- UN GISEMENT DE CROISSANCE POUR TOTAL
- L’AUTOMOBILE ACCÉLÈRE
- DES PERSPECTIVES SOLIDES DANS LE BTP
- LES BANQUES SUR LA DÉFENSIVE
Informations diverses sur le droit et l'économie de l'Iran
La signature mi-2015 de l’accord de Vienne entre l'Iran et le groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sur le nucléaire iranien, qui a permis de lever quelques mois plus tard un certain nombre de sanctions envers l'Iran, a par ricochet aiguisé l'appétit des multinationales. Les grands groupes français ont suivi le mouvement: PSA, Renault, Total, Bouygues et Vinci, la SNCF, mais également l’avionneur européen Airbus.
Dans le cas de Total, le projet gazier de South Pars est néanmoins suspendu aux décisions de Donald Trump. Mais malgré les remous causés par l'arrivée du milliardaire à la Maison-Blanche, les entreprises françaises sont avides d'exploiter l’immense potentiel du marché iranien: dans le secteur de l'automobile par exemple, des experts cités par Reuters estiment qu'en 2025, il se vendra autant de voitures en Iran qu'aujourd'hui en France, soit 2 millions de véhicules. Difficile de résister à un marché aussi prometteur.
Les consommateurs iraniens ont une forte appétence pour les produits européens, ce que confirme l'avocat Kourosh Shamlou, fondateur du cabinet d'avocats franco-iranien Shamlou Law: "Le peuple iranien veut des produits français ou allemands. C’est un énorme marché, il y a un gros potentiel pour les PME françaises".
Problème: pour financer leurs investissements, les entreprises françaises –grands groupes comme PME– ont besoin de l'appui des banques. Et de ce côté-là, l'enthousiasme est bien moins évident. Les principaux groupes bancaires français sont extrêmement frileux à l'idée de financer des projets en Iran. C'est notamment le cas de Société Générale, dont la position est sans équivoque: "Compte tenu des incertitudes qui subsistent, Société Générale n’envisage pas à ce stade de reprise de ses activités commerciales avec l’Iran. Les différences entre les régimes européen et américain génèrent des risques opérationnels forts pour les établissements financiers".
En mentionnant les "différences entre les régimes européen et américain", Société Générale fait référence à l'amende record infligée par le régulateur américain à BNP Paribas en 2014: 8,9 milliards de dollars pour violation d’embargo sur plusieurs pays, dont l'Iran. BNP Paribas, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, tout comme BPCE, ne fait plus d’affaires avec l’Iran. Le groupe Crédit Agricole n’a pour sa part pas répondu à nos sollicitations.
Les règles de l’embargo, les voici: les transactions avec l'Iran ne doivent pas inclure une "US person", ni être libellées en dollars. En cas de non-respect de ces règles, les banques risquent l'amende et, nous l’avons vu, celle-ci peut être lourde. "Les banques font le calcul coût/avantage/risque: 'est-ce qu’on prend le risque de subir des mesures de rétorsion aux États-Unis pour travailler sur un marché iranien qui sera à terme important mais qui ne sera jamais de la taille du marché américain?'" décrypte Matthieu Etourneau, directeur général du Centre français des Affaires de Téhéran, joint par BFM Business.
Depuis la signature du traité de Vienne, les règles sur l’embargo n'ont pas été assouplies de ce côté-là. En réalité, elles pâtissent d'un flou juridique total. "Il ne faut pas qu’il y ait de dollar, ni d’Américain impliqué. Les autorités américaines parlent de ‘US person’. Ça peut être quelqu’un simplement détenteur d’une green card" explique Matthieu Etourneau.
Dès lors, pourquoi ne pas traiter avec l'Iran en euros? Impossible, selon Matthieu Etourneau: "Ce que me disent les banquiers, c’est que techniquement c’est quasi impossible d’avoir des transactions sans aucun dollar, notamment quand ça rentre dans les chambres de compensation" - des organismes financiers qui jouent un rôle d’intermédiaireentre les acheteurs et les vendeurs, ndlr.
Le problème est donc là: il est quasiment impossible de traiter des grosses transactions uniquement en euros. Le dollar intervient forcément à un endroit de la chaîne, faisant de facto passer sous le joug du régulateur américain les grandes banques françaises. Les forts intérêts que celles-ci ont aux États-Unis, et leur exposition aux amendes les condamnent donc à la plus grande prudence.
Mais pour les entreprises, comment trouver les financements? Quelques rares banques françaises, de taille modeste, acceptent de faire des affaires avec l'Iran. C'est notamment le cas de Wormser Frères: "Nous n’avons pas de filiale aux États-Unis. Donc nous n’appliquons pas les règles destinées aux ‘US person’. On applique la réglementation européenne. C’est parce que nous sommes de taille modeste que nous pouvons travailler avec l’Iran" explique Alain Wormser, le PDG de la banque.
Une taille modeste parfaitement à propos pour se défaire de l’emprise du régulateur américain, mais qui ne répond pas aux besoins en financement des grands groupes français. "Ces banques sont utiles pour des transactions, mais ne sont pas capables de financer des investissements, confirme Matthieu Etourneau. Pour les investissements, cela reste très compliqué. Certaines entreprises essaient de financer cela en fonds propres. D’autres vont voir certaines banques européennes, mais celles-ci font surtout du financement pour leurs clients historiques".
