jeudi, août 12, 2010

Toyota stoppe ses exportations vers l'Iran

Toyota stoppe ses exportations vers l'Iran

Le constructeur automobile japonais Toyota a décidé de cesser les exportations de ses voitures, et notamment de son 4X4 Land Cruiser, vers Téhéran, pour une durée non définie. Son porte-parole, Keisuke Kirimoto, a admis que le groupe surveillait les menaces internationales qui pèsent sur l'Iran. Les Nations Unies ont en effet adopté au mois de juillet de nouvelles sanctions touchant aux activités bancaires et énergétiques du pays.

Cette décision est largement symbolique, puisque d'après les chiffres de la chaîne de télévision américaine CNN, seuls 222 véhicules ont été vendus au total au mois de mai en Iran, et à peu près le même nombre d'unités pour toute l'année 2009.

lundi, juillet 19, 2010

L'Allemagne enquête sur une banque iranienne

L'Allemagne a annoncé lundi enquêter sur les agissements d'une banque basée à Hambourg et liée à l'Iran, qui aurait violé les sanctions internationales imposées à Téhéran.

Le porte-parole du ministère allemand des Finances Michael Offer a précisé que Berlin n'était pas au courant d'infractions commises par la banque irano-européenne Trade Bank AG, mais les autorités allemandes menaient une enquête sur les accusation du "Wall Street Journal".

Le quotidien affirme que la banque fait des affaires en Iran avec des entreprises qui figurent sur la liste noire des Nations unies et de l'Union européenne.

Une porte-parole de la banque a précisé qu'un communiqué serait diffusé lundi soir. Cette banque a été créée il y a 30 ans et s'occupe de financer le commerce international avec l'Iran.

Source : Associated Press (AP)

dimanche, juin 20, 2010

Comment l'Iran contourne l'embargo sur les ventes d'armes

Comment l'Iran contourne l'embargo sur les ventes d'armes
LEMONDE.FR du 8 juin 2010

Officiellement, un embargo international interdit à l'Iran d'exporter des armes. Une interdiction toute relative, à en croire une enquête du New York Times, qui montre à quelles techniques l'Iran a recours pour contourner cet embargo.

Une vidéo d'animation raconte un exemple typique : en 2008 naviguait un bateau appelé Iran Mutafeh et appartenant à l'IRISL, la compagnie maritime nationale de l'Iran. Mais quand, en janvier 2009, ce bateau s'arrête quelques heures à Durban (Afrique du Sud) pour embarquer un hors-bord potentiellement armé de torpilles, il s'appelait le Diplomat et, d'après ses papiers, avait été racheté par la Starry Shine, une compagnie internationale. En quelques mois, les Etats-Unis se sont rendus compte que la Starry Shine avait été inventée par l'IRISL pour contourner les contrôles américains.

Mais il était trop tard. Ce même bateau a ensuite été repéré pour la dernière fois en avril 2009 au large de Karachi : il s'appelait The Amplify et appartenait à une compagnie de Hongkong du nom de Smart Day. Mais, encore une fois, l'IRISL était derrière.

D'après le New York Times, cette histoire n'en est qu'une parmi d'autres qui ont permis à l'Iran de contourner la liste noire créee en 2008 par les Etats-Unis et qui réunit tous les bateaux de l'IRISL, en occultant les véritables propriétaires des navires dans un réseau de sociétés écrans qui s'étend à travers l'Europe et l'Asie. Ainsi, "l'Iran garde une longueur d'avance sur ses poursuivants. Ce jeu du chat et la souris prouve les difficultés de l'application des sanctions", commente le quotidien américain.

Toujours d'après le journal, sur les 123 navires de l'IRISL repertoriés, seuls 46 appartiennent encore officiellement à la compagnie iranienne. Quatre ont été sabordés et les 73 restants sont désormais inscrits comme détenus et exploités par des sociétés ne figurant pas sur la liste noire des Etats-Unis. Quant aux entreprises écrans, elles sont "situées loin de l'Iran, dans des endroits comme Malte, Hongkong, Chypre, l'Allemgne ou l'île de Man (Grande-Bretagne)". Selon le New York Times, parmi ces 73 navires, 63 auraient des liens avérés avec l'IRISL.

La Suisse a refusé 30 exportations de biens problématiques à l'Iran

La Suisse a refusé 30 exportations à l'Iran depuis le début des premières sanctions de l'ONU à l'encontre de ce pays à cause de son programme nucléaire en décembre 2006. Selon le Secrétariat Suisse à l'économie (SECO), ces contrats non réalisés se seraient chiffrés à environ 6 millions de francs.

Il s'agissait "de biens problématiques eu égard au risque de prolifération", pouvant servir à la production d'armes de destruction massive, a indiqué Jean-Daniel Gerber, directeur du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), dans la "NZZ am Sonntag". En tant que membre de l'ONU, la Suisse se conforme aux sanctions prononcées contre Téhéran.

Pour Jean-Daniel Gerber, il est toutefois "intéressant" de constater que les exportations à destination de ce pays "sont restées constantes" entre 2005 et 2009 en dépit des sanctions. Les livraisons annuelles atteignent au total quelque 800 millions de francs.

