lundi, octobre 09, 2006

Dépôt des candidatures pour l'élection de l'Assemblée des experts

Iran: dépôt des candidatures pour l'élection de l'Assemblée des experts

Agence France-Presse

TEHERAN


Le dépôt des candidatures pour l'élection de l'Assemblée des experts, qui se tiendra le 15 décembre en même temps que les élections municipales, a commencé sur fond de confrontation entre modérés et conservateurs.

Depuis jeudi, quelque 88 candidats potentiels se sont inscrits sur les listes. La clôture des candidature est prévue le 11 octobre.

Pour les élections municipales, l'enregistrement des candidature doit commencer le 16 octobre jusqu'au 22 octobre.







L'Assemblée des experts est dominée par les religieux conservateurs mais les ultraconservateurs, regroupés autour de l'ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, souhaitent en prendre le contrôle.

Elle compte 86 membres, élus au scrutin uninominal direct tous les huit ans. Chaque candidat ne peut se présenter que dans l'une des 30 provinces que compte le pays.

Ses membres sont chargés de superviser l'activité du guide suprême, la plus haute autorité de l'Etat, actuellement l'ayatollah Ali Khamenei, de le démettre s'il ne peut remplir ses fonctions et de désigner son successeur en cas de décès.

Les candidats à l'assemblée doivent être des experts en Fiqh (jurisprudence islamique) et leur candidature est soumise à l'approbation du Conseil des gardiens de la Révolution.

Cet organe, dominé par les ultraconservateurs, reçoit la liste des candidatures du ministère de l'Intérieur, et a trente jours pour décider celles qu'il accepte ou refuse.

Pour la première fois, le ministère de l'Intérieur n'a pas autorisé les journalistes à couvrir le dépôt des candidatures, en affirmant que cela n'a "pas de justification légale", a rapporté l'agence officielle Irna.

Selon le communiqué du ministère, certains candidats pourraient ne pas avoir envie que leur nom apparaisse dans les médias et la présence des médias au ministère de l'Intérieur défavorise les candidats qui s'inscrivent en province.

De nombreux partis politiques et personnalités modérées ont protesté contre la décision du ministère.

Akbar Hachémi Rafsandjani, un conservateur pragmatique, et Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, qui mènera les ultraconservateurs, seront les deux principales personnalités de cette élection. Ce dernier s'est inscrit dimanche.

Le pragmatique et ancien négociateur du nucléaire Hassan Rohani, ainsi que le religieux en charge du sermon de la prière du vendredi à Téhéran, Ahmad Khatami, sont aussi candidats, selon l'agence Irna.

mardi, septembre 26, 2006

Iran offers citizenship to children of foreign men

Iran offers citizenship to children of foreign men
(Reuters)

24 September 2006



TEHERAN - Iran’s parliament passed a law on Sunday allowing children with an Iranian mother and a foreign father to acquire Iranian nationality, the official IRNA news agency reported.


Iran, like many other countries in the Middle East, has traditionally based nationality on paternity alone and has been reluctant to grant citizenship to people seen as outsiders.

“The children born in Iran from a foreigner father and an Iranian mother can apply for citizenship after they reach 18,” the new law says, according to IRNA.

People who meet certain conditions, such as giving up other nationalities they may have, can enjoy the law, IRNA said. Iran does not recognise dual nationality.

“If the marriage of their parents has been registered, those people who lack criminal records or a security violation background can apply for citizenship,” it said.

Some lawmakers said the policy change was a step forward but called for the conditions to be removed.

“What about those children who are under 18? The age condition should be removed,” said female lawmaker Rafat Bayat.

Other lawmakers were concerned about the status of the children of refugees living in Iran.

More than two million Afghans ended up living in Iran in the years following the Soviet invasion of their country in 1979. Ensuing conflicts deterred many from returning and about one million remain in Iran, where unemployment is a persistent problem. Teheran says they have created social, security and economic problems for the country.

Iran makes a distinction between legitimate refugees, who fled conflicts in Afghanistan over the last two decades, and those who crossed into Iran illegally in search of work.

“The children of those illegal refugees, married to Iranian women, face identity problems,” said lawmaker Hasan Kamran. ”Such children’s problems should also be resolved.”

More than an estimated 26,000 Iranian women have married illegal immigrants, mostly Afghans, and are therefore unable to register their marriages. The new law would not apply to their children.

dimanche, septembre 17, 2006

Anousheh Ansari, de l'Iran à l'espace

Anousheh Ansari, de l'Iran à l'espace
Presse Canadienne

Elle rêve de voir l'Iran depuis l'espace. Ce rêve a un prix: 20 millions de dollars. Qu'importe: à 40 ans, Anousheh Ansari, d'origine iranienne, est devenue une riche Américaine. Ce rêve, elle peut donc se l'offrir et devenir lundi la première femme touriste de l'espace.

Anousheh Ansari doit s'envoler lundi à 4h09 GMT de la base spatiale de BaJikonour, dans les steppes du Kazakhstan, à bord d'une fusée Soyouz russe, en compagnie de deux "professionnels" de l'espace: le cosmonaute russe MikhaJil Tiourine et l'astronaute américain Michael Lopez-Alegria.

Sauf contretemps de dernière minute, elle deviendra ainsi la quatrième touriste de l'histoire spatiale et la première femme à faire du tourisme dans l'espace. Même si elle n'aime pas ce terme de "touriste". Elle lui préfère celui de "participante à un vol spatial".

Il est vrai que, pour une touriste, elle aura de fort studieuses activités au cours de ce voyage de 10 jours (18-28 septembre) dont huit dans la Station spatiale internationale (ISS): elle doit effectuer des expériences sanguines et musculaires pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA) et tester de nouveaux matériels de technologie.

Quel étonnant parcours que celui de cette petite Iranienne née en 1966 dans la ville de Mashhad, dans le nord de l'Iran, jusqu'à Plano, au Texas, où elle vit aujourd'hui avec son mari Hamid, sans enfant. Elle quitte l'Iran à l'âge de 18 ans en 1984, quelques années après la Révolution islamique, parce qu'il devient difficile pour une jeune fille d'étudier les sciences au pays des ayatollahs.

L'adolescente ne parle pas un mot d'anglais quand elle arrive en Virginie. Pourtant, elle passe -et réussit- son "bac" puis obtient en quelques années un diplôme d'ingénieur. Elle s'installe au Texas, se lance dans les télécommunications, monte sa première entreprise, Telecom Technologies Inc., fait une très bonne affaire en la revendant, puis crée une deuxième firme de technologie, Prodea Systems Inc, basée à Plano, qu'elle dirige encore.

Mais, son vrai rêve d'enfant, c'était les étoiles. Elle adorait les observer et rêvait de s'en approcher. Ce rêve va devenir réalité. "J'ai toujours été fascinée par l'espace et me suis toujours interrogée sur les mystères de l'espace. Je voulais être capable de l'expérimenter par moi-même", a expliqué Mme Ansari dans une interview téléphonique accordée à l'Associated Press depuis le cosmodrome de BaJikonour.

Elle espère que ce premier voyage "touristique" d'une Iranienne dans l'espace va inspirer d'autres jeunes filles dans son pays et les convaincre d'étudier les sciences. Elle dit avoir reçu de nombreux e-mails de jeunes Iraniennes, même si son vol spatial n'a rencontré que peu d'écho en Iran. Après tout, elle est désormais citoyenne des Etats-Unis, et les deux pays ne sont pas franchement dans les meilleurs termes.

En mars dernier, elle a commencé sa formation de cosmonaute à la fois au Kazakhstan avec l'Agence spatiale russe et au centre spatial de Houston (Texas) avec la NASA. Mais, c'est un heureux coup du sort qui va lui permettre de réaliser son rêve: car, jusqu'à la fin août, elle n'était que la doublure d'un homme d'affaires japonais, candidat à ce voyage dans l'espace comme "touriste" qui a dû se rétracter pour des raisons de santé.