Les clients français de l’avocat Kourosh Shamlou, principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire et des cosmétiques, "regrettent énormément que les grandes banques françaises ne soient pas là pour les accompagner". Pour y remédier, l’avocat "cherche à développer du financement direct".
Pour encourager les banques françaises, leurs homologues iraniennes ont également un rôle à jouer. "Les banques étrangères attendent aussi des gages des banques iraniennes pour qu’elles se mettent au niveau en termes de conformité", explique Matthieu Etourneau. L’Iran est sur la liste noire du GAFI (groupe d’action financière), un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment. "Une sortie de la liste noire pourrait être un signal fort pour aider les banques étrangères à revenir en Iran" présume le directeur général du CFAT, selon lequel des discussions sont en cours entre le GAFI et la banque centrale iranienne.
Le retour des grandes banques françaises ferait le bonheur des entreprises de l’Hexagone, mais il serait également très bien accueilli par le peuple iranien. Comme le rappelait le directeur de la Chambre de commerce Iran-Suisse dans le magazine économique Bilan, "la population iranienne espérait des investissements massifs de la part de sociétés étrangères à la suite de la levée partielle des sanctions". Et de mettre en garde contre le danger de voir revenir les conservateurs au pouvoir en Iran, en surfant sur les espoirs déçus à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.
"Les investissements étrangers sont protégés par une loi en Iran, tempère Kourosh Shamlou. Donc les entreprises françaises sont protégées, mais elles gardent quand même un œil sur les élections. Nous avons besoin d’investissements étrangers, donc cette loi ne sera pas annulée". Si le spectre d’un grand retour en arrière semble donc pour le moment exclu, la récente victoire de Donald Trump et la perspective de la présidentielle iranienne rajoutent de l’incertitude à un climat déjà flou.
Le projet gazier iranien de South Pars sera approuvé avant l'été si les Etats-Unis ne reviennent pas d'ici là sur la levée de certaines sanctions consécutive à l'accord conclu entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de la République islamique, a déclaré le PDG de Total, Patrick Pouyanné.
Le groupe pétrolier français a signé en novembre avec NIOC, la compagnie nationale iranienne, un protocole d'accord en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le cadre d'un projet estimé dans sa première étape à quelque deux milliards de dollars.
"Le projet sera (approuvé) avant l'été si les sanctions ne sont pas modifiées", a déclaré Patrick Pouyanné lors d'une rencontre avec des journalistes, soulignant que Donald Trump devait à la même échéance renouveler ou non des décrets de Barack Obama qui levaient certaines sanctions contre l'Iran.
"Soit les Américains renouvellent (..) et à ce moment-là le contrat est exécutable et nous l'exécuterons ; soit les Américains décident de sortir du champ du traité et on ne peut pas travailler en Iran", a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que le président américain a qualifié de mauvais texte l'accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances - encadrant les activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée des sanctions commerciales -, et que son secrétaire d'Etat Rek Tillerson en a proposé un "réexamen complet".
"Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, la vérité c'est que je ne sais pas ce que fera l'administration américaine par rapport à un traité international", a dit le PDG de Total.
"On est dans la situation la moins bonne qui est celle de l'incertitude (..), on ne sait pas ce qui va se passer et, quand on est incertain, on est obligé d'être un peu prudent."
Total avait déjà joué un rôle majeur en Iran dans les années 2000 en développant avec succès les phases 2 et 3 de South Pars, avant de quitter le pays après les sanctions prises à l'encontre de Téhéran en raison de son programme nucléaire.
On ne sent pas de tensions sur place explique-t-on au Medef. Partie en Iran le 30 janvier avec le ministre des Affaires étrangères et du développement international Jean-Marc Ayrault - lequel aura notamment co-présidé la commission mixte économique franco-iranienne avant son retour en France le 31 janvier - la délégation d'entreprises françaises (*), pilotée par Yves-Thibault de Silguy, vice-président de Medef International, a quitté Téhéran le 2 février, plutôt satisfaite, malgré le coup de tonnerre provoqué par le tir d'un missile balistique par les Iraniens et les réactions de l’Administration Trump.
En effet, le jour-même de l’arrivée du patron du Quai d’Orsay, Washington accusait Téhéran d’avoir effectué un tir de missiles balistiques de moyenne portée la veille. Un tir qui n’a pas été confirmé par l’Iran, son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarifse contenant de répondre que les tests de tir balistique n’étaient pas concernés par l’accord sur le démantèlement nucléaire du 14 juillet 2015 et la résolution 2231 du Conseil de sécurité, qui a entériné cet accord conclu à Vienne. Côté français, Jean-Marc Ayrault a exprimé « son inquiétude » et une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu a été convoquée par les États-Unis, à la demande d'Israël.
Pression américaine, jeu trouble de l’Iran, peut-être les deux, toutes les hypothèses sont pour le moment sur la table. « Dans les médias, qui sont contrôlées en Iran, l’incident n’est pas commenté, si ce n’est pour dire que Trump travaille pour Israël et veut casser l’accord parce que l’Iran veut se rapprocher des Européens », rapporte à la Lettre confidentielle un opérateur sur place.