Une entreprise iranienne ouvre un bureau à Cuba

Tad.Co, groupe spécialisé dans les systèmes d'arrosage pour l'agriculture, est devenue la première entreprise à ouvrir un bureau à Cuba, nouveau signe du rapprochement entre deux des bêtes noires des Etats-Unis, a rapporté samedi l'hebdomadaire Opciones. Selon le journal, la compagnie aurait déjà vendu plus de 3.000 systèmes d'arrosage en sept ans à Cuba. L'an dernier, les deux pays ont signé un accord pour la production d'appareils électroménagers destinés au marché cubain, mais aussi pour exporter vers l'île du matériel ferroviaire et d'autres produits dans le cadre d'un crédit iranien porté de 272 à 680 millions de dollars.

Le Trésor américain adopte de nouvelles sanctions contre l'Iran

Reuters, Mercredi 16 juin, 22h45

Le Trésor américain a annoncé de nouvelles mesures visant à accroître la pression financière sur l'Iran afin de le pousser à donner des gages sur son programme nucléaire.

Ces nouvelles mesures visent à renforcer le quatrième train de sanctions contre la République islamique adoptées mercredi dernier par le Conseil de sécurité de l'Onu.

Les Etats-Unis ont ajouté à leur "liste noire" une 16e banque iranienne, la Banque postale d'Iran, contrôlée par l'Etat iranien, ainsi que cinq compagnies maritimes servant de sociétés-écrans pour contourner de précédentes sanctions à l'égard de la compagnie nationale et enfin les commandements des Gardiens de la révolution chargés de l'armée de l'air et des missiles.

Les transactions depuis les Etats-Unis sont interdites avec les entreprises inscrites sur cette liste et les avoirs qu'elles pourraient posséder sous juridiction américaine sont gelés.

Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a déclaré lors d'un point de presse que des mesures supplémentaires visant à accroître la pression financière sur Téhéran seraient prises au cours des prochaines semaines.

"Nous continuerons à cibler le soutien iranien à des organisations terroristes. Nous continuerons à nous concentrer sur les Gardiens de la révolution", a-t-il indiqué.

"Et nous continuerons à mettre en évidence les efforts de l'Iran pour échapper aux sanctions internationales", a-t-il ajouté.

L'UE renforce ses sanctions contre l'Iran

Reuters, Jeudi 17 juin, 15h31

Les dirigeants de l'Union européenne ont décidé d'infliger de nouvelles sanctions à l'Iran, notamment des mesures destinées à bloquer les investissements dans le secteur de l'énergie.

L'objectif de ces mesures, qui vont au-delà de celles adoptées le 10 juin par le Conseil de sécurité des Nations unies, est d'accroître la pression sur l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Le nouveau train de sanctions, qui pourrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines, touche les secteurs du commerce, de la banque, de l'assurance, du transport, notamment maritime, et aussi de l'énergie.

Concernant le pétrole et le gaz, le texte adopté par les Vingt-sept prévoit d'interdire "de nouveaux investissements, transferts de technologies, équipements et services au sein de ces secteurs, notamment dans le domaine du raffinage et de la liquéfaction du gaz naturel".

"Le Conseil européen regrette profondément que l'Iran n'ait pas saisi l'une des nombreuses occasions qui lui ont été données de dissiper les inquiétudes de la communauté internationale concernant la nature de son programme nucléaire", disent les dirigeants européens. "Dans ce contexte, la mise en oeuvre de nouvelles sanctions est devenue inévitable", ajoutent-ils.

Opposée à une escalade des sanctions envers la République islamique, la Russie a critiqué la décision de l'UE, ainsi que la position des Etats-Unis, favorables également à des mesures plus sévères que celles arrêtées récemment par l'Onu.

"Nous sommes extrêmement déçus que ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne n'aient entendu nos appels à s'abstenir de prendre de telles dispositions", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l'agence Interfax.

samedi, mai 15, 2010

L’empire économique des pasdarans

Résistible ascension des gardiens de la révolution iranienne : L’empire économique des pasdarans

Source : Le Monde diplomatique, février 2010

Alors que l’Iran célèbre ce mois-ci le trente et unième anniversaire de sa révolution, le mouvement d’opposition qui s’affirme depuis juin 2009 met en relief les bouleversements sociaux opérés dans le pays. Confronté à ces transformations et à la crise actuelle, le régime hésite entre le compromis et la répression. L’évolution des pasdarans reflète les aléas de la révolution islamique elle-même.

Par Behrouz Arefi et Behrouz Farahany, Éditorialiste de journaux iraniens sur la Toile

Peu après l’avènement de la République islamique d’Iran, en 1979, la désorganisation de l’armée héritée du régime monarchiste et la crainte d’un coup d’Etat incitèrent l’ayatollah Ruhollah Khomeiny à créer une autre force militaire. Fondée le 22 avril 1979, cette dernière fut appelée « armée des déshérités », puis légalisée par l’article 150 de la Constitution sous le nom de Sepah-e Pasdaran-e Enghelab-e Islami (« corps des gardiens de la révolution islamique »). Sa mission : « Sauvegarder la révolution islamique, la sécurité et l’ordre public. »

L’aggravation de la crise interne au régime en 1980-1981, l’élimination de M. Abolhassan Bani Sadr, son premier président, et le déclenchement par les Moudjahidines du peuple (1) d’une révolte armée conduiront les pasdarans à mener la répression pour asseoir le pouvoir de Khomeiny. Quand l’Irak déclare la guerre à l’Iran, en septembre 1980, ils s’affirment comme la seule force organisée en mesure de défendre le régime, tant à l’intérieur que sur le front. Les pasdarans interviennent dans l’élaboration des plans de guerre comme dans le contrôle des importations de denrées servant au système de rationnement. Ils assurent la protection des responsables de l’Etat et participent aux comités révolutionnaires se réclamant de l’imam.

