vendredi, mai 05, 2017

L'Iran, un pays minier sous-équipé

L'Iran est très riche en minerais métalliques et non-métalliques, il dispose des premières réserves de zinc au monde, des neuvièmes en cuivre et des dixièmes en fer et en uranium. Sans compter les métaux rares ou précieux : titane, antimoine, or, argent.
 
L'Iran exporte d'ailleurs du cuivre, du minerai de fer et surtout de l'acier, pour diversifier ses sources de revenus, au-delà du pétrole. L'Iran exploite aussi pour fabriquer cet acier, du charbon.
 
Mais dix ans de sanctions internationales ont bien sûr empêché l'essor et la modernisation de l'industrie minière en Iran, autant qu'elles ont figé l'essor de l'industrie pétrolière. Depuis la levée de ces sanctions en janvier 2016, le gouvernement de Téhéran cherche à nouer des coopérations minières avec certains Etats, cherche à attirer les investisseurs étrangers d'Australie, du Canada, de Norvège, d'Autriche, du Japon, d'Allemagne. C'est la mission de l'Organisation de développement et de rénovation des mines et de l'industrie minière iraniennes, ou IMIDRO, qui multiplie les contacts à l'étranger.
 
40 milliards de dollars de projets miniers sont en jeu. La modernisation des mines existantes également. Mais la persistance de sanctions financières de la part des Etats-Unis ne facilite pas l'avancée de ces projets. Il est encore très difficile de vendre des équipements miniers à l'Iran, confiait un entrepreneur allemand, sur un salon, même s'il s'agit d'équipements de base pour sécuriser les mines.

Source : RFI, 5 mai 2017

La Normandie va exporter 300 vaches vers l'Iran

Les bovins élevés en Normandie, ne sont pas les fameuses laitières tachetées, mais des charolaises appréciées pour la qualité de leur viande. Les premières décolleront à partir de la mi-juin vers la Perse. Une aubaine pour les éleveurs en quête de nouveaux marchés.

La Normandie, quatrième région française pour l'élevage de bovins (2,2 millions de vaches au total), va exporter d'ici l'été un lot de 300 vaches en Iran. «Après six mois de travail, nous entrons dans la dernière phase de cet accord commercial», indique auFigaroHervé Morin, président de la région Normandie. Pour marquer cette avancée, les parties prenantes de l'opération se sont réunies ce jeudi matin sur l'exploitation agricole du président régional de la chambre d'agriculture, Daniel Génissel au Château d'Almenêches dans l'Orne en présence de Nathalie Goulet, sénatrice du département, de Jean-Louis Riotte, responsable du programme export des bovins, et de représentants iraniens impliqués dans ce contrat.

Ce projet de coopération est né à l'occasion d'un déplacement du président de la région française avec une dizaine de chefs d'entreprises normands en novembre 2016 en Iran. Objectif: y nouer des partenariats économiques et promouvoir les savoir-faire tricolores dans de nombreux domaines dont celui de l'agriculture.

Au cours de ce voyage, le propriétaire d'un abattoir important de Téhéran a manifesté auprès d'Hervé Morin son souhait d'acquérir 300 à 350 vaches normandes. Une opération rendue possible à la suite de la levée des sanctions internationales contre l'Iran en janvier 2015. 

Après plusieurs contacts entre les parties prenantes une première phase a pu se mettre en place pour concrétiser ce souhait: les lettres de crédits ont été sécurisées, les accords d'export de la part des autorités françaises ont été donnés ainsi que les accords d'imports des autorités iraniennes.

Reste à obtenir le visa sanitaire pour l'exportation des ruminants. Un représentant de l'industriel iranien doit rencontrer à ce sujet d'ici quelques jours le vétérinaire du ministère de l'Agriculture français.

20.000 vaches à terme

À partir de là, la sélection des premières bêtes pourra avoir lieu courant mai-début juin et le premier embarquement du bétail par avion débuter à partir de la mi-juin. 

Une chose est certaine, et contrairement à ce qu'on pouvait attendre, ces vaches ne sont pas celles de la race laitière de la région: la Normande, connue à sa robe blanche tachetée de marron. Elles seront toutes issues de troupeaux élevés dans la région. Dans un premier temps des vaches à viande de la race Charolaise.

«Toutes les bêtes de la première livraison seront normandes et l'intermédiaire qui a emporté le contrat, Jean-Louis Riotte, va créer une filiale en Normandie à Sées pour les sélectionner, remarque Hervé Morin. En outre, la société Norman Normandie Manutention à Vimoutiers sera sollicitée pour rénover les abattoirs iraniens qui ne sont plus en activité depuis plusieurs années». 

Un contrat qui pourrait monter en puissance. À terme le potentiel de l'abattoir de Téhéran doit être optimisé pour développer une filière viande de très haute qualité dans le Golfe persique à partir de la capitale iranienne. «20.000 têtes pourraient être commandées chaque année pour élargir son marché sur l'ensemble du Moyen-Orient», se réjouit Hervé Morin. Une aubaine pour les éleveurs normands à la recherche de nouveaux débouchés. En revanche sur le dossier du bien-être animal, rien n'est dit sur le mode d'abattage des bovins et s'ils seront anesthésiés ou étourdis avant de mourir!

Source : Le Figaro 4 mai 2017

vendredi, avril 14, 2017

Voyage inaugural dans le Golfe du plus gros paquebot d’Iran


Le premier paquebot opéré par l’Iran depuis sa révolution islamique de 1979 a achevé son voyage inaugural jeudi dans les eaux du Golfe, jetant l’ancre dans le port de l’île de Qeshm, a indiqué un responsable du port.