« Les Américains craignent que les Iraniens se rapprochent des Européens »
Avant le départ de Jean-Marc Ayrault, la presse française a été bombardée de communiqués de presse de l’organisation internationale United Against Nuclear Area (Uani), adressant « un avertissement au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault ». Selon le président d’Uani, Mark D. Wallace, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Onu, « depuis que les entreprises étrangères ont commencé à entrer sur le marché iranien, celles qui en ont finalement le plus bénéficié sont les sociétés du Corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI) et non le peuple iranien ». Ce dernier assure encore que « le régime iranien a utilisé cet afflux d’argent étranger afin de soutenir sur place la mise en œuvre de mesures répressives brutales à l’encontre des droits de l’homme et afin de parrainer le terrorisme dans la région ».
Rappelons que c’est en 2008 que Mark D. Wallace a fondé Uani avec trois autres anciens hauts responsables américains : les ambassadeurs Richard Holbrooke et Dennis Ross et l’ex-directeur de la CIA Jim Woolsey. En revanche, le comité consultatif de l’organisation est très internationale qui permet à Uani de se présenter comme « un groupe de recherche et de défense non lucratif, indépendant et non-partisan »*.
D’après l’interlocuteur de la LC, « les Américains craignent que les Iraniens se rapprochent des Européens ». D’où les attaques virulentes de l’Administration, le président Trump étant opposé à l’accord de Vienne, à un moment où les tensions montent entre conservateurs et modérés en Iran à l’approche des présidentielles (17 mai).
Inauguration officielle du Centre français des affaires de Téhéran (CFAT)
Non contente de ne pas suivre l’avis du conseiller pour l’Europe d’Uani, l’ancien ministre des Affaires étrangères italien Giulio Terzi, enjoignant les entreprises françaises sur le fait « qu’elles doivent songer à la façon dont elles souhaitent se positionner en tant qu’entreprises citoyennes », la délégation française a poursuivi sa visite, rythmée par des moments forts, comme le forum d’affaires franco-iranien, en présence de Jean-Marc Ayrault, de Mohammad Javad Zarif et d’une centaine de sociétés iraniennes, les visites du parc technologique de Pardis et du chantier de centre commercial Iran Mall et l’inauguration officielle du Centre français des affaires de Téhéran (qui comprend aussi une antenne à Paris), dirigée par un ancien cadre de Medef International, spécialiste de la région, Matthieu Étourneau.
Le CFAT est développé avec l’Adit, leader européen de l’intelligence économique et déjà opérateur du Centre français des affaires de Bagdad (Irak). Yves-Thibault de Silguy soulignait, avant le début de la mission du patronat français dans ce pays, la nécessité « d’élargir la palette de services proposés aux entreprises françaises, notamment les PME et ETI », tout en rappelant l’importance aussi de « travailler en étroite collaboration » avec « les structures publiques d’accompagnement à l’export » (Business France, ambassade…). En l’occurrence, précise-t-on au Medef, le centre d’affaires à Téhéran doit offrir un appui à la fois « opérationnel (conciergerie d’affaires, location de bureaux) et stratégique (aide à l’identification de partenaires, décryptage institutionnel, suivi de l’environnement juridique et financier) ».
La mission du Medef se serait si « bien déroulée», selon une source interne, très enthousiaste, que l'organisation patronale réfléchirait aujourd'hui à une réunion, présidée par Yves-Thibault de Silguy, pour en présenter les premiers résultats. Certaines entreprises seraient en passe de signer des contrats...
(*) La délégation du Medef comprend 77 personnes, représentant 57 sociétés (cabinets d'avocats, spécialistes dans les hydrocarbures, l'énergie, l'environnement... : Adit, Aéroports de Paris Management, Ageromys International, Airbus, Alstom, Altawest, Antea France, ArcelorMittal, Artelia, AS.Achitecture-Studio, Ateliers Jean Nouvel, August Debouzy, Axelsium, BBL Transport, Bollore Transport & Logistics, Cohen Amir Aslani, Continental Automotive France, Dentons Europe AARPI, Edgen Murray France, Egis, Engie, Entrepose, Evolen, EY, Gec Management, GE France, Golden Group, Groupe Institut de soudure, Hanau Energies Concept, Imerys, Ingerop, JCDecaux, Jifmar Offshore Services, Krinner, Louis Dreyfus Armateurs, Moret Industries, Nasco France, Noor Advisory, Oddo & Cie, Orange, Poma, Safran, Setec, Socotec, Suez, Systra, Technip, Thales, Total, TPF Ingénierie, Veolia, Vinci, Vinci Airports, Vinci Construction, Vinci Energies Oil & Gaz, Vossloh Cogifer, Wilmotte & Associés Architectes) auxquels s'ajoutent notamment les représentants du ministère des Affaires étrangères et du développement international (Maedi), du Medef et du Centre français des affaires de Téhéran (CFAT)
Source : http://www.lemoci.com/
Oumou Barry-Sana a rencontré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, à Téhéran, le 17 janvier 2017. ©IRNA
« L’Iran a bel et bien la potentialité d’élargir sa coopération avec l’Afrique », a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi.