Le démantèlement de l’opposition radicale et les premières victoires sur le front irakien entraînent la fin de la période « révolutionnaire » iranienne : dans une déclaration en huit points datée du 6 décembre 1982, Khomeiny reconnaît la légitimité de la propriété et du secteur privés, et demande aux pasdarans de se concentrer sur l’effort de guerre.

En 1989, après la mort du fondateur de la République islamique, les pasdarans favorisent les élections de M. Ali Khamenei au poste de Guide suprême (2) et de M. Hachémi Rafsandjani à la présidence. Et si, dans les années 1990, leur organisation perd en influence politique, elle raffermit son emprise économique sur le pays. L’article 147 de la Constitution stipule en effet : « Le gouvernement doit utiliser, en période de paix, le personnel et les moyens techniques de l’armée dans le cadre des activités d’assistance, d’éducation, de production, et du djihad de la construction, en parfait accord avec les mesures de la justice islamique, sans que cela porte atteinte à sa capacité de combat. » Créé en 1990, le Khatam Al-Anbia (quartier général de la construction), connu aussi comme « complexe Ghorb », coordonne les activités des multiples sociétés chapeautées par les pasdarans.

La montée en puissance des proches de M. Rafsandjani, qui amassent des fortunes, alerte M. Khamenei et les milieux conservateurs. Quand, en mars 1996, les « réformateurs » de M. Rafsandjani effectuent une percée au premier tour des élections pour la cinquième Assemblée islamique, le Guide appelle les pasdarans à la rescousse. M. Khamenei ne possède ni le charisme, ni l’aura politique, ni même l’autorité religieuse d’un Khomeiny, et il a besoin de soutiens. Dans un discours remarqué, le 6 avril 1996, le général Yahya Rahim Safavi, commandant en chef, annonce : « Nous devons entrer en scène pour ce second tour, et, avec notre vote, ne pas permettre qu’un seul libéral susceptible de créer des complications pour le peuple et le pays arrive à l’Assemblée (3). »

Cette intervention renverse les rapports de forces au sein du régime et arrête la progression des « réformateurs ». L’élection surprise de M. Mohammad Khatami à la présidence, en 1997, aux dépens du candidat des conservateurs, n’en montre pas moins l’instabilité de l’équilibre.

Durant les deux mandats de M. Khatami (1997-2005), les pasdarans s’engagent contre ses réformes. Dans le même temps, ils contrôlent le tiers des importations iraniennes, à partir d’une soixantaine de quais construits sur les rives du Golfe et d’une dizaine d’aéroports — dont celui de Payam, proche de Téhéran et appartenant officiellement au ministère des postes et télécommunications —, ainsi que de « vingt-cinq quais [de dédouanement] sur l’aéroport international de Mehrabad », selon une déclaration faite en 2007 (4) par M. Mohammad Ali Mochafegh, l’un des conseillers de M. Mehdi Karoubi, ancien président du Parlement.

Comme nombre de ministres et de secrétaires d’Etat appartiennent au commandement des pasdarans, Khatam Al-Anbia obtient par exemple, sous le mandat de M. Mahmoud Ahmadinejad à la mairie de Téhéran (2003-2005), la réalisation de travaux publics d’envergure, dont l’autoroute et le métro, pour un montant de 2,2 milliards de dollars. En 2005, le poids des pasdarans se trouve encore renforcé lorsque les partisans de M. Khatami, divisés, sont défaits, et que M. Ahmadinejad remporte la présidentielle contre M. Rafsandjani — ce dernier symbolisant aux yeux de beaucoup l’affairisme.

Une machine de guerre inutile ?

Selon le blog de M. Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, Ghorb contrôle à présent plus de huit cents sociétés, actives dans de multiples domaines : armée (avec la fabrication de fusées et de missiles) ; construction et développement (projets de routes, barrages, mines, infrastructures d’irrigation, etc.) ; pétrole et gaz (le groupement s’est vu attribuer, en juin 2009, la construction d’un oléoduc de six cents kilomètres vers l’Inde, pour 2,2 milliards de dollars) ; communications (à l’été 2009, le consortium Tosseh Etemad Mobin, lié aux pasdarans, a pris le contrôle de plus de 50 % de la compagnie étatique de télécommunication Sherkat Mokhaberat Iran, sans aucun appel d’offres — coût de la transaction : 8 milliards de dollars) ; finances (la transformation en banques des deux caisses de crédit de bienfaisance des pasdarans et des bassidji — « volontaires », miliciens — est en bonne voie).

Dernier projet présenté par les pasdarans en novembre 2009 : la construction du chemin de fer de Chah Bahar, dans le sud-est du pays, pour 2,5 milliards de dollars. « Nous ne sommes pas une machine de guerre inutile (...) en période de paix (5) », commente sobrement le général Mohammad Ali Djafari. Mais il se sent obligé de répondre, dans la presse et au Parlement, aux critiques comparant ses activités à celles de la Mafia : « Les mafias militaires que l’on voit dans beaucoup de pays, notamment chez certains de nos voisins, et Sepah [les pasdarans] n’ont absolument rien de comparable. »

Depuis les manifestations provoquées par l’élection frauduleuse de juin 2009 (6), les gardiens de la révolution jouent un rôle central dans la répression et le soutien à M. Khamenei. Leurs cent vingt-cinq mille membres sont répartis dans divers corps d’armée et contrôlent également les troupes de bassidji.