Le Sunny, de fabrication suédoise, a transporté plus de 200 passagers pour ce périple de 127 km entamé à Kish, l’autre principale île de villégiature d’Iran.

Ce bateau de 9 étages mesure 176 m de long et 23 m de large, et pourra transporter jusqu’à 1.600 passagers et 200 véhicules pour des croisières de quatre à sept jours entre les deux îles.

Il dispose de deux salles de cinéma, de restaurants, d’une piscine et d’une salle de conférence, a déclaré Pejman Bahrami, responsable des ports et transports maritimes de l’île de Qeshm.

« Nous espérons que ce premier voyage entre Kish et Qeshm va encourager le tourisme sur ces îles, accroître le nombre de voyageurs et empêcher que des millions de dollars ne soient dépensés à l’étranger », a-t-il affirmé selon le site de la zone franche de Qeshm.

En dépit de ses plages de sable blanc, l’Iran ne peut rivaliser avec d’autres destinations du Golfe comme Dubaï en raison de restrictions telles que l’interdiction de consommer des boissons alcoolisées et de danser.

Depuis la levée de sanctions internationales en vertu d’un accord nucléaire conclu en 2015 avec des grandes puissances, le gouvernement modéré du président Hassan Rohani a fait du tourisme une priorité pour booster l’économie.

Le nombre de visiteurs avait déjà augmenté grâce à un dégel dans les relations internationales de l’Iran, passant de 2,2 millions en 2009 à 5,2 millions en 2015.

Le gouvernement envisage de construire 300 nouveaux hôtels au cours des cinq prochaines années dans le cadre des efforts pour améliorer les infrastructures touristiques.

source AFP-Relaxnews

lundi, mars 06, 2017

L'Iran pourrait accorder à Shell le développement du champ gazier de l'Ile de Kish

Source : www.xinhuanet.com

L'Iran compte accorder le développement de son champ gazier de Kish (sud) à la compagnie Shell des Pays-Bas, a indiqué dimanche un responsable iranien de l'énergie.

Le projet concernant le développement du champ gazier de Kish devait faire l'objet d'un appel d'offres, toutefois, aucune autre entreprise n'ayant approché l'Iran au sujet du projet, le pays pourrait entamer des négociations directement avec Shell, a déclaré Noureddin Shahnazizadeh, directeur général de Petroleum Development and Engineering Company.

Shell a déjà étudié le champ sur la base d'un accord qu'elle a signé avec la National Iranian Oil Company (NIOC), a fait savoir M. Shahnazizadeh, ajoutant que la société néerlandaise devrait terminer ses études sur Kish en juillet.

Une société iranienne a également exprimé son intérêt pour financer le développement du champ gazier de Kish, a-t-il poursuivi.

Le champ de Kish est situé sur l'île iranienne de Kish, dans le golfe Persique. Doté d'un réservoir de 70.000 milliards de pieds cubes, le champ devrait produire, une fois développé, environ quatre millions de barils de condensat, ainsi que neuf milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Selon les médias, l'Iran avait signé un accord cadre avec Shell en décembre dernier sur l'étude du champ gazier de Kish, ainsi que des champs pétrolifères d'Azadegan du Sud et de Yadavaran, qui se trouvent dans la province de Khouzestan (sud-ouest) riche en hydrocarbures.

samedi, mars 04, 2017

Les banques étrangères sont déjà à l'offensive pour tirer le meilleur parti de l'eldorado iranien

De la Chine à la Russie en passant par la Nouvelle-Zélande ou Singapour, les banques s'empressent de prendre position en Iran.

Les Iraniens n'ont pas attendu les banques françaises pour relancer leurs relations commerciales à l'international. Les banques russes, chinoises, et certains établissements allemands, italiens ou autrichiens se sont en effet précipités pour normaliser leurs échanges, sans craindre les foudres de Washington.

Au cours des seuls derniers mois de 2016, le gouverneur de la banque centrale d'Iran a signé des coopérations de financements bilatéraux avec Singapour, le Kirghizistan, l'Ukraine, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam ou encore la Malaisie et la Russie. Des banques japonaises, coréennes et indiennes ont ouvert des bureaux en Iran. Mais c'est l'arrivée, en novembre 2016, du poids lourd chinois, pays dont les banques ont les plus gros bilans dans le monde, qui a fait le plus parler d'elle. Bank of China, la banque commerciale de l'Etat chinois, a ouvert une succursale à Téhéran. Le gouverneur de la banque centrale d'Iran a aussitôt annoncé que les banques publiques de son pays ouvriraient des comptes chez ce nouveau partenaire stratégique, y compris pour des transactions en euros. 

Dans les Etats européens, où le tissu de banques de taille moyenne et non exposées aux Etats-Unis est plus dense qu'en France, la mobilisation des établissements est également forte. Outre-Rhin, l'institution publique KFW, la banque mutualiste Aka, ou encore l'Europäisch-Iranische Handelsbank, présente à Hambourg depuis quarante ans, financent des transactions commerciales avec l'Iran. Même engouement en Autriche, où Raiffeisen Bank, Erste Bank et Oberbank se sont connectées aux acteurs bancaires iraniens. Il faut aussi compter sur la plus grande banque belge, KBC.

PSA et Airbus recourent à des banques étrangères

Enfin, l'Italie, en dépit de la fragilité de son système bancaire, s'est fortement mobilisée aussi. L'assureur crédit transalpin, la Sace, avec Mediobanca, a signé dès l'été 2015 un accord pour soutenir le financement des relations commerciales entre leurs deux pays.