Sur son blog "www.anoushehansari.com" -qu'elle compte poursuivre durant sa visite sur l'ISS-, elle se montre lyrique. "Comment chiffrer la valeur d'un rêve? Vaut-il un mois de salaire? Vaut-il qu'on en meure?", s'interroge-t-elle. "Moi, j'étais prête, et le suis encore, à donner ma vie pour mon rêve"...

L’Iran depuis 1979 : Panorama socio-économique

L’Iran depuis 1979 : Panorama socio-économique

29/08/2006

L’Iran, ce pays au cœur de l’axe du mal dessiné par Georges Bush inquiète et interroge. La grande Perse aspire à retrouver son lustre d’antan. Ce pays qui, fait rarissime dans la région, n’a jamais été colonisé ou sous gouvernance directe d’une puissance étrangère, aspire à retrouver une aura régionale et mondiale, et s’unit autour du dossier nucléaire, autour de la question : sous quel prétexte refuser à l’Iran le droit au nucléaire ? Pourquoi ce pays devrait-il faire confiance pour sa sécurité à une communauté internationale qui a laissé Saddam Hussein et l’Irak utiliser ses armes chimiques contre des villes iraniennes ? Pourquoi le Pakistan voisin, ses mollahs sunnites, ses madrassa[1] berceau d’Al Qaïda aurait-il le droit au nucléaire ?

Nous ne poursuivrons pas ici ce débat difficile, mais nous tâcherons de mieux comprendre l’Iran, et pour ce faire nous nous pencherons sur l’évolution socio-économique du pays depuis la révolution islamique de 1979. L’Iran est en effet un pays profondément complexe et méconnu. L’Iran est très souvent perçu comme une théocratie moyenâgeuse, anachronique, figée dans le passé…Peut-être est-il pertinent d’interroger ces présupposés.



L’Iran, une économie de rente à l’avenir incertain, souffrant d’un étatisme excessif et de la défiance internationale :

Sur le papier, l’économie iranienne semble bien se porter et sortir des difficultés consécutives à la révolution islamique et à la guerre Iran-Irak (1980-1988). Les indicateurs macroéconomiques indiquent un retour à l’équilibre du solde courant et de la balance commerciale, une hausse des réserves de change, une inflation toujours élevée mais contenue, des exportations dynamiques…alors que sur le plan structurel, plusieurs réformes issues du troisième plan quinquennal sont porteuses d’espoir dans l’optique d’une forme de dérégulation et de libéralisation du pays.
Pourtant, la réalité est moins flatteuse. L’Iran reste une économie de rente dépendante du pétrole et à la merci d’un retournement du cours. La stabilité macroéconomique n’est que le résultat de la flambée du cours du baril, et ne saurait être pérenne et viable sans de profondes réformes structurelles et sans un durcissement des politiques budgétaires et monétaires.
Sans investissements étrangers et sans un secteur privé fort, la croissance ne peut être durable. Pour que le gouvernement puisse continuer sur son rythme actuel de dépense, il faudrait que le prix du pétrole ne cesse d’augmenter[2].

L’Iran est à l’image de l’Arabie Saoudite un pays qui tire sa richesse des ressources en hydrocarbures, les exportations de pétrole et gaz représentant 62% des ressources du gouvernement en 2004-2005[3]. La croissance est donc fortement corrélée à l’évolution des cours du brut, et connaît actuellement une poussée de fièvre. Mais cette manne pétrolière n’est pas sans compter son lot d’effets pervers, particulièrement sensibles en Iran.

A la différence de la Norvège et de sa politique de développement durable (la Norvège reverse une large part des pétrodollars amassés dans un fonds pour les générations futures auquel le gouvernement ne peut constitutionnellement pas toucher), ou de Dubaï (qui investit massivement dans le tourisme, la finance, le commerce…pour réduire sa pétro-dépendance), l’Iran pratique une politique économique de court terme, pro cyclique et clientéliste. [4]
Le pays dépense ainsi près de 17% de son produit intérieur brut en subventions[5], notamment pour l’énergie, entraînant gaspillage, manque à gagner budgétaire, et alimentant l’inflation. Par ailleurs, le gouvernement ne se prive pas de piocher dans le fonds de stabilisation pétrolier (Oil Stabilisation Fund) destiné à faire face à un retournement des cours. Avec l’augmentation du prix du pétrole, le Conseil des gardiens[6] a ainsi autorisé un prélèvement de 2,6 milliards de dollars pour faire face à l’augmentation du coût des subventions.

En outre, le pays ne parvient pas à développer les investissements étrangers. Le contexte géopolitique, le manque de sécurité contractuelle (les Iraniens ne cessent de revenir sur les contrats signés), les rigidités administratives, ou encore la préférence nationale affichée par le gouvernement, n’encouragent guère à investir et les exemples récents des difficultés de Renault dans le pays refroidissent les plus audacieux. Cette quasi-absence d’IDE[7] handicape profondément le développement du pays, induisant des retards considérables pour les projets en cours. Ces projets (notamment un gigantesque plan de développement du secteur pétrochimique) sont retardés ou reportés sine die, accentuant de fait le retard du pays dans le cadre d’une émancipation vis-à-vis du pétrole.

Si l’on ajoute à cela 1) une inflation rampante (13%[8] en 2005-2006, mais le chiffre est sans doute minimisé) risquant à tout instant de déboucher sur une crise d’hyperinflation (alors que les autorités rechignent à réorienter leur politique budgétaire et monétaire vers plus de rigueur, arguant d’un retour à l’équilibre des indices macroéconomiques, alors qu’il s’agit d’un voile de fumée consécutif à l’explosion du cours du pétrole), 2) un taux de chômage structurel de près de 12% qui devrait augmenter du fait de l’arrivée sur le marché d’un nombre important de jeunes travailleurs, des taux d’intérêt réels négatifs, 3) un secteur public pléthorique, 4) la fuite des capitaux consécutive à l’arrivée de M. Ahmadinejad 5) et les distorsions entraînées par le système de bonyads[9], on comprend l’inquiétude des économistes iraniens.

Des réformes ont bien été menées (notamment en matière bancaire et financière avec la création des premières banques privées dans les années 2000), mais celles-ci semblent profondément insuffisantes et l’espoir n’est pas de mise. Les changements de politiques macro-économiques iraient en effet contre les intérêts des soutiens traditionnels du régime : les bazaris[10] et les bonyads. Malgré les propos rassurant du guide de la Révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei, sur le respect de l’agenda de réforme tels que présenté dans le 4ème plan quinquennal, il semble que l’Iran ne soit pas sur la voie la plus sûre dans l’optique d’une croissance soutenable et forte[11].



Des évolutions sociales contrastées :

L’Iran de 2006 ne ressemble guère à l’Iran de 1979, et contrairement aux idées reçues, le pays a connu une profonde évolution depuis la chute du Shah. Nous analyserons cette évolution à la lumière des indicateurs démographiques[12].

La démographie iranienne a été marquée par deux faits politiques majeurs : la révolution islamique et la guerre Iran-Irak qui a suivi Pourtant, si l’on devait résumer les vingt dernières années, contrairement à l’intuition, ce serait par une expression : transition démographique.