Lors d’une rencontre, mardi à Téhéran, avec la directrice centrale de l’Agence ivoirienne de presse (AIP), Oumou Barry-Sana, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a affirmé que l’Iran portait un regard positif sur les pays africains et disposait des potentialités nécessaires à l’élargissement de la coopération avec l’Afrique.
La directrice centrale de l’Agence de presse (AIP), Oumou Barry-Sana, est arrivée dimanche à Téhéran afin de signer, avec l’agence de presse iranienne IRNA, une note d’entente permettant d’établir la coopération médiatique et éducative avec la RII. Mme Oumou Barry-Sana a ainsi expliqué l’objectif de sa visite en Iran : « Nous sommes venus en Iran dans le cadre de la collaboration avec l’agence IRNA. Ce qui nous semble être important, c’est de permettre au peuple ivoirien d’accéder à l’actualité authentique et véridique sur l’Iran et nous tenons beaucoup au fait que le peuple iranien puisse à son tour s’informer de ce qui se passe vraiment en Côte d’Ivoire. »
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Signature de l’accord de partenariat entre l'AIP et l'IRNA, à Téhéran, le 16 janvier 2017. ©AIP
À Téhéran, Oumou Barry-Sana a également rencontré le directeur général des médias étrangers au sein du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, Mohammad Jaafar Safi. Lors de cette rencontre, la patronne de l’AIP a reconnu que l’image qu’elle s’était faite de l’Iran n’était pas très réaliste.
« En fait, nous pensions que vous n’étiez pas ouverts à l’activité journalistique et qu’il serait difficile de travailler en Iran. Cette visite nous a permis de constater la liberté d’action des agences de presse étrangères (…) Et je suis surtout impressionnée par la présence saillante des femmes dans le journalisme en Iran. Dans notre pays, les femmes ne sont pas très actives dans ce secteur », a-t-elle indiqué.
Pour sa part, Mohammad Jaafar Safi a dénoncé l’attitude de certains médias internationaux qui véhiculent une image plutôt négative de l’Iran. « La précision, la vitesse et surtout la véracité » sont les priorités professionnelles des médias iraniens, a-t-il souligné
Source : http://presstv.com/DetailFr/2017/01/17/506625/Iran-Afrique-mdias-Cte-dIvoireCCC
Levée des sanctions internationales contre l'Iran oblige, à partir de février prochain, les navires porte-conteneurs en partance du port du Havre pourront à nouveau faire escale dans les ports iraniens. La compagnie maritime nationale iranienne spécialisée dans le transport des conteneurs HDASCO Line propose ainsi une nouvelle offre commerciale entre Haropa-Port du Havre et de nombreux ports iraniens et irakiens.
HDASCO Line (Hafez Darya Arya Shipping Company), également appelée « HDS lines », est la filiale du groupe IRISL (Islamic Republic of Iran Shipping Lines). Cette annonce a été faite aujourd'hui 18 janvier par Haropa dans un communiqué.
Ce nouveau service maritime offrira des transit-times « très compétitifs », précise Haropa dans un communiqué. Il faut ainsi compter à titre d'exemple 19 jours entre Le Havre et Bandar Abbas, ville portuaire iranienne située au bord du golfe Persique. Ce service touchera les ports suivants : Bandar Abbas, Asaluyeh, Bandar Iman, Khomeini, Busher et Khorramsharh en Iran et le port de Um Qasr en Irak. Le service desservira en outre Malte/Khor Fakkam/Jebel Ali/Xingang/Busan/Qingdao/Shanghai/Ningbo/Yantian/Port Kelang. Les escales seront réalisées au Havre tous les mardis au Terminal de France (TDF) et opérées par la Générale de manutention portuaire (GMP).
Avant l’embargo, les navires porte-conteneurs iraniens faisaient escale dans le port du Havre chaque semaine entre 2006 et 2009, pour la desserte des principaux ports iraniens. « C’est une grande opportunité qui s’offre aux importateurs et exportateurs français qui souhaitent développer leurs échanges avec l’Iran », a déclaré Jean-Marc Peltier, directeur des lignes de l'agence du Havre de Worms Services Maritimes, l’agent en France de HDASCO Line, cité dans le communiqué. « Ce pays, qui compte environ 80 millions d’habitants, a-t-il ajouté constitue un marché à fort potentiel, en particulier dans les secteurs de la chimie, l’agroalimentaire (farine, lait etc.), les cosmétiques, l’électroménager, la grande distribution et bien sûr la filière automobile ainsi que celle de l’industrie Oil & Gas ». Et de conclure : « Dans un contexte de ralentissement des échanges internationaux avec les partenaires d’Asie traditionnels, les perspectives que représente le marché iranien sont particulièrement bien venues ».
Source : http://www.lemoci.com/Certes, l’une des grandes préoccupations économiques des Iraniens est de se prémunir contre toute nouvelle dépréciation de leur devise, le rial. Pour autant, ce signe de défiance monétaire n’empêche pas le président iranien Hassan Rohani de marteler un message : «Le pays est désormais sur la voie du redressement.»