Dans ce contexte, le refus des grandes institutions financières françaises de s'engager trop vite, de peur de subir les foudres du régulateur américain, risque de les laisser à la porte de l'eldorado iranien. Il pourrait aussi altérer leur proximité avec leurs grands clients industriels français. PSA a dû faire appel à la banque italienne régionale Banca Popolare di Sondrio pour apporter les capitaux à son joint-venture avec le constructeur iranien Khodro. Airbus a trouvé un accord avec une compagnie de leasing du Moyen-Orient, Dubai Aerospace Enterprise, pour financer la commande de 77 avions par la compagnie nationale, Iran Air, sur un total de commande globale de 20 milliards de dollars. Plusieurs grands groupes, comme Orange, encore en phase de réflexion et de négociations avec leurs partenaires, pourraient se voir approcher par plus offrant.


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Bercy mobilisé pour renouer les relations bancaires avec l’Iran

Lors d’une première visite en Iran ce week-end, le ministre des Finances tentera de lever les sujets de tension. La Banque de France a demandé à La Banque Postale d’ouvrir un droit au compte à l’iranienne Tejarat.

C'est une première pour le ministre des Finances français. Michel Sapin entame ce samedi une visite de trois jours à Téhéran et Ispahan pour dégeler les relations financières entre la France et l'Iran. En jeu, les dizaines de milliards d'euros de financement de projetsinitiés par Airbus, Vinci, la SNCF, Total, Suez, CMA-CGM, PSA ou Alstom qui sont mis en risque par le refus des grandes banques françaises de financer de près ou de loin toute transaction commerciale avec l'Iran. Les récentes sanctions infligées par Washington, notamment à BNP Paribas, ont en effet laissé des traces. 

Sur sollicitation du Trésor, seules les banques de taille intermédiaire, Wormser et Delubac, se sont attelées à ce stade à financer le marché iranien en faisant crédit à des entreprises françaises exportatrices. Quant aux banques iraniennes qui ont relancé leurs activités à Paris depuis la levée des sanctions sur le nucléaire, Tejarat, la banque Melli, ou Saderat, elles ne trouvent aucun interlocuteur bancaire de taille majeure pour opérer des transferts de fonds sur une base normalisée.

Pour des raisons techniques, la Banque de France a demandé par le passé à La Banque Postale d'ouvrir un compte à la banque commerciale Tejarat. En visite à Paris fin janvier, Mohammad Ibrahim Moqaddam, le dirigeant de la banque commerciale détenue à 17 % par l'Iran, s'est félicité que  « les entreprises françaises puissent maintenant s'adresser directement à sa filiale parisienne pour envoyer et recevoir des paiements pour leurs transactions avec l'Iran ». Ali Mehrpour, le directeur des affaires internationales,  s'est félicité d'avoir établi des relations de correspondance « avec trois banques françaises à ce stade », dont La Banque Postale, comme l'a rapporté le quotidien iranien « Financial Tribune ». Pressée depuis plusieurs années de servir de courroie de transmission avec l'Iran - notamment par le sénateur Philippe Marini -, la banque publique circonscrit néanmoins son rôle.  « C'est un droit au compte conforme au droit international qui a été ouvert il y a un certain temps à la demande de l'autorité de tutelle », assure l'établissement. 

Transformer l'essai

La banque Tejarat a néanmoins de sérieuses ambitions en France. Reza Dolatabadi, membre de son conseil d'administration, a dit que,  « en tant que partenaire bancaire de Iran Khodro, l'allié de Peugeot dans le pays, Tejarat est prêt à émettre des lettres de crédit et d'autres garanties » pour leur joint-venture.  « Notre filiale parisienne joue un rôle important pour accroître ses services avec la partie française », a ajouté Ali Mehrpour. 

Michel Sapin a trois jours pour transformer l'essai. Cela passera par le déblocage de prêts du Trésor, qui butaient sur les réticences de son opérateur financier, Natixis. Ces prêts pourraient venir soutenir Alstom dans le cadre du projet de tramway de Téhéran, et Vinci, candidat au développement de l'aéroport d'Ispahan. Des accords cadres d'assurance crédit auxquels travaille bpifrance pourraient être définis. Enfin les discussions porteront sur la conformité aux règles en matière de lutte contre le financement du terrorisme, le directeur de Tracfin devant rencontrer son homologue iranien. L'enjeu est crucial : sortir l'Iran de la liste noire du Groupe d'action financière d'ici à juin. Avec, à la clef, l'ébauche d'une levée des réticences des banques françaises.


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mercredi, mars 01, 2017

Total discute d'un investissement dans le projet iranien LNG

 Total discute d'une participation de plusieurs milliards de dollars dans un projet iranien d'exportation de gaz naturel liquéfié, pas encore achevé.

La compagnie française a été la première des "majors" internationales à signer des contrats en Iran après la levée de sanctions occidentales contre la République islamique. Elle souhaite désormais investir dans Iran LNG avec un rabais, au tarif qui avait cours avant les sanctions, en échange de la relance du projet, ont dit deux sources informées de ces discussions.

Une troisième source a confirmé que Total était en lice pour une telle prise de participation, de même que d'autres grandes compagnies internationales, mais cette source a souligné que la conclusion d'un accord ne semblait pas imminente.

par Oleg Vukmanovic et Bate Felix

MILAN/PARIS (Reuters) - Total discute d'une participation de plusieurs milliards de dollars dans un projet iranien d'exportation de gaz naturel liquéfié, pas encore achevé.