En octobre, le général Abdollah Araghi, commandant du corps Rasoul-ol-lah des pasdarans, a affirmé que son organisation avait assumé la responsabilité de la sécurité durant les mois qui ont suivi le scrutin (7). Quelques semaines plus tard, M. Yadollah Djavani, directeur du bureau politique des pasdarans, réclamait l’arrestation et la condamnation des chefs de l’opposition réformatrice, dont MM. Karoubi et Moussavi (8). Les pasdarans ont officiellement appelé la population, le 29 décembre, à manifester pour soutenir le Guide, en accusant ses opposants d’être des agents de l’étranger (9). Sur leur site Internet (Gerdab.ir), des photographies prises lors des manifestations sont accompagnées d’appels au « peuple musulman » à dénoncer les participants.

Néanmoins, l’opacité qui entoure l’élargissement de leurs activités aux champs économique et politique déplaît à divers courants pourtant favorables à la République islamique — le bazar de Téhéran, certains secteurs du privé ou des fractions politiques modérées. Et les pasdarans eux-mêmes ne sont pas exempts de divisions, une partie de leur base étant issue des milieux défavorisés et n’approuvant pas non plus cette orientation affairiste et coercitive. Ces divergences soulignent la difficulté du choix auquel fait face la République islamique, entre la recherche d’un compromis et la tentation de la répression.

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(1) Fondée en 1965, cette organisation s’est engagée dans la lutte contre le chah. Elle a participé à son renversement en 1979, avant de rompre avec l’ayatollah Khomeiny en 1981 et de s’engager dans l’opposition armée. Férocement réprimés, nombre de ses cadres se réfugient à l’étranger. En 1986, elle installera une base militaire en Irak (durant la guerre irano-irakienne) et fera alliance avec le régime de Saddam Hussein.
(2) Désigné par l’Assemblée des experts, le Guide suprême est le plus haut responsable politique et religieux, la figure la plus importante de la République islamique d’Iran.
(3) Kayhan, Téhéran, 17 avril 1996.
(4) www.aei.org/outlook/27433
(5) www.sepahnews.com
(6) Lire Ahmad Salamatian, « Dans le chaudron du pouvoir iranien », Le Monde diplomatique, juillet 2009.
(7) BBC en farsi, 4 octobre 2009.
(8) Sobh Sadegh, Téhéran, 21 novembre 2009.
(9) www.khabaronline.ir

Source ; http://www.monde-diplomatique.fr/2010/02/AREFI/18792 - février 2010

mardi, avril 20, 2010

L'Iran en faillite ?

Appauvri par les sanctions américaines, en février dernier, les autorités iraniennes avaient annoncé l’émission d’1 milliard d’euros d’obligations par l’une de ses grandes banques nationales. Après une première tranche de 250 millions d’euros émise le 6 mars dernier, une seconde tranche du même montant a été en vente.

Depuis la révolution islamique, l’économie iranienne a privilégié le commerce comme le voulaient les Bazaris, à l'origine de la révolution. L'Intelligencia iranien s'est également lancé dans l’import-export en profitant de leurs relations politiques pour s’octroyer des monopoles sur divers produits. Cette recherche de monopole commercial a été très nuisible à la production nationale qui est la source de revenus et de devises. Alors que l’Iran du Chah s’était bâti presque entièrement sans les pétrodollars du boom pétrolier, en mettant en place une politique d'industrialisation très forte, le nouveau régime s’est reposé presque entièrement sur les revenus pétroliers. Pour dégager des gains plus rapides, le nouveau régime a mis de côté l’extraction et la vente de baril au profit de la vente de droits d’exploitation aux compagnies étrangères. Le calcul était que le pétrole ne manquait pas, on pouvait indéfiniment vendre de nouvelles concessions aux étrangers pour assurer les dépenses de l’Etat.

Depuis qu’en 2006, Washington a renforcé ses restrictions à propos des investissements étrangers dans le domaine pétrolier iranien, cette stratégie a montré ses limites.

En l’absence des capitaux étrangers, Téhéran n’a pas pu prendre le relais car en confiant la production à des compagnies étrangères, il avait détruit le savoir faire iranien dans le domaine pétrolier. Sa première réaction pour prévenir la banqueroute a été d’adopter une loi autorisant la vente des industries-mères datant d’avant la révolution aux investisseurs étrangers. Mais en raison de l’instabilité de la situation politique, les étrangers n’ont pas sauté sur ces occasions en or.

Quand Washington a resserré l’étau en 2007 en adoptant des sanctions bancaires empêchant les transactions, le régime s’est éloigné des investisseurs étrangers et s’est mis à ponctionner les devises déposées sur les comptes bancaires des commerçants du Bazar.

La somme prélevée serait d’au moins 38 milliards de dollars, c’est-à-dire deux fois supérieure aux capitaux propres des banques semi-privatisées qui représentent moins de 20 milliards de dollars. La dette publique iranienne à l'égard des banques serait située entre 30 et 60 milliards de dollars (prélevé fin 2007).

Depuis janvier 2010, le gouvernement iranien a strictement interdit en Iran de retirer plus de 15 millions de tomans de liquidités (soit l'équivalernt de 14.000 euros) de son compte bancaire par jour ! Tout virement doit désormais transiter par un logiciel bancaire commun mis en place par la Banque Centrale. Le contrevenant sera accusé de blanchiment d’argent et en conséquence non seulement il se verra confisquer ses avoirs, mais il sera aussi contraint de payer une amende équivalente à 1/4 des revenus illicites (amende prélevée par la vente forcée de ses biens). Il sera également placé sous mandat d’arrêt international.