Si dans un premier temps la révolution islamique a mis fin à la politique de limitation des naissances initiée par le shah, et a encouragé dans le cadre du conflit avec son voisin irakien les femmes à avoir des enfants (contribuant à une accélération du taux de natalité), le régime va très vite abandonner cette politique, face aux coûts et aux investissements rendus nécessaires par cet accroissement alors très rapide (accentué par la baisse de la mortalité). La natalité va très vite se réduire, conséquence d’une conjonction de facteurs[13] :
Le pays sort ruiné de la guerre et la population voit son pouvoir d’achat se réduire. La situation économique est encore aggravée par le contre-choc pétrolier, l’embargo américain et par l’inflation. L’enfant est alors un coût.
L’émancipation des femmes : le régime n’a jamais condamné la contraception et renouvelle son autorisation dès 1980. Les femmes profitent de la révolution et des politiques sociales et d’éducation qui sont menées pour accéder en masse au système scolaire et universitaire. Contrairement aux préjugés, le statut de la femme s’est donc plutôt amélioré depuis 1979 (si l’on excepte le port du voile). Il n’est en tout cas en rien comparable avec leur situation en Arabie Saoudite ou dans les Émirats Arabes Unis. Cette émancipation se fait parallèlement à des progrès sociaux globaux de la société (système de santé, système éducatif, réseau d’assainissement et d’eau) qui entraînent un mariage plus tardif, une attente plus longue entre les enfants, la baisse de l’âge du dernier enfant. Il faut souligner que ce vaste programme de développement a débuté à l’initiative du shah dans les années soixante dix, mais son accélération correspond à la fin de la guerre Iran-Irak.
Les politiques du régime ont le soutien des religieux et bénéficient d’une communication importante. Elles sont complétées par la promotion de politiques éducatives, sociales et de réductions des disparités régionales.
Le statut de l’enfant change. Il devient un investissement, coûteux, et les iraniens nourrissent des aspirations grandissantes pour leurs enfants. Il n’est plus possible financièrement d’en avoir autant que ses parents.

Il faut noter parallèlement plusieurs points importants :
L’urbanisation progresse, sans « bidonvilisation », mais non sans poser un problème de congestion des grands centres urbains
L’Iran est le pays au monde qui accueille le plus de réfugiés en valeur absolue. Le retour amorcé est actuellement bloqué par les développements politiques d’Irak et d’Afghanistan. Ces réfugiés exercent souvent de petits métiers, sont soutenus et aidés par le gouvernement, mais en butte à l’hostilité de la population.
La guerre Iran-Irak n’a pas fait autant de morts que certaines prévisions le laissent croire (le nombre de décès devrait se situer entre 335 000 et 500 000). Compte tenu de la force démographique du pays, la mobilisation en valeur relative à la population n’a été que faible, la guerre non linéaire, et le taux de natalité n’a donc pas baissé, évitant le phénomène de classes creuses que l’on a connu en France. Le principal effet fut la hausse de l’émigration et la fuite des cerveaux (ou leurs morts).
Le solde migratoire iranien est structurellement négatif du fait d’une émigration politique, économique, socioculturelle et militaire. Seul des afflux conjoncturels de populations réfugiées fait varier cette tendance.

En conséquence, la population iranienne a vécu une véritable révolution. Son indicateur de développement humain est proche des pays faible : 0.732 (101ème rang mondial en 2002[14]), mais les indicateurs tels que l’indice synthétique de fécondité (ISF), le taux de mortalité infantile, le taux d’alphabétisation ou l’espérance de vie sont proches ou égaux aux taux de certains pays de l’Union Européenne[15]. La population continue d’augmenter suite à un effet de génération mais devrait réduire profondément sa hausse.


Il est fondamental de nuancer certains des points avancés ci-dessus. Les femmes sont contraintes de porter le voile et plusieurs centaines d’entre elles sont condamnées chaque année à des excuses pour « mauvais port du voile ». La musique occidentale est interdite, Internet surveillé, les opposants emprisonnés, la presse muselée, l’alcool prohibé, les minorités discriminées à l’image notamment des homosexuels qui encourent la peine de mort (deux jeunes hommes ont ainsi été exécutés le 19 juillet 2005. Il n’est donc pas question de présenter un pays moderne et juste, mais de tâcher de proposer une vision moins manichéenne de l’Iran que celle véhiculée habituellement. L’Iran n’est pas resté en marge de la modernité et de l’histoire, et la société iranienne est sans conteste une société plus libre, plus juste et plus égalitaire que d’autres pétro-monarchies moyen-orientales.
Si économiquement le pays avance à un rythme relativement faible et si techniquement le pays a incontestablement régressé (rappelons notamment que l’Iran avait profondément avancé dans la recherche nucléaire au temps du shah, mais que les ingénieurs partis, le pays a du revenir en arrière…), les évolutions sociales furent fortes, parfois bonnes : la transition démographique, le développement du système social et scolaire, la solidarité entre les malades et les bien-portants, le soutien aux provinces les plus pauvres, l’accueil des réfugiés étrangers....autant de faits incontestables et peu médiatisés.



Des évolutions porteuses d’espoir, ou pourquoi est-il souhaitable que le cours du pétrole baisse ? :

Les iraniens ne soutiennent sans doute pas majoritairement les velléités guerrières de M. Ahmadinejad, mais les jeunes semblent résignés. Déçus par des réformateurs frileux, sans illusions sur une révolution intérieure qui serait sanglante, bien éduqués, ils semblent accepter la situation. Le gouvernement sait lâcher du leste, fermer les yeux quelques mois sur les rues animées où la jeunesse aisée de Téhéran aime à se retrouver pour boire du whisky sur un air de Madonna, les pasdarans[16] opérant malgré tout des descentes brutales à intervalles de plus en plus réguliers depuis quelques mois.

Pourtant, le pire n’est jamais sûr et l’un des espoirs a trait aux dysfonctionnements économiques du pays. Alors que le cours du brut flambe, le régime peut procéder à une forte redistribution, s’assurer du soutien des plus pauvres, alimenter les bazaris tout en développant un coûteux programme militaire et nucléaire. Mais imaginons que le cours du pétrole baisse….alors l’afflux de pétrodollars se réduira, le cours du rial se dépréciera faute de réserves suffisantes pour intervenir sur le marché noir, les dépenses budgétaires ne pourront continuer et des arbitrages seront donc nécessaires. Il faudra que le gouvernement réoriente sa politique budgétaire et monétaire sous peine de voir le pays plonger dans une dramatique crise d’hyperinflation. N’est-ce pas là une porte de sortie ?
Le gouvernement pourrait alors perdre le soutien des bazaris soucieux de stabilité et d’ordre. Sans fantasmer sur une possible révolution de la rose en Iran sur le modèle de la révolution orange ukrainienne, on peut imaginer que les réformateurs reviendraient au pouvoir avec une marge de manœuvre plus grande laissée par des autorités religieuses désireuses de conserver leur place et leurs avantages. Le pays ne pourrait peut-être plus se permettre d’être au banc des nations et devrait renoncer au volet militaire de son projet nucléaire.

Arrêtons là les spéculations. P Douste-Blazy a été maladroit, mais sur le fond, ses propos sont justes : l’Iran peut et doit avoir un rôle stabilisateur dans la région. C’est incontestable. L’Iran est au carrefour de l’Europe, du monde Arabe, de la Russie, du sous-continent indien, et de l’Asie centrale. L’Iran chiite est un contrepoids à la péninsule arabique sunnite. Il semble donc fondamental de comprendre ce pays, avant de répondre au défi qu’il lance par son comportement sur le dossier du nucléaire.


