jeudi, octobre 23, 2008

L'Iran à la merci des cours de l'or noir

L'Iran à la merci
des cours de l'or noir

Delphine Minoui
23/10/2008 | Mise à jour : 10:55 |
.

Jusqu'ici épargnée par la crise financière, la République islamique est rattrapée par la baisse des prix du pétrole.

Beyrouth

Les leaders iraniens se seraient-ils réjouis trop vite ? Revanche de Dieu, capitulation des valeurs américaines, échec de la démocratie libérale… Voilà maintenant près de deux semaines qu'ils y vont de leurs petites phrases pour se railler de la récession qui affecte l'économie du « Grand Satan » américain - avec qui Téhéran a rompu toute forme de relation diplomatique depuis presque trente ans.

« Ceux qui voulaient nous enfoncer dans une crise à propos du dossier nucléaire sont aujourd'hui punis par Dieu avec une récession ! » s'est même enthousiasmé l'ayatollah Ahmad Khatami lors de la grande prière, vendredi dernier. Ses propos venaient renforcer ceux du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad qui, quelques jours plus tôt, prédisait « la fin du capitalisme ».

Téhéran a de quoi faire la fête. La récession actuelle a soudainement renvoyé aux calendes grecques l'épineux dossier nucléaire qui faisait la une de la presse internationale depuis de longs mois. De plus, l'économie iranienne reste, pour l'heure, largement épargnée par les difficultés que rencontrent les pays occidentaux. À la Bourse de Téhéran, les actions, bien que légèrement en baisse ces derniers jours, ont enregistré une hausse de 20 % sur l'année. Mais certains économistes voient dans la survie des cours de la Bourse iranienne des raisons beaucoup moins « divines » : la quasi-absence d'investisseurs étrangers sur la place iranienne et le degré très élevé d'étatisation de l'économie.

Téhéran puise dans ses réserves

À long terme, les Iraniens pourraient finir par rire jaune. Les effets de la crise financière aux États-Unis, qui provoque la chute des cours du pétrole, risquent d'être fatals à Téhéran. Cinquième exportateur mondial d'or noir, la République islamique - dont 90 % des recettes à l'exportation et 75 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole - ne va pas tarder à ressentir les effets de la baisse du prix du baril sur son économie.

Hier, le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, s'est empressé de plaider en faveur d'une baisse de la production de l'Opep d'au moins 2 millions de barils par jour.

Les exportations d'or noir auraient rapporté environ 70 milliards de dollars à l'Iran au cours de l'année dernière. Une manne qui a largement bénéficié aux politiques populistes du gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad. Depuis son élection, en juin 2005, ce dernier n'a pas hésité à dépenser les pétrodollars pour consolider sa base populaire et multiplier les aides aux plus démunis : prêts avantageux, distribution des « actions de justice », augmentation de certains salaires au détriment d'investissements industriels.

D'après ses détracteurs, il aurait même puisé dans les réserves du Fonds de stabilisation, créé à l'époque de son prédécesseur, Mohammad Khatami, et où sont traditionnellement versés les surplus pour s'assurer un stock de sécurité en cas de crise. De quoi inquiéter aujourd'hui les milieux financiers.


mardi, octobre 21, 2008

L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz

L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz

TEHERAN (AFP) — L'Iran, le Qatar et la Russie, gros producteurs de gaz, sont convenus mardi de former une "troïka" ayant pour objectif de dynamiser l'assemblée des exportateurs de gaz, sans la transformer pour autant en cartel sur le modèle de l'Opep.

"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier", a affirmé le président du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller.

Le responsable, qui s'exprimait à Téhéran aux côtés des ministres iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari et qatari de l'Energie Abdallah ben Hamad al-Attiyah, a ajouté qu'ils allaient se "rencontrer régulièrement dans le cadre de cette "troïka" ".

La prochaine rencontre est prévue à Moscou d'ici "trois à quatre mois", selon M. Miller.