La compagnie française a été la première des "majors" internationales à signer des contrats en Iran après la levée de sanctions occidentales contre la République islamique. Elle souhaite désormais investir dans Iran LNG avec un rabais, au tarif qui avait cours avant les sanctions, en échange de la relance du projet, ont dit deux sources informées de ces discussions.

Une troisième source a confirmé que Total était en lice pour une telle prise de participation, de même que d'autres grandes compagnies internationales, mais cette source a souligné que la conclusion d'un accord ne semblait pas imminente.

Total a refusé de s'exprimer sur le sujet. L'entreprise iranienne National Gas Export (NIGEC), actionnaire majeur du projet, n'a pas répondu aux sollicitations par courriel et par téléphone.

L'Iran partage avec le Qatar le plus important gisement de gaz au monde. L'émirat s'est doté de plus d'une dizaine de vastes sites de liquéfaction pour pouvoir exporter ce gaz par voie maritime, un exemple que l'Iran devrait suivre.

La partie iranienne du gisement, baptisée South Pars, contient plus de 14.000 milliards de mètres cubes de gaz, d'après le site internet de la Pars Oil and Gas Company.

L'Iran espère porter sa production de gaz à 1.000 milliards de mètres cubes d'ici 2018, contre 160,5 milliards en 2012, avant l'entrée en vigueur des sanctions les plus récentes.

Il ne dispose toutefois actuellement d'aucune capacité de refroidissement du gaz, étape nécessaire pour le transformer en liquide afin de le charger sur des navires.

Environ 2,3 milliards de dollars (2,17 milliards d'euros) ont été investis jusqu'à présent dans le projet Iran LNG, dont la construction est plus qu'à moitié achevée. L'investissement total pour faire fonctionner le site pourrait atteindre 10 milliards de dollars. 

Source : Reuters-Challenge

L'économie iranienne menacée, selon le FMI

L'économie iranienne est menacée par un "regain d'incertitude" lié aux relations avec l'administration Trump et au risque de nouvelles sanctions contre Téhéran, indique le FMI dans un rapport publié lundi.

"Le regain d'incertitude concernant les sanctions assombrit le climat des affaires", écrit le Fonds monétaire international dans son rapport annuel sur l'économie iranienne.

Depuis l'entrée en vigueur en janvier 2016 de l'accord conclu avec les principales grandes puissances --dont les Etats-Unis--, l'Iran a profité d'une levée des sanctions liées à son programme nucléaire controversé qui plombaient son secteur pétrolier.

"Une production et des exportations de pétrole plus fortes, après la levée des sanctions nucléaires en janvier 2016, ont conduit à un fort rebond de la croissance", écrit le FMI.

Selon ses estimations, le produit intérieur brut iranien a progressé de 6,5% en 2016 après s'être contracté de 1,6% l'année précédente.

L'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a maintes fois dénoncé un accord nucléaire "désastreux" avec l'Iran, pourrait toutefois menacer ce fragile rétablissement.

Début février, l'administration américaine a imposé de nouvelles sanctions liées au programme de missiles balistiques iranien et accusé Téhéran d'être le plus grand soutien "du terrorisme" sur le globe.

"Le regain d'incertitude entourant le JCPOA (l'accord nucléaire, ndlr) et spécialement les relations avec les Etats-Unis pourraient décourager l'investissement et le commerce avec l'Iran et court-circuiter la reprise", souligne le FMI dans son rapport.

Selon l'institution, la croissance iranienne serait ainsi "négativement" affectée par des sanctions qui freineraient l'arrivée de capitaux étrangers et "déconnecteraient" l'Iran du système financier international.

Les grandes banques sont déjà hésitantes à retourner en Iran, qui reste notamment sous le coup de sanctions occidentales pour ses violations des droits de l'Homme.

Dans un communiqué publié en annexe du rapport, le représentant iranien au FMI Jafar Mojarrad affirme d'ailleurs que les sanctions américaines encore en vigueur et l'incertitude "freinaient" encore le retour des grandes banques et les investissements "de grande ampleur".

Source: Le Figaro

mardi, février 28, 2017

L’INCONTOURNABLE TRIANGLE DU MENA : TURQUIE, IRAN, ÉGYPTE

Le mois de février 2017 aura vu le premier leader politique d’Israël passer rencontrer son homologue à Washington. Cette première visite officielle entre les deux politiciens n’aura pas fait disparaître les incertitudes sur l’avenir du Middle East North Africa (MENA) comme région sensible du monde. Mais ce qui est une certitude, c’est que les trois pays de pointe du triangle géographique Turquie, Iran, Égypte s’imposeront comme incontournables politico-économiques d’ici 2025 et au-delà.

Cela essentiellement pour des raisons démographiques. Pour 2025, les démographes annoncent déjà que l’Égypte dépassera les 100 millions d’habitants et la Turquie comme l’Iran les 90 millions.

Le monde actuel
ne compte que 11 pays
dépassant 100 millions
d’habitant

À eux trois, ils seront de loin les pointes stratégiques d’une région de plus de 600 millions de population, surpassant encore plus celle de l’UE(500 M en 2017). Mais une région triangulaire qui encadrera en son centre une trop longue liste de pays déstabilisés et imprévisibles : Irak, Syrie,Israël-Palestine, Chypre et Liban, en plus de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, du Koweït, desÉmirats arabes unis, du Qatar et de la Jordanie, dont aucun n’approchera leur démographie respective.

