme annuel en mars dernier (le FMI ne prévoit pas plus de 4 % sur les douze prochains mois), mais insuffisante pour faire reculer le chômage touchant 12,5 % de la population active, voire 27 % chez les jeunes, souligne l'économiste Mohammad Hashem Pesaran. Chaque année le pays « produit » deux fois plus de diplômés de l'enseignement supérieur que d'emplois.

En sus d'une hypothétique levée des sanctions américaines résiduelles, le chantier du prochain président sera de réduire une pauvreté qui touche un Iranien sur trois (le SMIC ne dépasse pas 250 euros), de limiter la dépendance aux hydrocarbures, qui représentent toujours plus de 90 % des exportations et la majorité des recettes fiscales, et de s'attaquer aux sureffectifs clientélistes d'un secteur public hypertrophié. Elargir l'assiette fiscale aux fondations religieuses exonérées, les puissantes Bonyad, semble aussi indispensable. Des décisions contraires aux convictions affichées par Raissi.

Source : Les Échos

samedi, mai 06, 2017

Les arrivées de touristes étrangers tirent l’Iran de 32 milliards de dollars en quatre ans

 Les touristes étrangers ont dépensé quelque 32 milliards de dollars en Iran au cours des quatre dernières années, a déclaré un responsable de l’Organisation du patrimoine culturel, du tourisme et de l’artisanat. Au total, 19,9 millions de voyageurs ont visité le pays au cours de la période mentionnée (mars 2013 – mars 2017), IRIB a cité le directeur adjoint de CHTHO, Morteza Rahmani-Movahhed, le 23 avril.

Le transport, l’hébergement et même l’achat de souvenirs sont parmi les paramètres pris en compte pour calculer la somme, a ajouté Rahmani-Movahhed.

« Dans le cadre d’une définition acceptée dans le monde entier, un touriste est référencé chez quiconque reste 24 heures sur 24 dans un pays étranger sans avoir d’emploi ou d’entreprise », a déclaré Khabaronline.

« Selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies, un voyageur [typique] en Asie de l’Ouest passe entre 1 208 $ et 1 750 $, de sorte que nous avons utilisé une moyenne de 1 650 $ pour calculer le revenu », a expliqué le responsable.Le gouvernement a mis beaucoup d’efforts pour relancer les entreprises de tourisme et d’accueil depuis que le président sortant Hassan Rouhani a pris ses fonctions en août 2013.

En janvier, le directeur de CHTHO, Zahra Ahmadipour, a mis l’accent sur la respiration d’air frais dans le secteur afin de saisir le boom des arrivées à l’étranger et d’obtenir une croissance durable.

L’Iran considère le tourisme comme une fontaine de richesse, cherchant à tirer le meilleur parti de l’atmosphère positive créée à la suite de la JCPOA, un accord nucléaire historique signé entre l’Iran et six puissances mondiales en janvier 2016.

Le pays a conservé son classement mondial le plus élevé dans la catégorie « compétitivité des prix » de l’indice de compétitivité du tourisme et du tourisme de 2017, qui montre combien il est coûteux de voyager ou d’investir dans un pays. Le rapport biennal a été publié par le Forum économique mondial le 5 avril dernier.


En savoir plus sur http://mediaguinee.org/

Iran/développement de l'aéroport de Téhéran: Bouygues jette temporairement l'éponge

Le géant de la construction Bouygues, qui avait signé début 2016 au côté du gestionnaire des aéroports de Paris, ADP, un protocole d'accord pour développer l'aéroport de Téhéran en Iran, a temporairement jeté l'éponge, a indiqué Bouygues vendredi.

"Le protocole d'accord que nous avions signé à l'occasion de la visite du président iranien Hassan Rohani à Paris, en janvier 2016, pour construire et exploiter un terminal supplémentaire de l'aéroport de Téhéran a été annulé", a dit à l'AFP un porte-parole de Bouygues, confirmant une information de La lettre de l'expansion.

"Mais des discussions se poursuivent avec les autorités iraniennes", a-t-il toutefois ajouté.

Candidats ensemble depuis des années, Bouygues Construction et ADP ont rencontré des difficultés pour assurer le financement de ce vaste projet en raison de l'embargo économique en vigueur contre l'Iran, selon une source proche du dossier. Les banques américaines, en particulier, se montrent très réticentes à apporter leur concours.