Benoit Decourt



[1] Madrassa = école coranique
[2] Monica MALIK,Iran : High oil price masks structural imbalances, AME Info
[3] Perspective de l’économie mondiale 2006, FMI
[4] Thomas COVILLE, Perspective Iran, édition Nord-Sud Export
[5] Islamic Republic of Iran: Statistical Appendix, FMI
[6] Le Conseil des gardiens est composé de douze membres. Cette institution a pour fonction principale de veiller à la compatibilité des lois avec l’islam ainsi qu’à leur constitutionnalité. Dominé par les conservateurs, ce conseil utilise ce droit de contrôle du législatif comme un instrument pour bloquer toutes les réformes jugées libérales.
[7] IDE = Investissement Direct à l’Étranger.
[8] Statistiques Iran, DGPTE
[9] Les bonyads (dont la plus connue est la Fondation des Déhérités (Boniad-e Mostazafän va Janbâzan) sont des fondations religieuses publiques -relativement indépendantes - créées à la révolution, engagées dans des activités socioculturelles. Elles contrôlent aussi des véritables empires industriels, fort profitables, à l’abri de toute intervention étatique. Elles nuisent à l’efficacité de la politique économique de l’État, amené à monétiser leurs déficits, sont source de corruption et de lutte de pouvoir
[10] Les bazaris sont les noms des commerçants du bazar de Téhéran, et par extension le nom donné aux commerçant. Ce groupe est très conservateur et protège jalousement ses privilèges.
[11] Iran – Situation économique et financière, Mission Economique de Téhéran
[12] Population Pyramid Summary for Iran, US Census Bureau
[13] Population et sociétés n°414, INED
[14] Source : Programme des Nations Unis pour le développement. Rapport sur le développement humain paru en 2004.
[15] Marie LADIER-FOULADI, Population et sociétés n°328, INED
[16] Le Corps des Gardiens de la révolution islamique ou pasdarans, est une organisation militaire séparée de l’armée régulière, mais dotée d’une sa propre marine et de forces terrestres. Très active pendant la guerre Iran-Irak, cette force dévouée aux conservateurs et populaire dans les milieux jeunes et défavorisés, est redoutée en Iran. Il est à noter qu’elle dispose d’un quartier général opérationnel au Liban.

Iran - Irak : L'Iran et l'Irak vont exploiter en commun des champs de pétrole

L'Irak a concrétisé de manière spectaculaire son rapprochement avec l'Iran en annonçant que les deux pays allaient exploiter ensemble des champs pétrolifères situés de part et d'autre de leur frontière commune

par Mariam Karouny

VIENNE (Reuters) - L'Irak a concrétisé de manière spectaculaire son rapprochement avec l'Iran en annonçant que les deux pays allaient exploiter ensemble des champs pétrolifères situés de part et d'autre de leur frontière commune.

Dans une interview à Reuters, le ministre irakien du Pétrole Hussein al Chahristani a ajouté que Téhéran et Bagdad allaient construire de concert un oléoduc pour faire raffiner en Iran une partie du brut irakien.

Cette annonce intervient en pleine visite à Téhéran du Premier ministre irakien Nouri al Maliki, la première en Iran du chef du gouvernement, d'obédience chiite.

Les deux pays avaient étudié la possibilité d'une coopération pétrolière au début des années 1970, avant qu'un long et sanglant conflit militaire n'oppose l'Iran, dirigé par les chiites depuis la Révolution de 1979, à l'Irak, gouverné à l'époque par une minorité sunnite menée par Saddam Hussein.

L'accord devrait être signé dans quelques mois, après une délimitation des champs de pétrole par des techniciens. Il oblige les deux parties à préciser, dans le territoire défini, la nature de leurs richesses pétrolières et à effectuer en commun le pompage.

ACCORD PREVUS AVEC LA SYRIE ET LE KOWEÏT

"Les Iraniens disent qu'ils sont même prêts à prendre chez nous tout le pétrole dont ils ont besoin pour la raffinerie d'Abadan, ce qui correspond à environ un demi-million (de barils par jour)", a précisé Chahristani.

Il a ajouté que des entreprises iraniennes se faisaient fort de construire l'oléoduc en neuf mois.

L'Irak envisage de signer des accords similaires avec la Syrie et le Koweït, deux autres voisins avec lesquels il partage des champs pétrolifères, a-t-il dit.

Le ministre irakien du Pétrole a indiqué que le gouvernement préparait une loi sur les hydrocarbures, qui devrait être adoptée avant la fin de l'année et qui fixerait les conditions d'investissement et d'exploitation pour les compagnies pétrolières internationales.

Après adoption du texte, une Compagnie nationale pétrolière sera créée. "Elle aura un rôle de régulation et de supervision, elle définira la politique pétrolière que les compagnies opérant dans le pays appliqueront", a dit le ministre.

Le pétrole constitue la principale ressource financière de l'Irak, qui éprouve de grosses difficultés à rétablir une fonctionnement complet de ce secteur, en raison d'une mauvaise gestion et des attentats.

Chahristani a toutefois annoncé une forte hausse à la fois de la production et des exportations, qui ont atteint en août 1,65 million de bpj. Le mois dernier, le ministre du Pétrole avait estimé que la production atteindrait les trois millions de bpj à la fin de l'année, retrouvant ainsi son niveau d'avant l'invasion américaine.

samedi, septembre 16, 2006

Iran-Sénégal : Les accords de coopération revisités

ENERGIE : Les accords de coopération revisités

La visite hier, à Dakar, du président Mahmoud Ahmadinejad, a permis au Sénégal et à l’Iran, de revisiter l’état de leur coopération. Le domaine de l’énergie y a occupé une importante place ainsi que l’a confirmé, le président iranien face à la presse, peu avant son départ, très tard dans la soirée.

Ahmadinejad a en effet expliqué que les accords conclus entre son pays et le Sénégal lors de la visite du président Wade et de son ministre de l’Énergie à Téhéran ont été revisités.

L’Iran réaffirme ainsi sa volonté d’offrir des solutions en matière de résorption du déficit énergétique, de la prospection pétrolière et industrielle. La construction annoncée depuis la visite du président Wade à Téhéran d’une raffinerie de pétrole pour un coût de 250 milliards de francs CFA, avec au départ une capacité de production de 5 millions de tonnes entre dans ce cadre. L’usine de montage de véhicules et la construction de composants électriques pour la Senelec sont aussi d’autres éléments de ces accords dans le domaine de la coopération entre ces deux pays.

Tout cela montre la volonté de l’Iran, de développer davantage sa coopération avec le Sénégal, « un pays frère et ami », selon les termes du président Ahmadinejad.

Le président Ahmadinejad s’est par ailleurs réjoui de l’accueil et de l’hospitalité du Sénégal, un pays dont il aimerait baigner encore davantage dans l’ambiance des populations notamment les jeunes. « Nous avons plusieurs fois exprimé notre position sur le nucléaire. Il n’y a pas de changement à ce propos. Nous sommes toutefois partisan du dialogue dans la résolution des problèmes », a-t-il dit répondant à une question sur le nucléaire iranien, ajoutant qu’il est possible de gérer le monde sur la base du droit et de la justice.

Accompagné de son épouse, le président Mahmoud Ahmadinejad est en route vers la Havane où il doit participer au sommet des non alignés. Né dans la ville de Garmsar, à l’Est de Téhéran, en 1956, Ahmadinejad, après avoir terminé ses études secondaires, est entré à l’université Elm-o-Sanaat en 1975. Il a été maire de Téhéran avant de devenir président de l’Iran.

Sadibou MARONE

Exclusion de la banque iranienne Saderat du système financier américain

La Banque centrale d'Iran menace de liquider ses réserves en dollars
AFP 16.09.06 | 04h02

Le gouverneur de la Banque centrale d'Iran, Ebrahim Sheibany, a menacé dans une interview publiée samedi de liquider ses réserves en dollar et de prendre des "mesures légales" contre Washington, après l'exclusion de la banque iranienne Saderat du système financier américain. Le Trésor américain a coupé le 9 septembre toute relation entre le système financier du pays et la banque Saderat, une des plus grosses institutions financières d'Iran, l'accusant de soutenir des activités terroristes. "Cette mesure pourrait nous amener à prendre nos distances" avec le dollar, a affirmé M. Sheibany dans un entretien à l'hebdomadaire britannique Emerging Markets. "Dès maintenant, nous utilisons d'autres devises, et cela nous encourage à nous éloigner du dollar", a-t-il ajouté. Il a précisé que ces devises sont "non seulement l'euro", mais aussi d'autres monnaies régionales et asiatiques. "Un pays comme les Etats-Unis, qui a une devise internationale comme le dollar, devrait en prendre soin", a encore averti le banquier central iranien, selon qui Téhéran peut placer les revenus issus de ses exportations pétrolières "dans les banques de nos voisins, et nous avons également de très bonnes relations avec des banques européennes". M. Sheibany a par ailleurs menacé Washington de représailles juridiques, auprès du Fonds monétaire international (FMI) et d'autres instances, jugeant que la décision du Trésor américain était "unilatérale, inappropriée et illégale". Le sous-secrétaire américain au Trésor, Tim Adams, a affirmé plus tôt cette semaine que le financement du terrorisme serait une des questions abordées lors de la réunion des ministres des Finances du G7, samedi à Singapour. "Il est vital de débarrasser le système financier international des activités illégales, de ceux qui cherchent à l'utiliser pour faire proliférer les armes de destruction massive et pour d'autres activités", a-t-il déclaré.

vendredi, juin 30, 2006

Un pays qui pèse pour les investisseurs français

Les sociétés françaises restent très discrètes sur leurs intérêts en Iran, notamment pour ne pas provoquer l'ire des Etats-Unis, qui interdisent les exportations vers ce pays. Mais, pour certaines, l'Iran génère une activité significative.