À eux trois, ils compteront notamment les trois plus imposantes mégalopoles du MENA : Le CaireIstanbul et Téhéran, qui sont déjà des agglomérations déca-millionnaires de 10-13 millions de citoyens.

L’IMPLACABLE GÉOGRAPHIE

Même si elle continue de rêver à un rôle européen, Istanbul se devra de regarder dans sa cour. Les grands barrages des monts Taurus font, plus que jamais, dépendre de la Turquie le débit des eaux fluviales en Syrie comme en l’Irak. Et le potentiel est même là pour apporter la précieuse ressource eau douce jusqu’à Gaza et Jérusalem.

Les eaux du Nil n’ont, pour elles, rien à voir avec les autres pays du MENA et c’est plus sur l’Éthiopie africaine que l’Égypte concentre les regards quant à l’enjeu de l‘approvisionnement. En fait le plus long fleuve du monde traverse 9 pays d’Afrique. Mais les forces productives et le rôle politico-militaire de l’Égypte collent le pays entier au destin du MENA. Le Canal de Suez est avant tout un acteur méditerranéen!

Quant à l’Iran chiite et persane, ses voisins orientaux de l’autre frontière sont l’Afghanistan, le Pakistan et le Turkménistan. L’enjeu de l’exploitation de sa force pétrolière se jouera beaucoup plus intensément avec la carte du MENA, sur son flan occidental. Même chose pour son leadership politico-religieux. Téhéran restera certes la plus incertaine des capitales des trois pays ici en cause. Comment se terminera la question du nucléaire pour ce pays ? Comment son rôle dans l’actuelle crise syrienne se développera-t-il ? Mais sa population jeune et très instruite regarde à l’ouest.

LA CARTE ALIMENTAIRE

Turquie, Iran, Égypte sont par ailleurs les trois pointes d’une fournaise de plus en plus assoiffée et affamée : le MENA est mondialement devenu la première région importatrice de produits alimentaires de base (blé, orge, sucre, huile végétale, viande) depuis quelques années déjà.

Maintenant qu’elle le peut, avec des forages de milliers de mètres en profondeur, cette civilisation de l’irrigation puise désespéramment dans ses eaux fossiles (on pense surtout à l’exemple de la Libye), mais quant 50 à 80 % de l’eau extraite tourne à la perte par évaporation, il faudra innover pour améliorer les bilans agricoles.

À eux trois, Turquie, Iran, Égypte, les incontournables du MENA, avec l’horizon 2025 pèseront pour près de 300 millions d’habitants d’une population fort jeune et éduquée. Retenez cette image avant d’installer un bureau régional à l’étranger.

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Source : https://www.commercemonde.com/

La start-up toulousaine Sigfox veut populariser les objets connectés en Iran

La start-up Sigfox a signé un accord ce jeudi avec une entreprise iranienne pour permettre aux Iraniens, avides de nouvelles technologies, de connecter les objets de la vie quotidienne à internet. 

Sigfox, créée en 2009 et basée à Labège près de Toulouse, va collaborer avec Parsnet, une filiale du groupe Pars Online, pour développer un réseau de communication de l'internet des objets (IoT) sur l'ensemble du territoire iranien, selon un communiqué publié à Téhéran.

L'internet des objets permet aux objets de communiquer entre eux à courte portée grâce au bas débit.

Développer un réseau mondial

Son arrivée "ouvre les portes à de nouveaux services compétitifs et énergiquement économiques pour les entreprises iraniennes", s'est félicité Ahmad Jafarabadi, le directeur général de Parsnet.

L'Iran devient le 31e pays où s'implante Sigfox. 

Cet accord intervient un peu plus d'un an après la levée de la plupart des sanctions économiques frappant l'Iran à la suite de l'accord sur le nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances.

France / Iran : comment les PME de l’Union du caoutchouc et du plastique collent au terrain…

Depuis la première mission en Iran (22 au 26 mai 2016) de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME, ex-CGPME), à laquelle était convié Le Moci *, Denis Vaillant, le président de l’Union des syndicats des PME du caoutchouc et de la plasturgie (Ucaplast), n’a de cesse d’y étoffer le réseau de son organisation professionnelle **. Quelques voyages après – le dernier, la semaine dernière à l’occasion de la deuxième édition de l’International Conference and Exhibition on Masterbatch and Polymer Compounds (Téhéran, 13-14 février) – l’enthousiaste patron de l’Ucaplast se prépare déjà à participer à la deuxième mission de la CPME en Iran, prévue fin juin-début juillet. Avec de nombreux projets.


« Les Iraniens ont un besoin réel de mise à niveau en matière de connaissance et un peu de matériel. Des techniques appliquées en Europe depuis vingt ans, comme les produits bi-matières ou les surmoulages, y sont encore inconnues. », livre au Moci Denis Vaillant, qui envisage d’organiser « des rencontres directes entre ses membres » et des sociétés iraniennes pendant la future mission de la CPME.


Dernièrement, du 13 au 17 février, le président de l’Ucaplast était invité par l’Institut iranien des polymères et de la pétrochimie (IPPI), dépendant du ministère iranien des Sciences, de la recherche et la technologie. Un déplacement fructueux, puisque l’IPPI et l’Ucaplast ont décidé de monter un dispositif d’échanges d’ingénieurs et de techniciens. Une fois le contenu précisé, l’accord, qui est encore verbal, sera signé officiellement vers le milieu de l’année.