En février dernier, Groupe ADP avait déjà annoncé avoir renoncé à participer à cet appel d'offres, tout en indiquant "porter auprès du gouvernement iranien" des projets de sa filiale ADP ingénierie.

De son côté le groupe Vinci, qui avait lui aussi signé en janvier 2016 un protocole d'entente pour développer les aéroports de Mashhad et d'Ispahan, a conclu un accord avec Téhéran sur les termes du premier projet, mais est "toujours en pleines discussions" pour le deuxième, a indiqué une porte-parole à l'AFP.

"Mais il n'y a pas eu d'avancées concrètes, encore moins opérationnelles", a-t-elle ajouté.

Une partie des sanctions économiques imposées à l'Iran a été levée depuis mi-janvier 2016, en vertu de l'accord conclu en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien avec les grandes puissances, dont les Etats-Unis.

Cela a notamment permis une reprise des exportations iraniennes de brut et une accélération des échanges commerciaux avec l'UE.

Mais le mois dernier, les Etats-Unis ont imposé une amende de 1,2 milliard de dollars au géant chinois des télécommunications ZTE pour avoir violé l'embargo contre l'Iran et la Corée du Nord, promettant une sévérité accrue contre les entreprises étrangères.

En 2014, la banque française BNP Paribas avait accepté de verser près de 9 milliards de dollars d'amende pour des transactions illicites notamment en Iran.

Source : AFP

vendredi, mai 05, 2017

L'Iran, nouvel eldorado pour la Suisse? En un an l'euphorie s'est bien évaporée

Des voix témoignent du gel des projets dans le pays. En cause, la menace de sanctions américaines.

Plus d'une soixantaine de participants étaient présents jeudi matin au forum «Doing business in Iran», organisé par l'université Webster sous l'égide du professeur Dominique Jolly. Face à eux de plusieurs intermédiaires accompagnant les sociétés étrangères en République islamique, à l'instar de Charbanou Jochum-Maghsoudnia, patronne du cabinet Persian Bridge Exchange spécialisé dans la santé et les cosmétiques.

Plus d'une soixantaine de participants étaient présents jeudi matin au forum «Doing business in Iran», organisé par l'université Webster sous l'égide du professeur Dominique Jolly. Face à eux de plusieurs intermédiaires accompagnant les sociétés étrangères en République islamique, à l'instar de Charbanou Jochum-Maghsoudnia, patronne du cabinet Persian Bridge Exchange spécialisé dans la santé et les cosmétiques.

PUBLICITÉ

A Genève, Farhad Tavakoli, s'occupe, lui, de RTA-Iran et vante les promesses offertes aux acteurs des énergies renouvelables. Il met en avant les conditions auxquelles le gouvernement iranien rachète tout courant «vert», dans un effort pour rompre avec trois décennies durant lesquelles le public ne paie pratiquement rien pour une électricité subventionnée produite en brûlant du pétrole ou du gaz.

Il y a un ans, l'euphorie des délégations officielles

Ces opportunités semblent faire écho à l'enthousiasme suscité par le voyage à Téhéran, fin avril 2016, d'une délégation de chefs d'entreprises genevois emmenée par Pierre Maudet, quelques semaines après la visite officielle d'un président de la Confédération également très entouré. Ré-admise dans le concert de l'économie mondialisée, après l'entrée en vigueur, en janvier 2016, d'un accord diplomatique historique avec les grandes puissances, la République islamique était présentée comme le nouvel Eldorado.

C'était il y a un an, un siècle, une éternité. En marge de la manifestation de jeudi, les conversations laissent poindre le doute. Un exemple, symbolique, la réouverture par Iran Air de sa ligne directe vers Genève; toujours en suspens. «C'est à bout touchant, elle nous a été promise dès qu'un avion sera disponible», assure un cadre de l'administration genevoise. D'autres participants iraniens restent plus dubitatifs quant à la validation définitive de l'ouverture d'une telle liaison.

Les sept dixièmes des projets sont suspendus

«L'euphorie a disparu, tout le monde est dans une posture de wait and see», résume Sharif Nezam-Mafi, arrivé sous une pluie battante dans l'arrière-salle de l'événement. «Les sept dixièmes des projets sont suspendus, et le resteront tant que la lumière ne sera pas complète sur ce que veulent faire les autorités américaines», poursuit le président de la Chambre de commerce Iran-Suisse, un des hommes clefs derrière les visites officielles helvétiques de l'an dernier.