· Peugeot. L'automobile représente 55% de la valeur des exportations françaises vers l'Iran, et PSA, présent commercialement depuis 1978, représente 90% de cette activité automobile avec, l'an dernier, 290.000 véhicules exportés, surtout des 206 en pièces détachées assemblées sur place par la compagnie iranienne Iran Khodro, et des 405. La marque Peugeot proprement dite y a exporté 280.000 véhicules (contre 10.000 seulement pour Citroën), un volume important rapporté à ses ventes mondiales (2 millions de véhicules en 2004). Par ailleurs, Peugeot a annoncé l'an dernier («Les Echos» du 17 juin 2004) un double accord pour faire du pays d'ici à deux ans une base d'assemblage et d'exportation d'une nouvelle 206 équipée d'un coffre et d'une variante locale de la 307 en direction de la Russie, de l'Ukraine ou des pays du Golfe. De sources iraniennes, le projet avance mais Peugeot se refuse à tout commentaire...

· Renault. Renault, qui ne vend pour l'instant rien en Iran, a aussi annoncé l'an dernier («Les Echos» du 25 juin 2004) une coentreprise avec des constructeurs locaux pour assembler et vendre la Logan en Iran à partir de pièces détachées produites en Roumanie. Le projet prévoit une capacité de production de 300.000 unités par an à partir de 2007 et la commercialisation de la Logan doit débuter mi-2006.

· Total. Chassé par la révolution islamique et de retour sur le terrain en 1995 avec un premier projet, Sirri, Total opère aujourd'hui sur 4 champs et développe des projets dans le gaz naturel liquéfié, où il a signé d'importants contrats en novembre dernier. Les parapétroliers comme Technip sont, eux aussi, très présents. L'absence des Américains leur fait la part belle.

· Alstom. Présent en Iran depuis quarante ans, le groupe de Patrick Kron y vend du matériel ferroviaire et des tramways. Il y a aussi vendu plusieurs centrales électriques et si, dans ce domaine, il n'y a pas de contrat en négociation dans l'immédiat, les besoins sont énormes: l'Iran veut doubler sa génération électrique dans les dix ans à venir.

· Air France. Baromètre des relations entre la France et l'Iran, la ligne Paris-Téhéran d'Air France a réouvert en juin 2004, après sept ans de fermeture. Depuis, la compagnie est passée de trois à cinq vols par semaine au départ de Paris, en Airbus A330 de 319 sièges, auxquels s'ajoutent les 5 fréquences hebdomadaires de KLM. «Nous sommes en ligne avec nos objectifs», se félicite Antoine Pussiau, le directeur commercial Afrique-Moyen-Orient d'Air France, qui table sur un taux de remplissage de 78% à 85% pour cet été. Air France-KLM bénéficie notamment de l'absence de transporteur américain en Iran, alors que l'Amérique du Nord abrite une importante communauté iranienne, qui doit donc transiter par des villes européennes. «Le trafic de la ligne est généré à parts égales par le marché nord-américain, le marché iranien et l'Europe, dont 50% pour la France», détaille Antoine Pussiau. A la clientèle familiale et touristique s'ajoute une clientèle d'affaires, liée au pétrole et à l'automobile.

lundi, juin 26, 2006

Iran - welcomed to the world court?

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Sunday, June 25, 2006

Iran - welcomed to the world court?

Aryeh Levin

In a surprising but not entirely unexpected turn of events, the United States and Iran have now seemingly reversed their belligerent positions and are apparently heading for a diplomatic face-off. Iran has won the first round of its strategy vis-à-vis the US and the West.

However, this passage does not necessarily forecast clear weather ahead. Will Iran submit to the international proposals and stop its uranium enrichment? Will Iran give up its state policy of a unified world of Islam under its own leadership toward a clash of civilisations and the coming of the Mahdi - with all the possible consequences for the West?

The answer probably lies in the nature of the Iranian regime and its imperial predecessors.

A dream of Iranian ascendance

In 1971 the Shah of Iran celebrated the 2,500th anniversary of the Persian Empire and Cyrus the Great's coronation, to remind the world of Iran's greatness. Two years later the world oil crisis broke out. Overnight, the price of oil leaped from somewhere around 12, in constant dollars to the barrel, and passed 20.

The Arabs had declared an embargo on supplies to the West as a result of the Yom Kippur war in October 1973. The Shah did not follow, and his position as supplier of energy to the free world became essential to the West and the US. Money started pouring into the Iranian treasury. The Shah was taken over by a state of euphoria. He went on a buying spree for modern arms and factories.

A short time into this giddying process, the Shah declared that in a mere decade Iran would become a leading nation of the world, "overtaking Britain and France". The oil markets returned to normal. But the dream of becoming a world power stayed with the Shah. The Shah is gone, but his dream of Iran as a world power is intact, in a new version.

Ayatollah Khomeini, too, had a vision. He revelled in a dream of recreating the Prophet Muhammad's Umma, making the whole Muslim world a single body, from the Atlantic to the Pacific, ruled by a "Learned Islamic Jurist". The idea of Iranian nationhood, per se, was laid briefly aside. But Khomeini's fantasy was severely shaken when Saddam Hussein invaded Iran in 1980. In the ensuing eight-year war, many truths about the heterogeneity of the Muslim world became apparent to those who ruled Iran after Khomeini's demise in 1989. The revolutionary fervour mitigated in favour of a more practical approach to the Islamic states and the world outside its orbit.

The hot coals of the revolution, however, were not entirely put out by the pedestrian realities. The revolutionaries wanted to root out all opposition, first in their own country. Tens of thousands of opponents, real or imagined, were executed, tens of thousands more imprisoned. The revolutionaries launched a massive terrorist operation to find and liquidate members of the old elite. The Shah's last prime minister and other leading Iranian figures of the old regime, sheltered in Europe, were murdered.

The successes of this undertaking led the regime to visualise terror as a lever of international political influence. Iran opened its doors and purse to multifarious Arab terror organisations, some plotting against their own governments. These organisations were much in need of money, training and territorial safe houses. Iran established a presence in Shi'a Lebanon with the help of the Syrian regime. The mission was to gain a covert entry into the Arab world: Egypt, Saudi Arabia, Iraq and others did not share the premise that Shi'a Iran should be the dominant power in the Umma. In fact, the Arab establishment regarded Khomeini and his heirs with undisguised suspicion.

The election of President Mahmud Ahmadinejad has reawakened the Iranian urge for the domination of the Muslim world. Iran's pretensions, however, are, by their nature, by their concept and assumptions, questionable. Khomeini's followers believed the Umma would transcend the principle of nation states and local traditions. The religious and doctrinaire differences between Shi'a Iran and the Sunni world of Islam have not been overcome (an ample illustration is the fierce infighting between these sects in Iraq today).

A new Iran

At the time of the 1979 revolution Iran had a population of 38 million; today it approaches 70 million, half of them under the age of 25. Those who grew up in this past quarter century in the cities and in the 65,000 villages of a country three and a half times the size of France know little of the outside world and almost nothing of the country that preceded the revolution.