Les investissements des constructeurs automobiles français


Accompagné d’un membre du conseil d’administration de son organisation professionnelle, Jean-Maurice Beurrier, ingénieur plastique et caoutchouc, ancien directeur du Cetim de Nantes, Denis Vaillant s’est aussi rendu au sud dans l’Azerbaïdjan iranien, à Tabriz, troisième ville du pays, pour visiter le complexe pétrochimique de polymères qui se situe près d’une raffinerie de pétrole.

Autres visites remarquables, celles de quatre usines de transformation plastique de Karaj, une ville dortoir à 30 kilomètres à l’ouest de Téhéran, où sont également installées nombre d’usines. Répondant au Moci qui s’étonnait de l’invitation de l’IPPI, le président de l’Ucaplast a répondu que « vraisemblablement l’institut cherchait à informer sur ses compétences et ses performances, alors que Peugeot et Renault ont montré leur grand intérêt pour le pays ». PSA a ainsi renoué avec son ancien partenaire Iran Khodro pour réaliser sur place des Peugeot 208, 2008 et 301 dès le second semestre 2017. Pour sa part, Renault, qui est toujours resté dans le pays, a prévu d’ouvrir une nouvelle usine en 2018 pour augmenter de 155 000 unités le nombre de véhicules produits.


Le Moci, fevrier 2017


samedi, février 25, 2017

Iran, le nouvel eldorado des entreprises françaises

Les investissements prévus par le gouvernement suscitent les convoitises. Les besoins en infrastructures et les réserves de gaz et de pétrole sont en première ligne.

Depuis la levée des sanctions, le 16 janvier 2016, les groupes français s’activent pour reprendre pied dans un pays de 80 millions d’habitants, qui a des besoins colossaux en infrastructures et dont les réserves de gaz et de pétrole aiguisent les convoitises.

  • UN GISEMENT DE CROISSANCE POUR TOTAL

Présent en Iran depuis 1954, Total est un des plus gros investisseurs français en République islamique. La major française veut surtout y exploiter du gaz. Elle a signé avec la National Iranian Oil Company (NIOC), le 8 novembre 2016, un important accord de principe prévoyant le développement d’un énorme gisement gazier que l’Iran et le Qatar se partagent dans le golfe Persique (8 % des réserves mondiales). Elle devient ainsi la première compagnie pétrolière occidentale à revenir dans ce pays depuis la levée des sanctions décrétées en 2012, suivie un mois plus tard par Shell.

Ce seul bloc du gisement Pars Sud nécessitera un investissement de 4,8 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros), dont 2 milliards pour la première étape, qui doit être cofinancée par Total, Petropars (groupe NIOC) et la compagnie pétrolière chinoise CNPC. Mais c’est Total qui sera opérateur du gisement et qui dirigera ce consortium international.

La compagnie avait déjà travaillé sur ce gisement dans les années 2000, avec un projet d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL), avant que des questions commerciales, puis les sanctions internationales, ne donnent un coup d’arrêt au projet.

L’élection à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, qui envisage de remettre en cause l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien, n’aura « pas de conséquence » sur le projet dans l’immédiat, a récemment estimé Philippe Sauquet, directeur général de la branche « Gas, Renewables and Power » de Total.

  • L’AUTOMOBILE ACCÉLÈRE

S’il est un secteur de l’économie française qui n’a pas chômé pour revenir en force en Iran, c’est bien celui de l’automobile. Pas étonnant : le pays a été, avant les sanctions, un eldorado pour les marques françaises, en particulier pour Peugeot, omniprésent sur les routes iraniennes, et qui revendique encore aujourd’hui 35 % de part de marché malgré un départ précipité du pays au moment de l’embargo.

C’est sur ce territoire conquis d’avance que Carlos Tavares, président de PSA, a signé, début octobre 2016, deux accords stratégiques avec les deux principaux constructeurs iraniens. L’un avec Iran Khodro, le numéro un local, pour fabriquer des Peugeot à Téhéran, l’autre avec le concurrent Saipa pour produire des Citroën à Kashan.
Renault, avec sa part de marché de 4,8 %, court derrière son grand rival mais bénéficie de l’estime du gouvernement pour n’avoir pas quitté le pays pendant les sanctions. Allié à Iran Khodro et Saipa depuis 2003, Renault a obtenu, à l’automne 2016, le privilège de créer une coentreprise détenue à 60 % en partenariat, non pas avec un constructeur, mais avec le conglomérat d’Etat Idro, bras armé économique du régime.

PSA, Renault et leurs partenaires iraniens espèrent faire du pays une base d’exportation au Moyen-Orient. Ils comptent pour cela sur la reconstruction du tissu des fournisseurs. Les grands équipementiers français lorgnent avec plus ou moins de prudence sur ce nouveau marché. Faurecia a annoncé en décembre 2016 la création de deux coentreprises pour fabriquer des échappements et des planches de bord, qui s’ajoutent à celle existant déjà et qui produit des sièges.

LES COMMANDES D’AIRBUS DÉCOLLENT

Les affaires sont les affaires ! Mercredi 11 janvier, les dirigeants d’Iran Air étaient sur le tarmac de l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour prendre réception de leur premier appareil livré par Airbus. Un moyen-courrier A321, le best-seller de l’avionneur européen. Un an à peine après la levée des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, Airbus en touche déjà les premiers bénéfices. La fin de l’embargo constitue un véritable effet d’aubaine pour l’avionneur.

Pressé de remplacer une flotte d’avions commerciaux totalement dépassée, Téhéran s’est précipité pour conclure des contrats avec les deux géants de l’aéronautique Airbus et Boeing. L’Iran a signé un contrat portant sur une centaine d’appareils avec le constructeur de Toulouse. Une commande évaluée, prix catalogue, à environ vingt milliards d’euros.