Le gouvernement a alors annoncé en février un grand emprunt d’un milliard d’euros sous forme d’obligations en euros destinées à des investisseurs étrangers. Le 6 mars, une première tranche de 250 millions d’euros d’obligations à trois ans a été émise avec un rendement de 8%. Ce taux est énorme car le rendement usuel des obligations à 3 ans est inférieur à 2%. Mais ce n’est pas seulement énorme, c’est aussi très grave.

On peut mesurer la gravité de la situation iranienne au travers du cas de la Grèce dont un des indices de sa faillite est le rendement très élevé de ses obligations à 10 ans : 7,5% au lieu de 3%. L’emprunt des mollahs à 8% au lieu de 2% indique une plus forte probabilité de défaillance de l’Etat iranien.

Source : Iran-resist.org

dimanche, avril 18, 2010

16e conférence internationale du Gaz naturel liquéfié organisé en Algérie


Créé en 2001 à Téhéran (Iran), le FPEG dont le siège a été installé à Doha (Qatar), compte 11 pays membres. Il s'agit de l'Algérie, la Bolivie, l'Egypte, la Guinée Equatoriale, l'Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinidad et Tobago et Venezuela auxquels se joignent deux pays observateurs, à savoir la Norvège et le Kazakhstan. 


La ville d’Oran devrait accueillir, au sein de son nouveau centre de conventions, les quatre mille délégués invités à la 16e conférence internationale du Gaz naturel liquéfié.

En effet, toutes les conditions humaines et matérielles ont été déployées afin d’assurer le succès de cette rencontre d’envergure internationale, même si le spectre du nuage islandais sur le continent européen a laissé planer le doute sur la défection de nombreux participants. Des participants qui, pour la plupart, se sont déplacés des quatre coins de la planète, puisque ce sont 62 pays d'Asie, d'Amérique, d'Europe, d'Australie et d'Afrique qui prennent part à cette rencontre. Des pays tels que les Etats-Unis, l'Espagne, l'Italie, la France, le Japon, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Norvège, l'Australie, la Chine, la Russie, la Malaisie, la Thaïlande, la Corée du Sud, le Qatar, les Emirats Arabes Unis, l'Egypte, Oman et l'Angola.

Cette conférence dont les travaux vont être ouverts par le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, va constituer un important événement regroupant les différents intervenants, experts et chercheurs nationaux et internationaux dans l'industrie du gaz pour échanger les expériences et les nouvelles données technologiques que connaît cette industrie.

15 ministres de l’Energie attendus

L’ordre du jour de la conférence porte, entre autres, sur les marchés et projets GNL, les développements commerciaux et techniques de cette industrie, la gestion des contraintes en matière de ressources et les problèmes que rencontrent les établissements GNL (opérations, entretien, vieillissement et formation) ainsi que les marchés de l’énergie compétitifs, tout ceci en attendant bien sûr, l’ouverture en parallèle, des travaux du 10e Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), dont la présidence est assurée par l’Algérie depuis le début de cette année 2010. Plusieurs ministres, dont 11 représentant les pays membres du forum, sont attendus également à cette rencontre prévue pour demain. Les participants, algériens et étrangers, auront à débattre, en plénière et en ateliers, des thèmes relatifs notamment à l'évolution du marché GNL dans le contexte de crise économique, les développements technologiques et les ressources non conventionnelles, les projets de GNL, les développements commerciaux et techniques, l'évolution des coûts d'investissements dans les projets de GNL ainsi que les questions liées à la sécurité et l'environnement. Les intervenants comptent également aborder les tendances en matière d'innovations techniques et commerciales, l'orientation du marché mondial du GNL, les tendances et les défis en matière d'économie d'échelle ainsi que les questions de sécurité, de gestion des actifs et de fiabilité associés aux installations vieillissantes. Plusieurs dirigeants de l'industrie mondiale GNL devraient intervenir pour débattre des thèmes et sujets prévus dans le programme de la conférence. Il s'agit, notamment, du ministre nigérian des Ressources pétrolières, Rilwanu Lukman, du vice-président du comité de gestion du groupe gazier russe, Alexander Medvedev, et du P-DG de la compagnie gazière qatarie, RasGas Company Limited, M. Hamad Rashid Al Mohannadi. D'autres responsables devraient également s'exprimer au cours de ce forum, dont des représentants d'institutions régionales et internationales ainsi que des managers de groupes gaziers internationaux. Dans un message adressé aux participants, le P-DG par intérim de Sonatrach, Abdelhafid Feghouli, a souligné que cette manifestation permettra à l'Algérie de partager avec la communauté mondiale son expérience en matière d'industrie gazière et ses expertises multiples dans le renforcement continu des capacités de liquéfaction du gaz naturel, la maîtrise des technologies et des opérations et les innovations générées dans la formation permanente pour l'acquisition des nouveaux savoirs et savoir-faire. Il faut dire que le marché spot du GNL enregistre, depuis 2009, une baisse importante des prix en raison de la hausse inattendue de la production gazière aux Etats-Unis, grand consommateur de cette énergie, favorisée par de nouvelles techniques d'extraction.
Le ministre a rappelé que ce forum, dont les pays membres assurent quelque 42% de la production totale mondiale du gaz et disposent de 73% des réserves mondiales de cette énergie, sera également une occasion pour dégager des recommandations « utiles » pour le marché international du gaz, notamment en ce qui concerne l'échange d'informations, de points de vue et d'expériences relatifs à tous les aspects de l'industrie gazière.
La 10e session du FPEG abordera, en outre, la possibilité de coopération avec les différents forums internationaux de l'énergie en vue de promouvoir l'industrie gazière et de renforcer son marché international, a-t-il encore indiqué.
M. Khelil a assuré, à ce titre, que la coopération avec des organismes comme l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et l'Agence internationale de l'énergie sera "fructueuse" pour le Forum et lui permettra d'atteindre ses nombreux objectifs. Pour rappel, ce forum se veut être une plate-forme d'études, d'échanges d'informations et d'expériences sur tous les segments de l'industrie gazière.
Créé en 2001 à Téhéran (Iran), le FPEG dont le siège a été installé à Doha (Qatar), compte 11 pays membres. Il s'agit de l'Algérie, la Bolivie, l'Egypte, la Guinée Equatoriale, l'Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinidad et Tobago et Venezuela auxquels se joignent deux pays observateurs, à savoir la Norvège et le Kazakhstan. 