A new and more wizened bourgeoisie, conscious of its well being, was formed between the passing of the old Ayatollah and the coming of his thrice-removed heir. But in contrast to his predecessors Ahmadinejad is a populist, fire-breathing Islamist, who would convert the world to his faith. The prophesied salvation through militant Islam is now the new regime's party programme. The regime intends to "purify" the Iranian space in anticipation for the coming of the Mahdi, who will appear as a result of a great conflagration. Ahmadinejad fervently believes in this tenet, which goes back to the foundations of the Shi'a doctrine: that the "clash of civilisations" will enthrone Islam over the nations.

An organised opposition has yet to form against this fanaticism as a political programme. The nouveaux riches of Khomeini's revolution might even join Ahmadinejad, provided they are not dispossessed. Ahmadinejad's power and effectiveness might be shored up even more, later in the year, by the possible election of Ayatollah Mesbah-Yazdi - a maverick cleric and a close supporter, as the new Supreme Guide by the new Assembly of (12) Experts. Mesbah-Yazdi's school of thought justifies the use of the nuclear weapon against the enemies of Islam.

In a country ruled by cunning, determined fundamentalists, an opposition might fail to form a meaningful challenge. The younger generation has shown it wants to be freer, happier, more in step with the hedonist West. There are now over two million users of the Internet. There is some defiance among the intellectuals and students, but none among the business community. Will young Iranians unite and challenge Ahmadinejad's rule? Hardly. The fear of bloody retribution to any attempt at rebellion is real - and evident.

The question that goes begging is: will the new administration, in their fiery dedication to Khomeini, and their belief in the coming of the Mahdi as international policy, ignore the advice of time-wizened theocrats, and maintain their bellicose pursuit of unattainable goals? Will Ahmadinejad spread his wings? Will Ahmadinejad's assiduity in implementing Khomeini's doctrine in foreign affairs hold? In other words, as no serious reaction is indicated from the interior or from abroad, Ahmadinejad's rule might stand the test of time. The historical examples that come to mind are many and well known.

Nuclear weapons as foreign policy

The goal of reaching nuclear technology is not new for Iran. This country possesses a tenth of the world's oil reserves and 15 per cent of its gas. The late Shah began building the Bushehr complex with the idea that oil is finite and should eventually be used not to produce energy but to be a source of valuable chemicals. His goal was 20 or more atomic energy complexes. The Islamic government has taken over this idea but, its denials notwithstanding, has expanded it to include the production of atomic weapons to further its Islamic aspirations.

Everything said so far pales in the face of an Iranian atomic bomb. Nuclear weapons in the hands of a government of fanatic visionaries who believe in their power to lure the Mahdi out of his hiding to Tehran - would represent a tragic turn of events. The Islamic government has played an astute game of hide-and-seek with the International Atomic Energy Commission.

At present this tactic is used in response to the new attempts at pacification by the West. This game has gone on for years, leaving no doubt in serious minds as to Iran's real objectives. Iran will use any means, overt or covert, to attain nuclear weapons. And once nuclear capability is reached, Iran will not be persuaded to desist.

As the State of Israel is so clearly singled out by the Iranian President in his ploy to attain support in the Arab world, it would be the first to be held to ransom, but certainly not the only one. The danger of proliferation - and atomic bombs in the hands of terrorists - will become a reality. Ahmadinejad's threats must not be taken lightly or brushed aside. He would probably hesitate to drop the bomb on Tel-Aviv, but he would possess the potential to do so. Iran will then be a much more formidable adversary than today. The ounce of prevention may soon be a memory, as time rapidly slips through our fingers. Ahmadinejad's Iran has become a storm petrel of a tragic chain of events that might embroil the world.

US/EU-Iran showdown

The American predominance in Iran - 1953/1979 - ended in a debacle after the revolution and was followed by tragic blunders and miscalculations. The years that elapsed after the takeover of the US embassy in Tehran in 1980 have seen a widening of the rift between the two countries. The ingrown anger at American condescension before and after Khomeini's revolution has motivated this yearning for redress and acceptance.

The 26 years of conflict with the US might explain Iran's combative attitude. The confrontation with the US is probably the biggest challenge for Ahmadinejad. The Iranian President and his radical followers wish to gain recognition by the power they still call "the Great Satan," the US. At the same time, they are attempting to create a gap between the US and its allies in Europe.

While the dangers of an Iranian nuclear weapon are clear to most, the West is also wary of Iran's other potential threats, including the use of the oil weapon. Iran supplies nearly three million barrels of oil a day to the world markets, and might close the tap if put under extreme pressure. In 1953 prime minister Mossadeq nationalised the Anglo-Iranian Oil Company and had to suffer an embargo, eventually succumbed - but became a national hero. Iran could close the Straits of Hormuz and prevent the flow of oil from the Gulf countries, thus causing a world economic crisis. Such a development might even anticipate the Iranian nuclear weapon.

Ahmadinejad has been also trying to single out Israel - with the intention of winning the hearts of the Arab extremists. This manoeuvre goes against the traditions of Iranian-Israeli relations. There has not been a conflict of interests between the two in past. In the 19th and 20th centuries, Iran was a rival of the Ottomans and their heirs, of the Russians and of the Arabs. Israel, since 1950, faced the same antagonists. The raw nationalism of Gamal Abdul Nasser and his influence among the Arabs, the revolutions in Iraq and other Arab countries threatened Iran's positions. An unsigned alliance with Israel became a reality under the Shah, who understood Iran's strategic isolation and the inherent dangers in the Middle East.

Ahmadinejad's denial of the Holocaust is a cheap present to the Arabs and the anti-Semites; the talk of "wiping Israel off the map" a wilful and a crafty provocation of the West, and a clear attempt to shore up Iranian dreams of supremacy. Ahmadinejad's government faces, in its foreign affairs, a challenge far beyond the question of a confrontation with Israel.

Our eyesight and experience, past history and common sense all tell us that Iran is playing for time and wishes. Ahmadinejad wishes to outwit the Americans, wait out President Bush till the end of his term, and secretly strive to obtain a nuclear weapon in the meantime. And, while the West has been defied with impunity, problems remain with the Muslim world. At this point in time the leadership of the Muslims seems unattainable. The idea of Islamic unity, with its larger implications of conflicting sovereignties and a clear difference of religious doctrine, has already brought Iran into confrontation with the Arab governments. The present Iranian tactics, with all their bravado, will not open up the gates to the Mahdi.

And the prognosis?

Iran has everything to gain from a change of heart vis-à-vis the West and much to lose in its present course. The new generation of Iranians has much to make up for after the years of isolation and limitations on freedoms. It would be very much in the interest of Iran to have its divergences with the West sorted out. However, this task would need great forbearing and statesmanship.

On the other hand, if resolved, it might undermine the raison d'être of the Iranian fundamentalist President and his extremist supporters. For the Iranian leader has set strategic goals: to reap the benefit of his defiance of the US and the West and achieve the leadership of the Muslims under the Iranian standard.

He will have to resolve this contradiction in the coming months.

Mr Levin is a former Israeli ambassador to Russia

vendredi, juin 23, 2006

L’Iran, premier partenaire de l'Azerbaïdjan dans le secteur de l’électricité

L’Iran, premier partenaire de l'Azerbaïdjan dans le secteur de l’électricité
Dépêche publiée le 18/06/2006


Par Renaud FRANCOIS, d’après Azerbaijantoday.com


Bakou, 18 juin 2006 - Selon les responsables de la compagnie d’Etat AzerEnergy, l’Iran est le premier partenaire de l’Azerbaïdjan dans le secteur de l’électricité.

Les importations estimées à 40-60 millions de kilowatts devraient, toujours selon ces responsables, croître jusqu’à 700 mégawatts. Une coopération qui permet l’approvisionnement électrique du Nakhitchevan, province autonome azerbaïdjanaise séparée du reste du pays par l’Arménie.