En revanche, Iran Air, qui avait aussi commandé douze long-courriers A380, a préféré y renoncer au moins temporairement. De même, la compagnie aérienne a repoussé l’achat de 747 auprès de Boeing car l’aéroport de Téhéran ne possède pas encore les infrastructures techniques pour recevoir de tels gros-porteurs.

  • DES PERSPECTIVES SOLIDES DANS LE BTP

Les infrastructures de transport, en très mauvais état, aiguisent les appétits des grands groupes du BTP. Dès janvier 2016, Bouygues et Vinci s’étaient lancés sur le marché des aéroports. Le premier, associé à Paris Aéroport, a conclu un accord de principe avec l’Iran pour rénover et exploiter de nouveaux terminaux de l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran. Objectif : porter, en 2020, la capacité de l’aéroport de 6,5 millions à 34 millions de passagers. Vinci, lui a signé une lettre d’intention pour prendre la responsabilité des aéroports de Mashhad et d’Ispahan, respectivement 2e et 5e plates-formes aéroportuaires d’Iran.

« Pour l’instant, nous sommes encore au stade des principes, confie-t-on chez Vinci, pas dans l’opérationnel. La levée des sanctions internationales n’a pas entraîné encore le démantèlement de toutes les réglementations américaines à l’égard de l’Iran, ce qui rend les banques très frileuses. »

Outre les aéroports, les projets de lignes de train à grande vitesse intéressent aussi les Français. « Nous sommes en veille », glisse-t-on ainsi chez Colas (Bouygues). En parallèle, les infrastructures pétrolières et gazières sont dans le viseur des groupes de BTP. Vinci pousse sa filiale Entrepose. « L’Iran est un marché intéressant, mais encore compliqué. Il faut y avancer pas à pas », confie Xavier Huillard, le PDG de Vinci.
Autre Français présent en Iran, Suez, qui a signé un accord-cadre qui prévoit un plan d’action en trois volets accompagné de projets pilotes pour répondre à la crise hydrique sur le court terme. Le groupe a une longue histoire en Iran, sa filiale Degrémont ayant réalisé dans les années 1950 les quatre premières usines de traitement des eaux du pays qui sont toujours en fonctionnement. Comme la plupart des entreprises étrangères, Suez cherche aujourd’hui à structurer, avec les autorités iraniennes, le financement de ces projets.

  • LES BANQUES SUR LA DÉFENSIVE

Tandis que les multinationales s’activent pour capter leur part du marché iranien, ou reprendre d’anciennes positions gelées par les sanctions, les grandes banques internationales et françaises restent en retrait du financement du commerce avec Téhéran.

Trop de risques et de coups à prendre, entend-t-on à Paris, où les esprits restent marqués par l’amende géante de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas par les Etats-Unis, en 2014, pour violation d’embargo, notamment sur l’Iran. La levée des sanctions internationales n’a rien changé, ou presque, à leurs pratiques, alors que Washington accuse l’Iran de soutenir le terrorisme et maintient unilatéralement certains embargos.

Les banques françaises redoutent aussi les risques liés au blanchiment d’argent, alors que leurs homologues iraniennes ne satisfont pas à toutes les normes internationales en la matière. Seuls quelques petits établissements financiers indépendants tels Wormser Frères ou la banque Delubac & Cie, acceptent en réalité de travailler avec la République islamique d’Iran, pour financer les exportations.

Les fleurons du CAC 40 espèrent un retour des grandes banques, pour accompagner leurs projets d’investissement. Mais l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, fervent opposant d’un rapprochement avec l’Iran, ne devrait pas pousser en ce sens.

Source : http://www.lemonde.fr/ 17 janvier 2017

mercredi, février 22, 2017

Banques françaises toujours frileuses !

Depuis la levée des sanctions contre l'Iran, les entreprises françaises lorgnent ce marché au potentiel considérable. Mais elles se heurtent à la frilosité des grandes banques hexagonales. Car malgré le réchauffement des relations, celles-ci restent surveillées par les États-Unis. Explications.

La signature mi-2015 de l’accord de Vienne entre l'Iran et le groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sur le nucléaire iranien, qui a permis de lever quelques mois plus tard un certain nombre de sanctions envers l'Iran, a par ricochet aiguisé l'appétit des multinationales. Les grands groupes français ont suivi le mouvement: PSARenaultTotalBouygues et Vinci, la SNCF, mais également l’avionneur européen Airbus.

Dans le cas de Total, le projet gazier de South Pars est néanmoins suspendu aux décisions de Donald Trump. Mais malgré les remous causés par l'arrivée du milliardaire à la Maison-Blanche, les entreprises françaises sont avides d'exploiter l’immense potentiel du marché iranien: dans le secteur de l'automobile par exemple, des experts cités par Reuters estiment qu'en 2025, il se vendra autant de voitures en Iran qu'aujourd'hui en France, soit 2 millions de véhicules. Difficile de résister à un marché aussi prometteur.

Les consommateurs iraniens ont une forte appétence pour les produits européens, ce que confirme l'avocat Kourosh Shamlou, fondateur du cabinet d'avocats franco-iranien Shamlou Law: "Le peuple iranien veut des produits français ou allemands. C’est un énorme marché, il y a un gros potentiel pour les PME françaises".