Allant dans le sens de cette perspective, une étude initiée par l'Algérie et qualifiée de très importante par les pays membres, a été entreprise pour évaluer le bilan offre/demande de gaz naturel à moyen terme sur les principaux marchés de consommation. Les ministres vont donc débattre de ses conclusions dès demain, ce qui débouchera peut-être sur un plan d'action visant à élaborer une stratégie pour développer une véritable coordination entre pays membres, et ce afin d'anticiper les réactions des marchés gaziers.

Amel  Zemouri

Chine-Iran : Des échanges économiques en progression géométrique


Représentant l’accroissement continu de son poids commercial dans le monde, l‘économie chinoise est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l’Iran, soufflant la première place à l’Allemagne.
Source : Euronews, 1er avril 2010
Ce renforcement des liens commerciaux avec la Chine, l’Iran le doit essentiellement à son énergie : pétrole et gaz, dont l‘économie chinoise – reine mondiale de la croissance – est de plus en plus friande.
Entre 1995 et 2006, la progression des échanges commerciaux entre la Chine et l’Iran a été géométrique : passant de 300 millions d’euros en 1995 à 11 milliards d’euros onze ans plus tard. En 2009 ce chiffre est monté à 16 milliards d’euros.
La majeure partie des exportations chinoises vers l’Iran est constituée d’armes conventionnelles. Dans l’autre sens : le pétrole et le gaz.
Pourtant, malgré l’appétit de l‘économie chinoise en énergie, les importations de brut iranien en Chine ont diminué de 40% sur un an au cours des deux premiers mois de l’année 2010. L’Iran : troisième fournisseur de pétrole de la Chine l’an dernier est ainsi passé début 2010 au quatrième rang derrière la Russie.

L'Iran, "partenaire privilégié" du Sénégal


Sénégal : la tentation iranienne
LE MONDE | 15.04.10
Dakar, envoyé spécial

Le tapis chamarré se remarquerait à peine dans l'élégante salle de musique du palais présidentiel de Dakar, s'il n'était orné d'une inscription brodée bien visible sur l'un de ses côtés. Rédigée en français, elle n'échappe à aucun des invités du chef de l'Etat sénégalais :" offert par la République islamique d'Iran".


Sollicitude affichée envers des pays pauvres, contre soutien diplomatique à l'Iran : pour lutter contre son isolement, Téhéran a conclu cette alliance "stratégique" avec une dizaine de pays africains, de la Mauritanie au Zimbabwe en passant par le Congo-Kinshasa et le Soudan. Durant la seule année 2009, le continent a été gratifié d'une vingtaine de visites d'officiels iraniens.
Le Sénégal, qualifié de "partenaire privilégié" par Téhéran, est la tête de pont francophone de ce réseau africain tissé par l'Iran. Il est vrai que son président, Abdoulaye Wade, ne ménage pas ses efforts : il a effectué chaque année au moins une visite officielle à Téhéran depuis 2002. Le président iranien lui a rendu la politesse trois fois depuis quatre ans.

Pétrole, équipements, infrastructures : les Iraniens promettent beaucoup à un pays qui, dépourvu de sources d'énergie, a besoin de tout. En retour, le président sénégalais ne manque jamais une occasion pour "affirmer [son] soutien" à l'Iran et le créditer de sa bonne foi en matière de nucléaire.

Avec son aplomb légendaire, M. Wade a lancé le 26 novembre 2009 à Dakar devant son homologue M. Ahmadinejad : "Si quelqu'un me demandait si j'ai caché une bombe atomique dans mes caves, je n'aurais pas à le prouver. C'est celui qui accuse qui doit prouver. Dans le cas de l'Iran, on n'a rien prouvé jusqu'à présent." Et de renchérir : "Tant que l'Iran défendra sa liberté et son indépendance en disant qu'il n'enrichit pas d'uranium à des fins militaires, le Sénégal restera à son côté."