Les ressources d'hydrocarbures en Iran (Carte BiG)
Et de toute évidence, les principaux indicateurs plaident pour lui. La croissance ? Négative en 2015, elle atteindra les 4,5 % en 2016. Quant à l’envolée des prix, cauchemar des Iraniens durant des années, elle n’est plus que de 8 %, alors qu’elle frisait les 45 % en rythme annuel lorsque Rohani avait pris la tête du pays en 2013.
Mais en ce début 2017, rien n’y fait. La tentative d’apaisement du président iranien semble inopérante. Du moins dans les rues de Téhéran, là où on trouve des bureaux de change libre. Les Iraniens qui en ont les moyens continuent de s’y attrouper. Leur objectif ? Echanger des rials contre des dollars, dont la valeur ne cesse de s’apprécier. Une manière de thésauriser, tout en pariant sur une hausse continue du billet vert. Le mouvement est d’autant plus fort que Donald Trump, prochain locataire de la Maison Blanche, n’exclut pas d’appliquer de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran.
Mais au-delà de ces soubresauts monétaires, la plupart des économistes en conviennent : après une importante phase d’hibernation économique forcée, la levée des sanctions il y a un an a favorisé une reprise de l’activité économique. Avec 10 % des réserves de pétrole et près de 20 % des réserves de gaz, l’Iran se place respectivement aux quatrième et premier rangs mondiaux. «La fin des restrictions imposées aux exportations d’hydrocarbures a permis de démultiplier la production de pétrole, qui atteint aujourd’hui 3,7 millions de barils par jour, dont plus de 2,2 millions sont exportés. Pendant les sanctions, la production atteignait à peine 1 million par jour», souligne Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Ces exportations devraient redynamiser un secteur pétrolier et gazier en mal d’investissement. Et surtout faire rentrer des devises sans lesquelles il est impossible de payer la moindre facture de produits importés. Comme la plupart des pays dont les recettes budgétaires (et donc les dépenses) dépendent essentiellement du pétrole, l’Iran n’a eu d’autre choix que de tenter de diversifier ses sources de financement pendant toutes les années de sanctions. «Mais les résultats étaient maigres. En réalité, le pays n’a eu d’autre choix que de réduire ses dépenses sociales et d’infrastructures pour s’adapter à la baisse des recettes pétrolières et gazières»poursuit le chercheur de l’Iris. Ce temps est révolu.
Certes, beaucoup reste à faire. Mais l’Iran peut désormais bomber le torse, comme lorsqu’il signe, en décembre, un contrat de 36,6 milliards de dollars pour 100 Airbus, après avoir déjà acheté 80 Boeing. Ou lorsqu’il convie les mastodontes mondiaux du pétrole à participer aux appels d’offres pour le développement des champs pétroliers et gaziers du pays. Une trentaine de compagnies européennes et asiatiques ont été sélectionnées par Téhéran. Parmi ces sociétés figurent le groupe français Total, l’anglo-néerlandais Shell, le néerlandais Schlumberger, l’italien Eni, les russes Gazprom et Lukoil ou encore le japonais Mitsubishi… Les Iraniens sont très vite revenus dans le jeu pétrolier après la levée des sanctions, début 2016, refusant les injonctions de l’Arabie Saoudite qui leur demandait de participer aux coupes de production réclamées aux autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour faire remonter les cours déprimés de l’or noir.
Des protocoles d’accord ont été signés avec plusieurs compagnies internationales. Parmi elles, Total a conclu un contrat de 4,8 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros) pour l’exploitation du grand champ gazier Pars-Sud, situé dans le Golfe, devenant ainsi la première grande compagnie pétrolière et gazière occidentale à revenir en Iran. Idem pour d’autres secteurs, comme la défense, la finance, la santé ou encore l’automobile. Depuis des mois, patrons et autres émissaires de grandes multinationales n’ont cessé de nouer des contacts avec Téhéran. Histoire de plancher sur d’éventuels projets de partenariat industriels et autres business models. Ainsi, en France, PSA a versé les capitaux pour créer la première coentreprise du groupe tricolore en Iran, entre Peugeot et l’entreprise iranienne Khodro. Parallèlement, PSA négocie l’installation de Citroën en Iran, toujours en partenariat avec une entreprise locale. Si nombre de multinationales s’agitent aux portes de l’Iran, elles ne génèrent que peu de flux financiers. Du moins avant la levée des sanctions. Les investissements directs étrangers n’ont pas dépassé les 15 milliards de dollars en 2015, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). A titre de comparaison, la Turquie en attirait dix fois plus la même année.
Hassan Rohani sait combien l’essor des investissements étrangers est important pour son pays qui compte officiellement près de 10 % de chômeurs, un taux qui devrait être multiplié par deux pour refléter la réalité sociale du pays. Les investissements étrangers sont d’autant plus cruciaux pour Téhéran que le pays «produit» chaque année 500 000 détenteurs d’une maîtrise ou d’un doctorat… Mais la plupart d’entre eux viennent gonfler le nombre des chômeurs. Certes, le pays bénéficie d’un fort potentiel pour basculer dans le camp des pays émergents. Mais il lui faudra pour cela réaliser ce que le gouvernement qualifie, lui-même, de «croissance inclusive»pouvant profiter aux différentes catégories socio-économiques. Ce qui signifie tenir un rythme de croissance de près de 6 % par an et ce, pendant plusieurs années.