Problème de financement

Problème: pour financer leurs investissements, les entreprises françaises –grands groupes comme PME– ont besoin de l'appui des banques. Et de ce côté-là, l'enthousiasme est bien moins évident. Les principaux groupes bancaires français sont extrêmement frileux à l'idée de financer des projets en Iran. C'est notamment le cas de Société Générale, dont la position est sans équivoque: "Compte tenu des incertitudes qui subsistent, Société Générale n’envisage pas à ce stade de reprise de ses activités commerciales avec l’Iran. Les différences entre les régimes européen et américain génèrent des risques opérationnels forts pour les établissements financiers".

En mentionnant les "différences entre les régimes européen et américain", Société Générale fait référence à l'amende record infligée par le régulateur américain à BNP Paribas en 2014: 8,9 milliards de dollars pour violation d’embargo sur plusieurs pays, dont l'Iran. BNP Paribas, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, tout comme BPCE, ne fait plus d’affaires avec l’Iran. Le groupe Crédit Agricole n’a pour sa part pas répondu à nos sollicitations.

Flou juridique

Les règles de l’embargo, les voici: les transactions avec l'Iran ne doivent pas inclure une "US person", ni être libellées en dollars. En cas de non-respect de ces règles, les banques risquent l'amende et, nous l’avons vu, celle-ci peut être lourde. "Les banques font le calcul coût/avantage/risque: 'est-ce qu’on prend le risque de subir des mesures de rétorsion aux États-Unis pour travailler sur un marché iranien qui sera à terme important mais qui ne sera jamais de la taille du marché américain?'" décrypte Matthieu Etourneau, directeur général du Centre français des Affaires de Téhéran, joint par BFM Business.

Depuis la signature du traité de Vienne, les règles sur l’embargo n'ont pas été assouplies de ce côté-là. En réalité, elles pâtissent d'un flou juridique total. "Il ne faut pas qu’il y ait de dollar, ni d’Américain impliqué. Les autorités américaines parlent de ‘US person’. Ça peut être quelqu’un simplement détenteur d’une green card" explique Matthieu Etourneau.

Dès lors, pourquoi ne pas traiter avec l'Iran en euros? Impossible, selon Matthieu Etourneau: "Ce que me disent les banquiers, c’est que techniquement c’est quasi impossible d’avoir des transactions sans aucun dollar, notamment quand ça rentre dans les chambres de compensation" - des organismes financiers qui jouent un rôle d’intermédiaireentre les acheteurs et les vendeurs, ndlr.

Le problème est donc là: il est quasiment impossible de traiter des grosses transactions uniquement en euros. Le dollar intervient forcément à un endroit de la chaîne, faisant de facto passer sous le joug du régulateur américain les grandes banques françaises. Les forts intérêts que celles-ci ont aux États-Unis, et leur exposition aux amendes les condamnent donc à la plus grande prudence.

Quelques banques françaises travaillent avec l'Iran

Mais pour les entreprises, comment trouver les financements? Quelques rares banques françaises, de taille modeste, acceptent de faire des affaires avec l'Iran. C'est notamment le cas de Wormser Frères: "Nous n’avons pas de filiale aux États-Unis. Donc nous n’appliquons pas les règles destinées aux ‘US person’. On applique la réglementation européenne. C’est parce que nous sommes de taille modeste que nous pouvons travailler avec l’Iran" explique Alain Wormser, le PDG de la banque.

Une taille modeste parfaitement à propos pour se défaire de l’emprise du régulateur américain, mais qui ne répond pas aux besoins en financement des grands groupes français. "Ces banques sont utiles pour des transactions, mais ne sont pas capables de financer des investissements, confirme Matthieu Etourneau. Pour les investissements, cela reste très compliqué. Certaines entreprises essaient de financer cela en fonds propres. D’autres vont voir certaines banques européennes, mais celles-ci font surtout du financement pour leurs clients historiques".

Les clients français de l’avocat Kourosh Shamlou, principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire et des cosmétiques, "regrettent énormément que les grandes banques françaises ne soient pas là pour les accompagner". Pour y remédier, l’avocat "cherche à développer du financement direct".

Pour encourager les banques françaises, leurs homologues iraniennes ont également un rôle à jouer. "Les banques étrangères attendent aussi des gages des banques iraniennes pour qu’elles se mettent au niveau en termes de conformité", explique Matthieu Etourneau. L’Iran est sur la liste noire du GAFI (groupe d’action financière), un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment. "Une sortie de la liste noire pourrait être un signal fort pour aider les banques étrangères à revenir en Iran" présume le directeur général du CFAT, selon lequel des discussions sont en cours entre le GAFI et la banque centrale iranienne.

Le retour des grandes banques françaises ferait le bonheur des entreprises de l’Hexagone, mais il serait également très bien accueilli par le peuple iranien. Comme le rappelait le directeur de la Chambre de commerce Iran-Suisse dans le magazine économique Bilan, "la population iranienne espérait des investissements massifs de la part de sociétés étrangères à la suite de la levée partielle des sanctions". Et de mettre en garde contre le danger de voir revenir les conservateurs au pouvoir en Iran, en surfant sur les espoirs déçus à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.

"Les investissements étrangers sont protégés par une loi en Iran, tempère Kourosh Shamlou. Donc les entreprises françaises sont protégées, mais elles gardent quand même un œil sur les élections. Nous avons besoin d’investissements étrangers, donc cette loi ne sera pas annulée". Si le spectre d’un grand retour en arrière semble donc pour le moment exclu, la récente victoire de Donald Trump et la perspective de la présidentielle iranienne rajoutent de l’incertitude à un climat déjà flou.