Le 13 mai, lors du vote sur la candidature de l'Iran au Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) de l'ONU, le Sénégal devrait figurer parmi ses avocats. La chaleureuse déclaration saluant une " nouvelle avancée dans les efforts déployés par l'Iran en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme " faite en février par le délégué sénégalais lors de l'"examen périodique universel" de l'Iran devant le CCDH ne laisse guère de doutes.
Pareille complaisance affichée au nom de la solidarité des musulmans ne heurte personne au Sénégal, au contraire. "Le soutien au droit de l'Iran au nucléaire est une cause populaire", assure un haut responsable de l'exécutif. L'islam sénégalais, confrérique et tolérant est à mille lieues du chiisme. Mais le président du Sénégal, dont le fils Karim a organisé le sommet de l'Organisation de la conférence islamique en 2008 à Dakar, a rompu avec la tradition de neutralité en s'affichant comme musulman. Même Abdou Latif Coulibaly, journaliste, grand pourfendeur du régime Wade, applaudit le président sur ce point. "Quand Wade accueille Ahmadinejad, il soulève l'enthousiasme des Sénégalais, car il a le courage de recevoir celui qui ose s'opposer à l'Occident." Pour Dakar, très dépendant de l'aide occidentale, soutenir Téhéran, c'est faire acte de souveraineté.


"Le Sénégal est libre de choisir ses amis", insiste Bamba Ndiaye, porte-parole du président Wade, qui justifie l'ouverture du pays à des partenaires comme la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Iran, par la volonté de "conquérir une indépendance encore inachevée". En choisissant l'Iran, "nous avons d'abord tenu compte de notre intérêt, analyse Madické Niang, ministre des affaires étrangères. Mais nous souhaitons aussi jouer un rôle de modérateur entre nos amis iraniens et la communauté internationale".

Illustration de ce nouveau partenariat économique, Téhéran promet de participer à la construction d'une "grande structure de stockage" d'hydrocarbures destinée à réaliser le rêve du régime de transformer Dakar en "hub pétrolier" pour l'Afrique de l'Ouest, ajoute M. Niang. Le chef de la diplomatie sénégalaise assure aussi qu'un accord d'approvisionnement pétrolier "avec une petite décote favorable " est en cours de négociation avec Téhéran.

L'ennui est que ces projets sont évoqués depuis 2006 et n'ont, jusqu'ici, connu aucune concrétisation. Pour l'heure, le principal hommage de l'Iran au Sénégal est une usine de montage automobile, inaugurée en 2008 par le constructeur iranien Khodro à Thiès, à 70 km de Dakar. Les voitures de marque Samand, dérivées de la 405 Peugeot, sont destinées à renouveler le parc des taxis dakarois à bout de souffle. Mais la gourmandise en carburant de ces berlines iraniennes plombe le chiffre d'affaires des chauffeurs qui se sont endettés pour les acquérir et manifestent aujourd'hui leur colère.

Ces déconvenues automobiles en annoncent-elles d'autres ? Les connexions iraniennes du Sénégal commencent à agacer Washington, l'un de ses principaux bailleurs de fonds. Dakar, il est vrai, ne craint pas de pratiquer le grand écart entre ses "amis".

A Washington, le 16 septembre 2009, après des années de négociation, a été signé en grande pompe l'accord permettant au Sénégal de bénéficier d'une aide de 540 millions de dollars (soit 395,5 millions d'euros) du "Millenium challenge account", un fonds d'aide aux pays pauvres mais vertueux créé par George Bush.


"Pour un demi-milliard de dollars, nous ne gagnons aucun soutien. A la place, nous obtenons un appui obséquieux à la position de l'Iran", grince Peter Pham, spécialiste américain des politiques africaines. Deux mois après cet adoubement par Hillary Clinton elle-même, le président Wade accueillait Mahmoud Ahmadinejad à Dakar en soutenant le droit de l'Iran au nucléaire.

Philippe Bernard

Les problèmes du programme Logan de Renault en Iran


L'Iran, point noir du programme Logan

Source : Les Echos du 15 avril 2010

En Iran, les prix de vente corsetés par le gouvernement compliquent la carrière industrielle de la Logan. En Inde, Renault s'apprête à couper les ponts avec son partenaire Mahindra, qui va reprendre à son compte la fabrication d'une Logan sensiblement raccourcie. 
15/04/10  ]

Moins de 50.000 voitures par an
Le gouvernement iranien, qui contrôle les deux assembleurs locaux avec lesquels Renault a signé, impose un strict plafond du prix de vente de la voiture, par souci de ne pas laisser filer l'inflation. Renault trouverait logique de remonter les tarifs, pour suivre l'évolution des salaires locaux et des coûts inhérents au montage des voitures à partir de pièces détachées importées. Mais le groupe français n'est pas maître de la situation à Téhéran.
Du coup, le système tourne à moins de 50.000 voitures par an (les ventes affichées par la marque étaient de 37.000 voitures l'année dernière), bien loin des 200.000 unités prévues. Et Renault privilégie les versions haut de gamme, pour sauver ses marges… Un comble pour cette voiture au départ synonyme du low cost et de l'accession à l'automobile dans les pays émergents.


Le poids grandissant de la gamme « économique »
Pour Renault, qui va ajouter avec le Duster un sixième modèle à sa gamme low cost, cette famille de produits à prix serrés représente déjà près d'un quart de ses ventes mondiales. Sur un total de 2,3 millions de véhicules livrés l'an dernier, 535.000 unités correspondaient à la Logan ou à ses quatre dérivés.  Les mêmes modèles sont badgés Dacia ou Renault selon les pays, le premier logo représentant 60 % des ventes et le second 40 %. Au total, depuis son lancement, fin 2004 en Roumanie, la gamme a dépassé le cap des 2 millions de véhicules livrés.
La rentabilité du programme n'est pas inférieure à celle d'autres véhicules, selon Renault, car les frais de développement sont serrés au maximum.