Source : Libération du 13 janvier 2017
« Les investisseurs cherchent à développer leurs activités dans la zone de Qeshm en raison du potentiel colossal du secteur local des hydrocarbures et de l'accès libre aux eaux internationales. De plus, l'aéroport de l'île est capable d'accueillir les avions lourds », assure-t-il.
Selon lui, l'autre chose qui intéresse les investisseurs est la construction du pont Khalij-e Fars qui reliera l'île et l'Iran continental. Ce projet fera partie d'un nouveau trajet de livraison de produits du Proche-Orient en Europe.
Selon M. Momani, des hommes d'affaires de la France, de l'Italie, du Royaume-Uni, du Japon, de la Chine, de la Russie et de nombreux autres pays sont venus sur l'île un mois après la signature de l'accord sur le nucléaire.Ils sont tous intéressés par un investissement dans cette zone de libre-échange. Les hommes d'affaires chinois et russes ont déjà proposé des projets concrets, à savoir ouvrir une compagnie d'assurance et une banque internationale.
Outre Queshm, il existe six autres zones de libre-échange, la plupart d'entre elles étant situées dans le golfe.
L'accord sur le nucléaire iranien est non seulement un document élargissant la collaboration politique entre l'Iran et d'autres pays, mais aussi un instrument capable de sortir l'économie iranienne de l'impasse, affirme Hoshyar Rostami, expert indépendant de l'institut canadien des recherches économiques Finapath, dans une interview accordée à Sputnik.
« Après la signature de l'accord, nombre de délégations sont venues en Iran afin d'investir dans son économie. Certains ont été satisfaits par ce qu'ils ont vu, les autres ont décidé de prendre leur temps et d'analyser le marché local », déclare M. Rostami.
Selon lui, il existe encore des problèmes, notamment ceux liés au transfert libre d'argent, un facteur indispensable pour les investisseurs étrangers et leurs perspectives.« La deuxième question qui doit être résolue est celle du risque pays (risque de changement de la conjoncture politique ou économique dans un pays) », précise l'expert.
Le problème de transfert d'argent est presque résolu, car l'Iran peut utiliser l'euro et collaborer avec plusieurs banques internationales, par exemple en Chine, en Inde, au Japon, en Corée du Sud.
« Tout d'abord, il faut que l'Iran intensifie le niveau de son activité économique, notamment dans le domaine bancaire. Il faut augmenter le niveau des relations avec les banques étrangères pour améliorer le climat d'investissement, qui souffre du fait que notre Banque centrale n'a pas pris de mesures suffisantes pour rendre son activité plus transparente sur le plan international », souligne-t-il.
Selon l'expert, tout ne se limite pas à l'accord nucléaire, qui ne fait que présenter une occasion dont il faut raisonnablement profiter.« Les règles et les lois commerciales iraniennes sont très sévères. On a un système très difficile de taxes et d'impôts. Mais dans les zones de libre-échange, le régime économique est beaucoup plus libéral, ce qui permet aux investisseurs d'être plus sûrs », note M. Rostami.
« Il faut créer des conditions pour les investisseurs. Ils suivent toutes les divergences politiques dans notre pays. Il est évident qu'ils ne voudront pas investir dans un pays où des lois freinant leur business peuvent être adoptées. Ainsi, toutes les difficultés proviennent du risque pays. Si on peut s'en débarrasser, l'Iran deviendra très attractif pour les investisseurs étrangers », conclut-il.
Accorhotels, Melia, Rotana, Deustche Hospitality, Jumeirah, etc… Les chaînes hôtelières internationales font le pari de l’Iran redevenu "fréquentable" depuis l’accord sur le nucléaire. Le pays mise sur le tourisme pour relancer l’économie, avec un objectif de 20 millions de visiteurs d’ici 2025. Le problème est que tout ou presque reste à faire.
"Premier arrivé, premier servi" semble être la règle en vigueur dans la course au développement hôtelier en Iran. Depuis l’accord sur le nucléaire signé par les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni avec l’Iran en juillet 2015, le pays s'est rouvert aux investisseurs étrangers qui, tous secteurs confondus, sont nombreux à frapper à la porte.
Bridé depuis 1979 et la révolution islamique, l’Iran rêve de redevenir une destination incontournable. Si sur le plan culturel et naturel, le pays fait rêver, sur le plan des infrastructures il fait réfléchir. Les réseaux de transports sont âgés, le parc hôtelier démodé et le personnel n’est pas toujours en phase avec les standards internationaux.
Malgré cela, certains groupes hôteliers étrangers voient l’Iran comme un marché d’opportunités. Accorhotels, par exemple, fut le premier groupe à ouvrir deux unités à l’aéroport international Imam Khomeini qui se trouve à 60 kms du centre de Téhéran, la capitale. Un Novotelde 300 chambres et un Ibis de 200 chambres sont opérés par le groupe depuis un an et les résultats opérationnels sont pour l’heure "satisfaisants".