«Les sociétés étrangères déjà installées dans le pays ne partent pas, elles attendent»

Les sociétés étrangères qui s'étaient déjà installées dans le pays avant l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche «ne partent pas, elles attendent», tente de rassurer celui qui dirige en parallèle les activités du fabricant de machines-outils Bühler dans la région. Attendre, les multinationales le font de toute façon depuis plus d'un quart de siècle en Iran. Alors si cela doit les mener jusqu'au terme de l'administration Trump…

L'administration Trump souffle le chaud et le froid

Aux yeux de Sharif Nezam-Mafi, l'administration américaine n'ira pas jusqu'à remettre en cause le traité historique sur le nucléaire iranien, même si Donald Trump l'a qualifié de «pire accord jamais négocié» durant les premiers jours de sa présidence. Obtenue à Genève et Lausanne entre 2014 et 2015, cette normalisation des relations entre Washington et Téhéran reste l'un des legs majeurs des majeurs des huit ans de l'ère Obama. Et permet à l'Iran de ne plus être un paria dans les circuits économiques et financiers mondiaux.

Le président de la Chambre de commerce Iran-Suisse craint en revanche que les Etats-Unis ne s'évertuent à compliquer les activités des sociétés occidentales. Bien que limité, le tour de vis sur les sanctions à l'encontre de certaines entités iraniennes décidées par Washington en janvier en aura donné un avant-goût. A Genève, au sein de la diaspora iranienne comme parmi les entreprises intéressées par une implantation en Iran, un autre obstacle est pointé à demi-voix: la corruption et le népotisme régnant dans une économie dont des pans entiers restent aux mains de factions qui comptent bien défendre leur pré carré.

Source : Tribune de Genève, 

L'Iran, un pays minier sous-équipé

L'Iran est très riche en minerais métalliques et non-métalliques, il dispose des premières réserves de zinc au monde, des neuvièmes en cuivre et des dixièmes en fer et en uranium. Sans compter les métaux rares ou précieux : titane, antimoine, or, argent.
 
L'Iran exporte d'ailleurs du cuivre, du minerai de fer et surtout de l'acier, pour diversifier ses sources de revenus, au-delà du pétrole. L'Iran exploite aussi pour fabriquer cet acier, du charbon.
 
Mais dix ans de sanctions internationales ont bien sûr empêché l'essor et la modernisation de l'industrie minière en Iran, autant qu'elles ont figé l'essor de l'industrie pétrolière. Depuis la levée de ces sanctions en janvier 2016, le gouvernement de Téhéran cherche à nouer des coopérations minières avec certains Etats, cherche à attirer les investisseurs étrangers d'Australie, du Canada, de Norvège, d'Autriche, du Japon, d'Allemagne. C'est la mission de l'Organisation de développement et de rénovation des mines et de l'industrie minière iraniennes, ou IMIDRO, qui multiplie les contacts à l'étranger.
 
40 milliards de dollars de projets miniers sont en jeu. La modernisation des mines existantes également. Mais la persistance de sanctions financières de la part des Etats-Unis ne facilite pas l'avancée de ces projets. Il est encore très difficile de vendre des équipements miniers à l'Iran, confiait un entrepreneur allemand, sur un salon, même s'il s'agit d'équipements de base pour sécuriser les mines.

Source : RFI, 5 mai 2017

La Normandie va exporter 300 vaches vers l'Iran

Les bovins élevés en Normandie, ne sont pas les fameuses laitières tachetées, mais des charolaises appréciées pour la qualité de leur viande. Les premières décolleront à partir de la mi-juin vers la Perse. Une aubaine pour les éleveurs en quête de nouveaux marchés.

La Normandie, quatrième région française pour l'élevage de bovins (2,2 millions de vaches au total), va exporter d'ici l'été un lot de 300 vaches en Iran. «Après six mois de travail, nous entrons dans la dernière phase de cet accord commercial», indique auFigaroHervé Morin, président de la région Normandie. Pour marquer cette avancée, les parties prenantes de l'opération se sont réunies ce jeudi matin sur l'exploitation agricole du président régional de la chambre d'agriculture, Daniel Génissel au Château d'Almenêches dans l'Orne en présence de Nathalie Goulet, sénatrice du département, de Jean-Louis Riotte, responsable du programme export des bovins, et de représentants iraniens impliqués dans ce contrat.