Daimler va stopper ses relations commerciales avec l'Iran


On est toujours heureux quand on offre quelque chose et Dieter Zetsche, le président du directoire du groupe allemand Daimler peut être joyeux, le constructeur des Mercedes devrait pouvoir à nouveau verser un dividende à ses actionnaires car la direction du groupe prévoit un résultat d’exploitation supérieur à 2,3 milliards d’euros cette année: toutes les divisions du groupe Daimler revenant en territoire positif en 2010.
Exceptées les perspectives économiques et les prévisions de résultats, la conférence de presse organisée mercredi, a été l’occasion pour Dieter Zetsche d’annoncer le désengagement du groupe Daimler d’Iran alors que la République islamique est menacée de sanctions en raison de son programme nucléaire.
“A la lumière des développements politiques actuels, nous allons ajuster nos relations commerciales avec l’Iran, a affirmé Dieter Zetsche. Ce qui veut dire renoncer à nos 30% de participation dans Iranian Diesel Engine manufacturing, filiale du groupe iranien Khodro Diesel”.
Pour 2010 et dans le monde entier, Daimler prévoit une hausse de ses ventes en volume supérieure à celle de l’ensemble du marché. Les ventes de Mercedes ont déjà augmenté de près de 27% sur un an au premier trimestre.
Au cours de l’assemblée générale annuelle de Daimler mercredi, Dieter Zetsche s’est engagé à distribuer un dividende équivalent à 40% du bénéfice net du groupe au titre de 2010, alors qu’aucun dividende ne sera versé pour 2009, une première depuis 14 ans chez Daimler.

Source : EuroNews

samedi, avril 10, 2010

Les traders pétroliers cessent de fournir l'Iran en carburants

Le Monde du 12.03.10

L'effet sera limité. D'autres courtiers, chinois ou russes, sont prêts à prendre le relais.

Alors que la communauté internationale peine à se mettre d'accord sur une nouvelle série de sanctions contre l'Iran, les pressions des élus américains en vue de durcir la législation punissant les entreprises occidentales faisant affaire avec Téhéran font sentir leurs premiers effets.

Ainsi, les grandes sociétés internationales de négoce pétrolier refusent désormais de traiter avec la République islamique. De surcroît, le Lloyd's, la première Bourse d'assurance-réassurance au monde, a anticipé d'éventuelles sanctions supplémentaires des Etats-Unis. Reste que les milieux diplomatiques n'entretiennent pas trop d'illusions sur l'efficacité de ces initiatives pour forcer l'Iran à renoncer à son programme nucléaire.

Vitol, Glencore et Trafigura : ces trois sociétés privées suisses sont les principaux négociants indépendants de pétrole au monde. Leur rôle consiste à faire le lien entre l'offre et la demande de matières premières et à prendre tous les risques liés à l'instabilité de ces marchés. Leur pouvoir sur le marché parallèle des carburants est impressionnant. Or, bien qu'il soit l'un des principaux producteurs de pétrole brut au monde, l'Iran doit importer 40 % de ses besoins en produits raffinés en raison de la vétusté de ses installations.

La décision des principales maisons de courtage de boycotter Téhéran est guidée par des considérations à la fois politiques, économiques et d'image. Le retrait par le trio suisse des appels d'offres organisés par la NIOC, la compagnie nationale iranienne des hydrocarbures, répond aux pressions accrues du Congrès américain. En vertu de nouvelles sanctions à l'étude à Washington, toute société impliquée en Iran se verrait interdire l'accès aux commandes très lucratives du ministère américain de l'énergie pour approvisionner ses réserves stratégiques.

Arrière-pensées

Par ailleurs, les arrière-pensées de relations publiques ne sont pas absentes après une série de scandales qui ont terni l'image de ces négociants outre-Atlantique. Vitol a été la cible d'une enquête - sans suite - à propos de son rôle dans le scandale entourant le programme des Nations unies « pétrole contre nourriture » en Irak. Glencore, lui, a été fondé par des anciens collaborateurs du légendaire trader Marc Rich, qui avait acheté du pétrole à l'Iran entre 1979 et 1981 alors que le pays était frappé d'embargo. Envisageant de s'introduire en Bourse, cette enseigne espère surmonter les préventions des investisseurs institutionnels américains appelés à acheter ses futurs titres en donnant des gages de soutien à la politique iranienne de Washington.

A en croire la revue énergétique Platts, le raffineur indien Reliance Industries et Shell Trading ont également arrêté leurs ventes en Iran. Parallèlement, le Lloyd's a fait savoir qu'en cas de sanctions unilatérales des Etats-Unis, navires et cargaisons de brut comme de produits pétroliers raffinés à destination de Téhéran ne seront plus assurés.

De l'avis général, en pratique, l'effet de telles mesures de rétorsion sera très limité. En effet, l'arrêt par les sociétés de trading comme par les grandes compagnies pétrolières de l'approvisionnement en carburants peut-être facilement contourné. A Dubaï, base arrière de la République islamique, existe un réseau de petits courtiers internationaux, essentiellement chinois mais aussi russes, et d'opérateurs proche-orientaux prêts à prendre le relais. Ainsi, le trader koweïtien Independent Petroleum Group est-il soupçonné d'avoir récemment détourné de l'essence indienne vers l'Iran. Accusations que le groupe dément.
Par ailleurs, Pékin, qui soutient diplomatiquement l'Iran, dispose de moyens de pression sur le Lloyd's, très actif à Shanghaï depuis 2007.
Marc Roche