Les deux pays étudient également l’acheminement du gaz iranien en Azerbaïdjan. Un contrat gazier a déjà été signé par Bakou et Téhéran en 2004. Quant au volume des échanges commerciaux, il a été multiplié, depuis 1998, par 6 pour atteindre 600 millions de dollars annuellement.

La récente rencontre entre le ministre iranien de l’Industrie, Alireza Tahmasbi, et le ministre azerbaïdjanais du développement économique, Heïdar Babaiev, a permis de rechercher de nouvelles pistes de coopération.

C’est ainsi que ces discussions ont porté sur la construction, en Azerbaïdjan, d’une chaîne de montage de tracteurs, ainsi que sur l’installation d’une usine de production de ciment.

lundi, juin 05, 2006

Opinion : L'Iran : La main tendue de Washington

LE MONDE | 05.06.06

L'administration de George W. Bush semblait la moins à même de proposer l'ouverture de discussions avec Téhéran. L'anathème lancé par Washington contre les pays de l'"axe du mal" - où l'Iran se trouvait en bonne place -, les discours sur le "changement de régime", le grand projet de démocratisation du Moyen-Orient, tout cela ne prédisposait guère les Etats-Unis à faire en 2006 ce qu'aucune administration n'avait osé depuis 1979, quelle que soit l'évolution politique en Iran.

Et d'ailleurs, le moment semblait particulièrement mal choisi. L'Iran dit ouvertement qu'il "se moque" des demandes du Conseil de sécurité ; le nouveau président iranien ne cesse de répéter qu'il veut "rayer Israël de la carte" ; il propose de faire bénéficier d'autres pays de la technologie nucléaire ; et il affiche à chaque occasion ses regrets pour la belle époque de l'ayatollah Khomeiny. Quand on y songe, Bill Clinton était en bien meilleure position pour lancer une initiative de ce type : avec le président Khatami à Téhéran et un programme nucléaire beaucoup moins avancé qu'il ne l'est aujourd'hui, les risques étaient bien moindres. Mais l'obsession des années 1990 aux Etats-Unis était le contrat russo-iranien de la centrale de Boucheir, qui a envahi tout le champ diplomatique, et que Washington s'est finalement résolu à accepter en 2005, convaincu par les arguments des Européens.

L'ouverture diplomatique de Washington à l'égard de Téhéran le 31 mai mérite donc des explications. Elle montre en tout premier lieu que le dossier nucléaire iranien n'est pas entre les mains du Pentagone, comme on veut trop souvent le croire, mais bien du département d'Etat. Les rapports de confiance très étroits qui existent entre George Bush et Condoleezza Rice ont été décisifs. Pendant que l'on s'interrogeait sur les différentes routes que pourraient prendre les avions, sur les cibles qu'ils pourraient frapper, et sur les représailles de l'Iran à l'attaque américaine, l'initiative diplomatique gagnait du terrain depuis quelques mois.

En créant la surprise, Condoleezza Rice a aussi fait la preuve qu'elle a gagné une longue et importante bataille au sein de l'appareil d'Etat, notamment envers l'équipe du vice-président, Dick Cheney. Il y a à cela une première raison, qui est simple. Elle a convaincu le président que les Etats-Unis devaient éviter autant que faire se peut de se trouver devant le choix suivant : soit accepter une arme nucléaire iranienne, soit lancer une opération militaire - même strictement aérienne - contre l'Iran.

Accepter une arme nucléaire iranienne serait difficile après avoir dit et répété - comme l'ont d'ailleurs fait les capitales européennes - qu'un Iran nucléaire serait "inacceptable". Or les échéances se rapprochent. L'Iran ne cesse depuis le début de l'année de fournir des preuves non seulement de sa volonté - mais peut-être aussi de sa capacité - d'aller plus vite qu'on ne le croyait jusqu'alors. Les centrifugeuses sont assemblées à un rythme qui rend crédible la présence à Natanz de 3 000 machines à la fin de cette année, et le temps nécessaire pour produire la quantité nécessaire à un engin serait alors d'un an supplémentaire. Certes, la matière fissile n'est pas tout pour une arme nucléaire, mais c'est la partie la plus délicate. Dans ces conditions, les prévisions américaines d'une arme nucléaire "dans cinq à dix ans" doivent être revues à la baisse.

Mais si l'acceptation d'un Iran nucléaire est exclue en raison de ses conséquences régionales et internationales, il ne reste guère que deux solutions pour Washington : retarder le programme en obtenant la suspension de l'enrichissement - par un "deal" ou des sanctions -, ou préparer une attaque, la seconde branche de l'alternative que Washington souhaite éviter. Après l'Afghanistan et l'Irak, ce serait en effet la troisième intervention militaire des Etats-Unis, et le soutien du Congrès, indispensable, est loin d'être acquis. Dans ces conditions, gagner du temps présente de réels avantages.

La seconde explication est qu'il s'agit là pour Washington de la seule façon de démontrer aux Américains, démocrates ou républicains, mais aussi aux grands acteurs de cette crise, que tout a été tenté pour faire revenir Téhéran à la raison, y compris l'offre, jusqu'alors impensable, d'un dialogue direct. Si l'Iran souhaite parler à Washington, comme il l'a prétendu dans une lettre il est vrai plus insultante qu'engageante, autant le prendre au mot. Et si Téhéran ne saisit pas l'offre qui lui est faite, Washington pourra espérer obtenir enfin de Moscou et de Pékin un soutien pour des sanctions graduées. Ce dernier objectif est transparent. Il explique le moment choisi pour l'annonce américaine, juste avant une réunion à Vienne sur les incitations économiques, commerciales, énergétiques et politiques que les Européens étaient prêts à faire à Téhéran, mais aussi en cas de refus sur les sanctions.

Cette stratégie a payé. D'emblée, avant même la tenue de cette réunion capitale, les Etats-Unis ont reçu le soutien de Moscou, de Pékin, mais aussi de Mohamed ElBaradei, le directeur général de l'AIEA. Et les résultats annoncé le 1er juin à Vienne sont inespérés : les cinq membres permanents et l'Allemagne sont parvenus à un accord sur la base de l'approche européenne : incitations et sanctions. Nul doute qu'un tel résultat eût été impossible sans l'initiative du département d'Etat.

Washington a donc choisi une voie où il ne pouvait guère perdre. Ou bien l'Iran fait enfin ce qui lui était demandé depuis des mois et revient à la suspension de toutes ses activités d'enrichissement et de retraitement, et c'est une incontestable victoire, ou bien Téhéran maintient sa position intransigeante, et l'accord sur les sanctions permet désormais d'exercer une vraie pression.

Les premières réactions en Iran ont été négatives, mais il faut laisser la réflexion faire son oeuvre. Car personne ne peut ignorer à Téhéran que les activités dont il est question n'ont aucune justification civile : même en admettant que l'uranium enrichi de Natanz ait pour objectif de fournir du combustible à l'unique centrale qui se trouve sur le sol iranien - celle de Boucheir de conception russe -, les codes russes seraient indispensables pour le faire. Or personne n'envisage à Moscou de procurer ces codes à Téhéran. En refusant l'offre qui lui est faite, Téhéran avouerait donc ouvertement son ambition militaire. Si les Iraniens ont une sensibilité bien compréhensible à l'exercice de leurs "droits" au nucléaire civil - que personne ne leur dénie, pas même les Etats-Unis -, il est beaucoup moins sûr qu'ils soutiendraient un projet militaire qui ne leur a jamais été révélé et qu'ils risqueraient de payer cher, au moment même où ils attendent une amélioration de leurs conditions de vie. En outre, après avoir si souvent répété que l'arme nucléaire était contraire à l'islam, comment expliquer le choix de la produire ?

Personne ne sous-estime l'intelligence tactique de Téhéran. Mais à malin, malin et demi. Dans la partie de poker qui se joue sur le programme nucléaire iranien, l'avantage semble être passé le 1er juin dans le camp adverse. Pour combien de temps ?