Directeur des opérations en charge du développement pour Accor en Iran, Christophe Landais nous confiait récemment que le RevPar pour l’Ibis dépassait les 60% et celui du Novotel les 50%. "L’Iran est devenu un pays stratégique pour le groupe. Nous projetons de développer un réseau important d’unités, de l’Ibis à Sofitel, à Téhéran, mais aussi à Mashad, Ispahan, Shiraz, Tabriz et d’autres villes secondaires selon les besoins."
Sur les traces du français, l’espagnol Melia opérera dès cette année sa première unité iranienne, le Gran Melia Ghoo (319 chambres deluxe, 7 restaurants, shopping, etc…) posée sur les bords de la Mer Caspienne dans le nord du pays. Grâce à Nima Davoodzadeh, vice-président en charge du développement chez Melia qui est d’origine iranienne, la chaîne espagnole a séduit un riche propriétaire/développeur local qui a décidé de lui confier la gestion d’une dizaine d’autres unités à construire ou convertir. "Nous avons des projets partout dans le pays sous les enseignes Mélia, Gran Mélia, Innside by Melia aussi."
Mêmes ambitions pour le groupe Rotana, originaire d’Abu Dhabi. Son CEO, Omer Kaddouri nous détaillait récemment sa feuille de route. "Nous avons quatre unités en cours de développement qui porteront l’enseigne Rayhaan Hotels & Resorts (hôtels sans alcool). En 2017 et 2018, nous opérerons à Mashad un hôtel de 362 chambres et un autre de 275. A Téhéran, nous ouvrirons dès 2018, un 5* de 194 chambres et un 4* de 210 chambres. Nous misons aussi sur les appart’hôtels."
Qu’elles soient originaires du Moyen-Orient, de Chine, de Turquie, de Russie ou d’Europe, les chaînes hôtelières internationales considèrent toutes l’Iran comme un nouvel eldorado. Y compris les grands groupes américains même si, cette fois encore (comme Cuba avant la levée récente de l’embargo), ils devront se contenter de regarder passer le train dans la plus grande frustration. Le mois dernier, Washington a en effet voté pour une prolongation de 10 ans de certaines sanctions contre l’Iran, empêchant les entreprises américaines d’investir dans le pays. Cela inclus Airbnb.
Source : L'écho touristique
La commission conjointe chargée de superviser son application se réunit le 10 janvier à Vienne. Sous la pression du Congrès, Donald Trump pourrait durcir le ton avec l’Iran.
Le president iranien Hassan Rohani (à droite), rencontre Yukiya Amano, le directeur général de l’agence internationale de l’énergie atomique, le 18 décembre 2016. / HO/AFP
Depuis son entrée en vigueur le 16 janvier 2016, l’Agence internationale de l’énergie atomique(AIEA) basée à Vienne, vérifie et contrôle la mise en œuvre par l’Iran des engagements pris dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC) conclu, le 14 juillet 2015, avec les puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).
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Yukiya Amano, directeur général de l’AIEA, en rend compte au Conseil des gouverneurs de l’agence et au Conseil de sécurité de l’ONU dans ses rapports trimestriels, le dernier, en date du 10 novembre 2016.
Au cours d’une visite à Téhéran, en décembre 2016, Yukiya Amano s’est déclaré « satisfait de l’application de l’accord ». De son côté, le président iranien Hassan Rohani a affirmé le 1erjanvier que Téhéran remplirait la dernière partie de ses engagements concernant l’installation de Fordou, d’ici à la date anniversaire de l’entrée en vigueur de l’accord.
Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a réclamé la réunion de la commission conjointe chargée de superviser l’application de l’accord, en raison du renouvellement pour dix ans par le Congrès américain de l’Iran Sanctions Act (ISA), qualifié par lui de « violation ».
En réalité, le renouvellement de cette législation promulguée le 14 décembre, sans être signée par Barack Obama, n’a pas affecté la levée des sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire prévues par l’accord et qui restent suspendues par l’administration Obama. En revanche, d’autres sanctions, liées au terrorisme, aux droits de l’Homme et au programme balistique iranien, restent en place.
Selon Téhéran, le maintien de ce régime de sanctions, même si elles sont suspendues, pénalise ses relations économiques avec le reste du monde, les banques hésitant à travailler avec l’Iran. Fin décembre, le président Rohani a agité la menace d’entamer « la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime ».
Le président-élu a fustigé « le pire accord » jamais conclu par les États-Unis mais il semble hésiter à le dénoncer, ce qui provoquerait une crise, non seulement avec l’Iran mais aussi avec les Européens, la Russie et la Chine, favorables à son maintien.
► RELIRE Les divergences annoncées de l’équipe Trump
Son équipe apparaît divisée sur la question, avec un secrétaire à la Défense, James Mattis, plutôt favorable à l’accord, et un conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, très hostile. Sous la pression d’un Congrès viscéralement hostile à l’Iran, Donald Trump risque de le fragiliser en s’abstenant de mettre son veto ou d’utiliser son pouvoir de suspension à l’égard de nouvelles sanctions votées par les parlementaires. Sous prétexte de contrer les activités déstabilisatrices de l’Iran au Moyen-Orient, une escalade entre Washington et Téhéran mettrait l’accord en péril.