Ce projet de coopération est né à l'occasion d'un déplacement du président de la région française avec une dizaine de chefs d'entreprises normands en novembre 2016 en Iran. Objectif: y nouer des partenariats économiques et promouvoir les savoir-faire tricolores dans de nombreux domaines dont celui de l'agriculture.

Au cours de ce voyage, le propriétaire d'un abattoir important de Téhéran a manifesté auprès d'Hervé Morin son souhait d'acquérir 300 à 350 vaches normandes. Une opération rendue possible à la suite de la levée des sanctions internationales contre l'Iran en janvier 2015. 

Après plusieurs contacts entre les parties prenantes une première phase a pu se mettre en place pour concrétiser ce souhait: les lettres de crédits ont été sécurisées, les accords d'export de la part des autorités françaises ont été donnés ainsi que les accords d'imports des autorités iraniennes.

Reste à obtenir le visa sanitaire pour l'exportation des ruminants. Un représentant de l'industriel iranien doit rencontrer à ce sujet d'ici quelques jours le vétérinaire du ministère de l'Agriculture français.

20.000 vaches à terme

À partir de là, la sélection des premières bêtes pourra avoir lieu courant mai-début juin et le premier embarquement du bétail par avion débuter à partir de la mi-juin. 

Une chose est certaine, et contrairement à ce qu'on pouvait attendre, ces vaches ne sont pas celles de la race laitière de la région: la Normande, connue à sa robe blanche tachetée de marron. Elles seront toutes issues de troupeaux élevés dans la région. Dans un premier temps des vaches à viande de la race Charolaise.

«Toutes les bêtes de la première livraison seront normandes et l'intermédiaire qui a emporté le contrat, Jean-Louis Riotte, va créer une filiale en Normandie à Sées pour les sélectionner, remarque Hervé Morin. En outre, la société Norman Normandie Manutention à Vimoutiers sera sollicitée pour rénover les abattoirs iraniens qui ne sont plus en activité depuis plusieurs années». 

Un contrat qui pourrait monter en puissance. À terme le potentiel de l'abattoir de Téhéran doit être optimisé pour développer une filière viande de très haute qualité dans le Golfe persique à partir de la capitale iranienne. «20.000 têtes pourraient être commandées chaque année pour élargir son marché sur l'ensemble du Moyen-Orient», se réjouit Hervé Morin. Une aubaine pour les éleveurs normands à la recherche de nouveaux débouchés. En revanche sur le dossier du bien-être animal, rien n'est dit sur le mode d'abattage des bovins et s'ils seront anesthésiés ou étourdis avant de mourir!

Source : Le Figaro 4 mai 2017

vendredi, avril 14, 2017

Voyage inaugural dans le Golfe du plus gros paquebot d’Iran


Le premier paquebot opéré par l’Iran depuis sa révolution islamique de 1979 a achevé son voyage inaugural jeudi dans les eaux du Golfe, jetant l’ancre dans le port de l’île de Qeshm, a indiqué un responsable du port.

Le Sunny, de fabrication suédoise, a transporté plus de 200 passagers pour ce périple de 127 km entamé à Kish, l’autre principale île de villégiature d’Iran.

Ce bateau de 9 étages mesure 176 m de long et 23 m de large, et pourra transporter jusqu’à 1.600 passagers et 200 véhicules pour des croisières de quatre à sept jours entre les deux îles.

Il dispose de deux salles de cinéma, de restaurants, d’une piscine et d’une salle de conférence, a déclaré Pejman Bahrami, responsable des ports et transports maritimes de l’île de Qeshm.

« Nous espérons que ce premier voyage entre Kish et Qeshm va encourager le tourisme sur ces îles, accroître le nombre de voyageurs et empêcher que des millions de dollars ne soient dépensés à l’étranger », a-t-il affirmé selon le site de la zone franche de Qeshm.

En dépit de ses plages de sable blanc, l’Iran ne peut rivaliser avec d’autres destinations du Golfe comme Dubaï en raison de restrictions telles que l’interdiction de consommer des boissons alcoolisées et de danser.

Depuis la levée de sanctions internationales en vertu d’un accord nucléaire conclu en 2015 avec des grandes puissances, le gouvernement modéré du président Hassan Rohani a fait du tourisme une priorité pour booster l’économie.

Le nombre de visiteurs avait déjà augmenté grâce à un dégel dans les relations internationales de l’Iran, passant de 2,2 millions en 2009 à 5,2 millions en 2015.