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Thérèse Delpech est chercheuse associé au CERI

mercredi, mai 31, 2006

Roland-Garros: L'exploit de Rezai!, le 31 mai 2006.

Roland-Garros: L'exploit de Rezai!, le 31 mai 2006.
Source : Associated Press



Une vidéo : http://www.fft.fr/evenements2004/championnatDeFrance/base/audio.html

Une Française qui franchit trois tours de qualifications à Roland-Garros, une performance plus égalée depuis 1997. Ce vendredi, Aravane Rezai a mis fin à cette mauvaise série après avoir battu la Hongroise Agnes Szavay (6-1, 6-4). La Niçoise, d'origine iranienne, rentre donc dans le tableau final.

PARIS (AP) - Au tennis, Aravane Rezai brille sous un ciel voilé au tournoi de Roland-Garros, en France. Elle s'est offert,mercredi, une jolie revanche personnelle en éliminant la chevronnée Japonaise Aï Sugiyama (23e joueuse mondiale) en trois sets 4-6, 6-4 et 6-3. La jeune femme de 19 ans se hisse donc en 16e de finale des Internationaux de France. Elle est 142e mondiale.
Rezai, qui disputait mercredi ses premiers matches du circuit WTA cette saison, avait déjà franchi un tour à Paris l'an dernier mais ce résultat ne lui avait pourtant pas permis d'obtenir cette année le sésame pour le grand tableau octroyé par les organisateurs. "C'est vrai qu'il y a eu quelques problèmes, mais je ne veux pas en parler", a ajouté Rezai, dont le prénom signifie "violette" en farsi. Grâce à cette victoire, Aravane a mouché les organisateurs, qui lui avaient refusé en 2005 une "wild card" en raison des relations tumultueuses qu'entretient la Fédération française de tennis (FFT) avec son père et entraîneur Arsalan.
En dépit de ses performances modestes jusqu'ici, Aravane Rezai a néanmoins attiré l'attention des médias à la fois par ses origines iraniennes et par la personnalité controversée de son entraîneur de père.
Dans la tradition des géniteurs de quelques-unes des stars du circuit féminin -comme Steffi Graf, Jennifer Capriati ou Mary Pierce-tristement célèbres pour leurs frasques et leur soutien un peu excessif à leurs filles, Arsalan Rezai est connu pour son tempérament. Il refuse notamment de suivre les matchs d'Aravane depuis les tribunes, par nervosité, ou par conviction religieuse, selon les sources.
L'an dernier, la famille n'avait pu obtenir de visa pour se rendre aux Etats-Unis et Rezai n'avait pu disputer les qualifications de l'US Open.
Sa double culture la pousse néanmoins à vouloir être un exemple pour les jeunes femmes d'Iran et du monde musulman dans son ensemble.
"Je suis née en France, mais je suis aussi Iranienne, je suis les deux", dit-elle.
Et elle est très fière d'avoir accepté de représenter l'Iran à de récents Jeux islamiques féminins organisés dans le pays de ses parents, et d'y avoir gagné deux médailles d'or.
"J'étais très fière de représenter l'Iran et de pouvoir montrer aux filles des pays musulmans ce qu'était le tennis occidental. Bien sûr, il y a quelques conditions (vestimentaires) à respecter, mais je les accepte sans difficulté", a-t-elle dit. AP

vendredi, mai 26, 2006

Dès 2008, Renault devrait construire 250 000 Logan en Iran

Dès 2008, Renault devrait construire 250 000 Logan en Iran
LE MONDE | 25.05.06


Renault a annoncé, mercredi 24 mai, la signature d'un accord avec l'Iran pour y produire la Logan. Au terme de plusieurs semaines de discussions, le constructeur français a fini par accepter qu'au moins 20 % de la production soient réservés à l'exportation. Renault Pars, la filiale iranienne du groupe, s'est fixé pour objectif avec ses deux partenaires iraniens, Iran Khodro et Saïpa, de fabriquer 250 000 Logan dès 2008.


Renault refusait jusqu'à présent qu'une partie de la production puisse être exportée. Le constructeur estimait que, en l'absence d'accords douaniers entre l'Iran et les pays voisins, les ventes de Logan seraient frappées de lourdes taxes.

Pour faire pression sur le groupe français, le ministère de l'industrie iranien avait suspendu le projet (Le Monde du 20 avril). Renault a finalement accédé aux demandes iraniennes, même si les conditions dans lesquelles seront exportées les Logan restent très ouvertes : "Les exportations vont se faire à travers le réseau international de vente de Renault", se contente d'indiquer le communiqué, sans préciser les pays concernés.

Les deux partenaires se sont également entendus pour que, dès le début du projet, 60 % des composants de la voiture soient fabriqués sur place, le reste venant de Roumanie, où la Logan est déjà montée. Cette disposition devrait accélérer la rentabilité du projet.

La difficulté pour trouver un accord est à la mesure de l'enjeu. Pour l'Iran, la Logan va au-delà de la constitution d'une simple entreprise commune avec un constructeur étranger. Le projet est au coeur même de la politique industrielle iranienne. D'abord parce que le modèle est vital pour le marché automobile national : la Logan, dont le prix de base sera de 6 750 euros, est en effet destinée à remplacer la Pekan, la voiture populaire iranienne, dont la production vient d'être arrêtée à cause de sa vétusté.

Par ailleurs, les Iraniens veulent saisir l'occasion du projet Logan pour démontrer leurs capacités à devenir une puissance exportatrice. D'où les tensions initiales avec Renault.

Pour le constructeur automobile français, l'enjeu est tout aussi crucial. Le projet Logan en Iran est une étape importante pour atteindre l'objectif que Carlos Ghosn a fixé à Renault le 9 février : produire 800 000 voitures par an de plus à l'horizon 2009.

Le coût total du projet est estimé à 300 millions d'euros, sur lesquels Renault, qui détient 51 % de l'entreprise commune, a déjà dépensé 70 millions. Le ministre iranien de l'industrie, Alireza Tahmassebi, a assuré mercredi que la production débuterait comme prévu, en septembre. Chez Renault, on préfère rester plus prudent en tablant sur un démarrage d'ici à la fin de l'année.



Stéphane Lauer

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Le président de PSA juge "stupide" la voiture "flex fuel"

Le président de PSA Peugeot-Citroën, Jean-Martin Folz, a réagi, mercredi 24 mai, à la décision du ministère de l'industrie d'homologuer l'E85, ce carburant composé à 85 % en volume d'éthanol d'origine agricole (betteraves ou céréales). Le conseil général de la Marne doit ainsi s'équiper le 1er juin de véhicules carbumodulables ("flex fuel") utilisant de l'E85. "L'introduction de voitures fonctionnant à l'E85 est une initiative stupide car elle nécessite de lourds investissements. Il faut changer les voitures, les moteurs et les circuits de distribution", a estimé M. Folz, lors de l'assemblée générale de PSA. Il a rappelé que la France incorpore actuellement 2 % de biocarburants dans son essence. Les voitures actuelles, sans modification technique, tolèrent un mélange pouvant aller jusqu'à 10 %. "Multiplier par cinq notre consommation de biocarburants, on verra après", a-t-il conclu.

vendredi, mai 19, 2006

Logan : accord imminent entre Renault et l'Iran

Logan : accord imminent entre Renault et l'Iran

Le terme d'âpres négociations entre Renault (RNO) et le gouvernement iranien au sujet de la Logan (appelé en interne "projet L90") est proche. "Plusieurs sources internes à l'entreprise" ont indiqué aux Echos (daté du jour) que le constructeur français devrait conclure un accord "dans les tout prochains jours", qui satisferait les conditions iraniennes.

Afin de préserver son projet d'implantation sur place, le groupe de Carlos Ghosn devrait ainsi accepter que 20% de la future production des berlines Logan dans ce pays soit exportée dans les pays voisins. Le quotidien précise que le dossier est d'autant plus délicat que le projet Logan est perçu en Iran comme un grand programme national et non comme un plan émanant d'un constructeur privé.