Cela fait d’ailleurs « plus de 12 mois que nous allons tous les mois à Téhéran afin de rencontrer l’écosystème des Télécommunications », ajoute d’ailleurs l’entrepreneur. Des voyages que la CCI de Paris organise régulièrement. « Nous sommes dans une phase de redécouverte du marché avec la levée des sanctions », indique Estelle Gilot-Valet du service Afrique & Moyen-Orient de la CCI Paris.
Des échanges qui font gagner beaucoup de temps à la délégation d’entreprises françaises. « La Chambre de Commerce en Iran est très puissante […] Nous sommes leurs interlocuteurs privilégiés », ajoute la responsable de la CCI. Les PME françaises ont dû néanmoins se préparer au travers d’ateliers organisés par la CCI. « On est vraiment sur des missions de prise de contact afin d’établir des partenariats et de développer une activité », souligne Estelle Gilot-Valet.
Pour en savoir plus, nous vous invitons à écouter ce numéro des Entrepreneurs du monde. Pour le prochain, Tancrède Blondé tentera de vous faire connaître un peu mieux l’Inde du business. Vaste projet.
L'Iran a qualifié 29 grandes compagnies européennes et asiatiques pour participer aux appels d'offres pour le développement des champs pétrolifères et gaziers du pays, ont rapporté hier les médias iraniens.
Parmi ces sociétés figurent le groupe français Total, l'anglo-néerlandais Shell, le néerlandais Shlumberger, l'Italien Eni, les russes Gazprom et Lukoil, les chinois CNPC et Sinopec international, les japonais Japan Petroleum Exploration et Mitsubishi, ainsi que les sud-coréens Korea Gas Corporation et Posco Daewoo et le malaisien Petronas.
Le ministère iranien du Pétrole prévoit de lancer prochainement une série d'appels d'offres, en utilisant les nouveaux contrats IPC (Iranian Petroleum Contract), pour le développement de champs pétrolifères et gaziers du pays, mais aucune date n'a encore été fixée. L'Iran espère que son nouveau modèle de contrat attirera les investisseurs étrangers et lui permettra d'augmenter sa production. Le lancement de ces contrats IPC avait déjà été repoussé plusieurs fois, à cause de l'opposition des rivaux du président iranien Hassan Rohani à tout contrat remettant en cause le système de rachats de production, qui empêchaient les firmes étrangères de détenir une participation dans les compagnies iraniennes. Les termes de ces nouveaux contrats sont plus souples car ils prennent en compte la fluctuation des prix du pétrole et les risques d'investissements, a expliqué à Reuters un ancien responsable pétrolier iranien en novembre.
Protocoles d'accord
L'entrée en vigueur de l'accord nucléaire avec les grandes puissances le 15 janvier 2016 et la levée d'une partie des sanctions internationales a permis à l'Iran de reprendre contact avec les compagnies internationales qui avaient quitté le pays à cause de la crise nucléaire.
D'ores et déjà, des protocoles d'accord ont été signés avec plusieurs compagnies internationales. Total a conclu début novembre à Téhéran un accord de 4,8 milliards de dollars pour l'exploitation du grand champ gazier Pars-Sud, situé dans le Golfe, devenant la première grande compagnie occidentale du secteur pétrolier et gazier à revenir en Iran. Début décembre, trois protocoles d'accord ont été conclus avec Shell pour explorer les possibilités de production des champs pétroliers d'Azadegan-Sud, de Yadavaran, et du champ gazier Kish (Sud). Gazprom a quant à lui signé le 13 décembre deux protocoles d'accord en vue de développer les champs pétroliers iraniens de Cheshmekosh et Changouleh (Ouest). Au total, l'étude de prospection de sept champs a été confiée à des sociétés russes.
Le groupe japonais Inpex est en lice pour le développement d'un important gisement pétrolier en Iran, rapporte mercredi l'agence de presse japonaise Kyodo, Téhéran cherchant à accroître sa production pétrolière depuis la levée des sanctions occidentales.
Inpex, principal exploitant pétrolier japonais, est un candidat solide pour ce projet après avoir signé un protocole d'accord pour étudier le développement du gisement d'Azadegan, écrit l'agence Kyodo, citant Noreddin Shahnazizadeh, directeur de l'Iran Petroleum Engineering and Development Company.
Un porte-parole d'Inpex a refusé de commenter l'information. L'agence Kyodo a ajouté que le français Total, l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, le malaisien Petronas et le chinois National Petroleum Corporation (CNPC) avaient également signé des protocoles d'accord similaires.
Inpex avait été contraint en 2010 d'abandonner une participation dans le gisement pétrolier d'Azadegan en raison de sanctions occidentales contre l'Iran sur son programme nucléaire.
L'agence iranienne Shana a rapporté lundi que Téhéran avait présélectionné 29 compagnies pétrolières, dont cinq firmes japonaises, pour participer à des projets pétroliers et gaziers via les nouveaux contrats de pétrole iranien (IPC).