Le gouvernement envisage de construire 300 nouveaux hôtels au cours des cinq prochaines années dans le cadre des efforts pour améliorer les infrastructures touristiques.

source AFP-Relaxnews

lundi, mars 06, 2017

L'Iran pourrait accorder à Shell le développement du champ gazier de l'Ile de Kish

Source : www.xinhuanet.com

L'Iran compte accorder le développement de son champ gazier de Kish (sud) à la compagnie Shell des Pays-Bas, a indiqué dimanche un responsable iranien de l'énergie.

Le projet concernant le développement du champ gazier de Kish devait faire l'objet d'un appel d'offres, toutefois, aucune autre entreprise n'ayant approché l'Iran au sujet du projet, le pays pourrait entamer des négociations directement avec Shell, a déclaré Noureddin Shahnazizadeh, directeur général de Petroleum Development and Engineering Company.

Shell a déjà étudié le champ sur la base d'un accord qu'elle a signé avec la National Iranian Oil Company (NIOC), a fait savoir M. Shahnazizadeh, ajoutant que la société néerlandaise devrait terminer ses études sur Kish en juillet.

Une société iranienne a également exprimé son intérêt pour financer le développement du champ gazier de Kish, a-t-il poursuivi.

Le champ de Kish est situé sur l'île iranienne de Kish, dans le golfe Persique. Doté d'un réservoir de 70.000 milliards de pieds cubes, le champ devrait produire, une fois développé, environ quatre millions de barils de condensat, ainsi que neuf milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Selon les médias, l'Iran avait signé un accord cadre avec Shell en décembre dernier sur l'étude du champ gazier de Kish, ainsi que des champs pétrolifères d'Azadegan du Sud et de Yadavaran, qui se trouvent dans la province de Khouzestan (sud-ouest) riche en hydrocarbures.

samedi, mars 04, 2017

Les banques étrangères sont déjà à l'offensive pour tirer le meilleur parti de l'eldorado iranien

De la Chine à la Russie en passant par la Nouvelle-Zélande ou Singapour, les banques s'empressent de prendre position en Iran.

Les Iraniens n'ont pas attendu les banques françaises pour relancer leurs relations commerciales à l'international. Les banques russes, chinoises, et certains établissements allemands, italiens ou autrichiens se sont en effet précipités pour normaliser leurs échanges, sans craindre les foudres de Washington.

Au cours des seuls derniers mois de 2016, le gouverneur de la banque centrale d'Iran a signé des coopérations de financements bilatéraux avec Singapour, le Kirghizistan, l'Ukraine, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam ou encore la Malaisie et la Russie. Des banques japonaises, coréennes et indiennes ont ouvert des bureaux en Iran. Mais c'est l'arrivée, en novembre 2016, du poids lourd chinois, pays dont les banques ont les plus gros bilans dans le monde, qui a fait le plus parler d'elle. Bank of China, la banque commerciale de l'Etat chinois, a ouvert une succursale à Téhéran. Le gouverneur de la banque centrale d'Iran a aussitôt annoncé que les banques publiques de son pays ouvriraient des comptes chez ce nouveau partenaire stratégique, y compris pour des transactions en euros. 

Dans les Etats européens, où le tissu de banques de taille moyenne et non exposées aux Etats-Unis est plus dense qu'en France, la mobilisation des établissements est également forte. Outre-Rhin, l'institution publique KFW, la banque mutualiste Aka, ou encore l'Europäisch-Iranische Handelsbank, présente à Hambourg depuis quarante ans, financent des transactions commerciales avec l'Iran. Même engouement en Autriche, où Raiffeisen Bank, Erste Bank et Oberbank se sont connectées aux acteurs bancaires iraniens. Il faut aussi compter sur la plus grande banque belge, KBC.

PSA et Airbus recourent à des banques étrangères

Enfin, l'Italie, en dépit de la fragilité de son système bancaire, s'est fortement mobilisée aussi. L'assureur crédit transalpin, la Sace, avec Mediobanca, a signé dès l'été 2015 un accord pour soutenir le financement des relations commerciales entre leurs deux pays.

Dans ce contexte, le refus des grandes institutions financières françaises de s'engager trop vite, de peur de subir les foudres du régulateur américain, risque de les laisser à la porte de l'eldorado iranien. Il pourrait aussi altérer leur proximité avec leurs grands clients industriels français. PSA a dû faire appel à la banque italienne régionale Banca Popolare di Sondrio pour apporter les capitaux à son joint-venture avec le constructeur iranien Khodro. Airbus a trouvé un accord avec une compagnie de leasing du Moyen-Orient, Dubai Aerospace Enterprise, pour financer la commande de 77 avions par la compagnie nationale, Iran Air, sur un total de commande globale de 20 milliards de dollars. Plusieurs grands groupes, comme Orange, encore en phase de réflexion et de négociations avec leurs partenaires, pourraient se voir approcher par plus offrant.


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/

Bercy mobilisé pour renouer les relations bancaires avec l’Iran

Lors d’une première visite en Iran ce week-end, le ministre des Finances tentera de lever les sujets de tension. La Banque de France a demandé à La Banque Postale d’ouvrir un droit au compte à l’iranienne Tejarat.

C'est une première pour le ministre des Finances français. Michel Sapin entame ce samedi une visite de trois jours à Téhéran et Ispahan pour dégeler les relations financières entre la France et l'Iran. En jeu, les dizaines de milliards d'euros de financement de projetsinitiés par Airbus, Vinci, la SNCF, Total, Suez, CMA-CGM, PSA ou Alstom qui sont mis en risque par le refus des grandes banques françaises de financer de près ou de loin toute transaction commerciale avec l'Iran. Les récentes sanctions infligées par Washington, notamment à BNP Paribas, ont en effet laissé des traces. 

Sur sollicitation du Trésor, seules les banques de taille intermédiaire, Wormser et Delubac, se sont attelées à ce stade à financer le marché iranien en faisant crédit à des entreprises françaises exportatrices. Quant aux banques iraniennes qui ont relancé leurs activités à Paris depuis la levée des sanctions sur le nucléaire, Tejarat, la banque Melli, ou Saderat, elles ne trouvent aucun interlocuteur bancaire de taille majeure pour opérer des transferts de fonds sur une base normalisée.

Pour des raisons techniques, la Banque de France a demandé par le passé à La Banque Postale d'ouvrir un compte à la banque commerciale Tejarat. En visite à Paris fin janvier, Mohammad Ibrahim Moqaddam, le dirigeant de la banque commerciale détenue à 17 % par l'Iran, s'est félicité que  « les entreprises françaises puissent maintenant s'adresser directement à sa filiale parisienne pour envoyer et recevoir des paiements pour leurs transactions avec l'Iran ». Ali Mehrpour, le directeur des affaires internationales,  s'est félicité d'avoir établi des relations de correspondance « avec trois banques françaises à ce stade », dont La Banque Postale, comme l'a rapporté le quotidien iranien « Financial Tribune ». Pressée depuis plusieurs années de servir de courroie de transmission avec l'Iran - notamment par le sénateur Philippe Marini -, la banque publique circonscrit néanmoins son rôle.  « C'est un droit au compte conforme au droit international qui a été ouvert il y a un certain temps à la demande de l'autorité de tutelle », assure l'établissement. 

Transformer l'essai

La banque Tejarat a néanmoins de sérieuses ambitions en France. Reza Dolatabadi, membre de son conseil d'administration, a dit que,  « en tant que partenaire bancaire de Iran Khodro, l'allié de Peugeot dans le pays, Tejarat est prêt à émettre des lettres de crédit et d'autres garanties » pour leur joint-venture.  « Notre filiale parisienne joue un rôle important pour accroître ses services avec la partie française », a ajouté Ali Mehrpour. 

Michel Sapin a trois jours pour transformer l'essai. Cela passera par le déblocage de prêts du Trésor, qui butaient sur les réticences de son opérateur financier, Natixis. Ces prêts pourraient venir soutenir Alstom dans le cadre du projet de tramway de Téhéran, et Vinci, candidat au développement de l'aéroport d'Ispahan. Des accords cadres d'assurance crédit auxquels travaille bpifrance pourraient être définis. Enfin les discussions porteront sur la conformité aux règles en matière de lutte contre le financement du terrorisme, le directeur de Tracfin devant rencontrer son homologue iranien. L'enjeu est crucial : sortir l'Iran de la liste noire du Groupe d'action financière d'ici à juin. Avec, à la clef, l'ébauche d'une levée des réticences des banques françaises.


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/

mercredi, mars 01, 2017

Total discute d'un investissement dans le projet iranien LNG

 Total discute d'une participation de plusieurs milliards de dollars dans un projet iranien d'exportation de gaz naturel liquéfié, pas encore achevé.

La compagnie française a été la première des "majors" internationales à signer des contrats en Iran après la levée de sanctions occidentales contre la République islamique. Elle souhaite désormais investir dans Iran LNG avec un rabais, au tarif qui avait cours avant les sanctions, en échange de la relance du projet, ont dit deux sources informées de ces discussions.

Une troisième source a confirmé que Total était en lice pour une telle prise de participation, de même que d'autres grandes compagnies internationales, mais cette source a souligné que la conclusion d'un accord ne semblait pas imminente.

par Oleg Vukmanovic et Bate Felix

MILAN/PARIS (Reuters) - Total discute d'une participation de plusieurs milliards de dollars dans un projet iranien d'exportation de gaz naturel liquéfié, pas encore achevé.

La compagnie française a été la première des "majors" internationales à signer des contrats en Iran après la levée de sanctions occidentales contre la République islamique. Elle souhaite désormais investir dans Iran LNG avec un rabais, au tarif qui avait cours avant les sanctions, en échange de la relance du projet, ont dit deux sources informées de ces discussions.

Une troisième source a confirmé que Total était en lice pour une telle prise de participation, de même que d'autres grandes compagnies internationales, mais cette source a souligné que la conclusion d'un accord ne semblait pas imminente.

Total a refusé de s'exprimer sur le sujet. L'entreprise iranienne National Gas Export (NIGEC), actionnaire majeur du projet, n'a pas répondu aux sollicitations par courriel et par téléphone.

L'Iran partage avec le Qatar le plus important gisement de gaz au monde. L'émirat s'est doté de plus d'une dizaine de vastes sites de liquéfaction pour pouvoir exporter ce gaz par voie maritime, un exemple que l'Iran devrait suivre.

La partie iranienne du gisement, baptisée South Pars, contient plus de 14.000 milliards de mètres cubes de gaz, d'après le site internet de la Pars Oil and Gas Company.

L'Iran espère porter sa production de gaz à 1.000 milliards de mètres cubes d'ici 2018, contre 160,5 milliards en 2012, avant l'entrée en vigueur des sanctions les plus récentes.

Il ne dispose toutefois actuellement d'aucune capacité de refroidissement du gaz, étape nécessaire pour le transformer en liquide afin de le charger sur des navires.

Environ 2,3 milliards de dollars (2,17 milliards d'euros) ont été investis jusqu'à présent dans le projet Iran LNG, dont la construction est plus qu'à moitié achevée. L'investissement total pour faire fonctionner le site pourrait atteindre 10 milliards de dollars. 

Source : Reuters-Challenge

L'économie iranienne menacée, selon le FMI

L'économie iranienne est menacée par un "regain d'incertitude" lié aux relations avec l'administration Trump et au risque de nouvelles sanctions contre Téhéran, indique le FMI dans un rapport publié lundi.

"Le regain d'incertitude concernant les sanctions assombrit le climat des affaires", écrit le Fonds monétaire international dans son rapport annuel sur l'économie iranienne.

Depuis l'entrée en vigueur en janvier 2016 de l'accord conclu avec les principales grandes puissances --dont les Etats-Unis--, l'Iran a profité d'une levée des sanctions liées à son programme nucléaire controversé qui plombaient son secteur pétrolier.

"Une production et des exportations de pétrole plus fortes, après la levée des sanctions nucléaires en janvier 2016, ont conduit à un fort rebond de la croissance", écrit le FMI.

Selon ses estimations, le produit intérieur brut iranien a progressé de 6,5% en 2016 après s'être contracté de 1,6% l'année précédente.

L'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a maintes fois dénoncé un accord nucléaire "désastreux" avec l'Iran, pourrait toutefois menacer ce fragile rétablissement.

Début février, l'administration américaine a imposé de nouvelles sanctions liées au programme de missiles balistiques iranien et accusé Téhéran d'être le plus grand soutien "du terrorisme" sur le globe.

"Le regain d'incertitude entourant le JCPOA (l'accord nucléaire, ndlr) et spécialement les relations avec les Etats-Unis pourraient décourager l'investissement et le commerce avec l'Iran et court-circuiter la reprise", souligne le FMI dans son rapport.

Selon l'institution, la croissance iranienne serait ainsi "négativement" affectée par des sanctions qui freineraient l'arrivée de capitaux étrangers et "déconnecteraient" l'Iran du système financier international.

Les grandes banques sont déjà hésitantes à retourner en Iran, qui reste notamment sous le coup de sanctions occidentales pour ses violations des droits de l'Homme.

Dans un communiqué publié en annexe du rapport, le représentant iranien au FMI Jafar Mojarrad affirme d'ailleurs que les sanctions américaines encore en vigueur et l'incertitude "freinaient" encore le retour des grandes banques et les investissements "de grande ampleur".

Source: Le Figaro

mardi, février 28, 2017

L’INCONTOURNABLE TRIANGLE DU MENA : TURQUIE, IRAN, ÉGYPTE

Le mois de février 2017 aura vu le premier leader politique d’Israël passer rencontrer son homologue à Washington. Cette première visite officielle entre les deux politiciens n’aura pas fait disparaître les incertitudes sur l’avenir du Middle East North Africa (MENA) comme région sensible du monde. Mais ce qui est une certitude, c’est que les trois pays de pointe du triangle géographique Turquie, Iran, Égypte s’imposeront comme incontournables politico-économiques d’ici 2025 et au-delà.

Cela essentiellement pour des raisons démographiques. Pour 2025, les démographes annoncent déjà que l’Égypte dépassera les 100 millions d’habitants et la Turquie comme l’Iran les 90 millions.

Le monde actuel
ne compte que 11 pays
dépassant 100 millions
d’habitant

À eux trois, ils seront de loin les pointes stratégiques d’une région de plus de 600 millions de population, surpassant encore plus celle de l’UE(500 M en 2017). Mais une région triangulaire qui encadrera en son centre une trop longue liste de pays déstabilisés et imprévisibles : Irak, Syrie,Israël-Palestine, Chypre et Liban, en plus de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, du Koweït, desÉmirats arabes unis, du Qatar et de la Jordanie, dont aucun n’approchera leur démographie respective.

À eux trois, ils compteront notamment les trois plus imposantes mégalopoles du MENA : Le CaireIstanbul et Téhéran, qui sont déjà des agglomérations déca-millionnaires de 10-13 millions de citoyens.

L’IMPLACABLE GÉOGRAPHIE

Même si elle continue de rêver à un rôle européen, Istanbul se devra de regarder dans sa cour. Les grands barrages des monts Taurus font, plus que jamais, dépendre de la Turquie le débit des eaux fluviales en Syrie comme en l’Irak. Et le potentiel est même là pour apporter la précieuse ressource eau douce jusqu’à Gaza et Jérusalem.

Les eaux du Nil n’ont, pour elles, rien à voir avec les autres pays du MENA et c’est plus sur l’Éthiopie africaine que l’Égypte concentre les regards quant à l’enjeu de l‘approvisionnement. En fait le plus long fleuve du monde traverse 9 pays d’Afrique. Mais les forces productives et le rôle politico-militaire de l’Égypte collent le pays entier au destin du MENA. Le Canal de Suez est avant tout un acteur méditerranéen!

Quant à l’Iran chiite et persane, ses voisins orientaux de l’autre frontière sont l’Afghanistan, le Pakistan et le Turkménistan. L’enjeu de l’exploitation de sa force pétrolière se jouera beaucoup plus intensément avec la carte du MENA, sur son flan occidental. Même chose pour son leadership politico-religieux. Téhéran restera certes la plus incertaine des capitales des trois pays ici en cause. Comment se terminera la question du nucléaire pour ce pays ? Comment son rôle dans l’actuelle crise syrienne se développera-t-il ? Mais sa population jeune et très instruite regarde à l’ouest.

LA CARTE ALIMENTAIRE

Turquie, Iran, Égypte sont par ailleurs les trois pointes d’une fournaise de plus en plus assoiffée et affamée : le MENA est mondialement devenu la première région importatrice de produits alimentaires de base (blé, orge, sucre, huile végétale, viande) depuis quelques années déjà.

Maintenant qu’elle le peut, avec des forages de milliers de mètres en profondeur, cette civilisation de l’irrigation puise désespéramment dans ses eaux fossiles (on pense surtout à l’exemple de la Libye), mais quant 50 à 80 % de l’eau extraite tourne à la perte par évaporation, il faudra innover pour améliorer les bilans agricoles.

À eux trois, Turquie, Iran, Égypte, les incontournables du MENA, avec l’horizon 2025 pèseront pour près de 300 millions d’habitants d’une population fort jeune et éduquée. Retenez cette image avant d’installer un bureau régional à l’étranger.

————————

Source : https://www.commercemonde.com/