Les trois responsables ont également conclu un accord créant une commission technique "dont l'une des tâches est d'examiner les projets communs et tripartites", a poursuivi le chef de Gazprom. Elle se réunira d'ici quelques jours à Doha au Qatar, selon M. Attiyah.

Le ministre iranien du Pétrole est allé plus loin en affirmant que les trois pays s'étaient entendus pour créer une nouvelle organisation des pays exportateurs de gaz.

Selon M. Nozari, les trois pays sont "arrivés à un consensus pour la création d'une organisation commune gazière (...), accélérer sa mise en place et préparer ses statuts".

Mais ses interlocuteurs ont été plus prudents sur les perspectives de viabilité d'une telle structure.

M. Miller a remarqué que l'activité de la "troïka" devait s'inscrire dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), qui existe depuis 2001.

"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier et peut jouer le rôle de locomotive pour des pays exportateurs de gaz dans le cadre de l'assemblée des exportateurs de gaz", a dit le président de Gazprom.

Le FPEG est une organisation informelle rassemblant peu ou prou les principaux pays détenteurs de réserves de gaz.

Mais elle n'est pas comparable à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui est un véritable cartel doté de statuts et dont les décisions s'imposent à tous les membres.

Le ministre qatari s'est lui aussi gardé d'évoquer la création d'une nouvelle organisation.

Il a évoqué "une vision commune" à propos de l'actuel Forum, mais sans apporter de détails à ce sujet. Il a ajouté que "lors de la future réunion ministérielle des pays exportateurs de gaz, ce projet sera confirmé".

La Russie, l'Iran et le Qatar sont les trois premiers détenteurs de gaz avec environ 60% des réserves mondiales.

Leurs statuts d'exportateurs sont pourtant bien distincts. La Russie est le premier fournisseur de gaz naturel et le Qatar vise la première place pour l'exportation de gaz naturel liquéfié. L'Iran en revanche est un importateur net de cet hydrocarbure, faute d'investissements et d'une forte croissance de la consommation interne.

De nombreux experts ont mis en doute par le passé la viabilité d'un cartel du gaz sur le modèle de celui du pétrole, dont l'objectif est de contribuer à moduler le prix du baril en jouant sur l'offre.

Les contrats liant producteurs et consommateurs de gaz sont généralement à long terme, à cause du montant des investissements nécessaires pour l'acheminer.

Le pétrole est virtuellement livrable d'un point du globe à l'autre, alors que le marché gazier est largement régionalisé.

mercredi, octobre 08, 2008

Décret n° 2008-83 du 24 janvier 2008 relatif aux mesures restrictives à l'encontre de l'Iran prévues par le règlement (CE) n° 423/2007

Avertissement du Ministère des affaires étrangères aux entreprises : sanctions à l'égard de l'Iran

Avertissement aux entreprises : sanctions à l'égard de l'Iran

L’Iran a été sanctionné par les résolutions 1737, 1747 et 1803 adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, respectivement le 23 décembre 2006, le 24 mars 2007 et le 3 mars 2008. Une nouvelle résolution (1835) a été adoptée le 27 septembre 2008 qui réaffirme les résolutions précédentes. Les résolutions 1737, 1747 et 1803 ont été mises en œuvre par l’Union européenne (via les Positions communes 2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008 et le Règlement (CE) 423/2007 du 19 avril 2007). Ces sanctions concernent principalement les domaines nucléaire et balistique, ainsi que les exportations d'armement. Elles prévoient notamment le gel des avoirs et des transactions de certaines banques iraniennes (Sepah et Melli) et appellent les Etats à la vigilance et à la retenue en matière de financements et d’assurance crédit.

Par ailleurs, dans un communiqué publié le 11 octobre 2007, le groupe d’action financière (GAFI) a exprimé sa préoccupation sur l’absence en Iran « d’un système complet de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » et a appelé les institutions financières à appliquer des vigilances renforcées à l’égard des transactions financières de leurs clients en provenance ou à destination de l’Iran. Ce communiqué a été relayé le 19 octobre 2007 par le G7 qui a estimé souhaitable que les institutions financières prennent en compte les risques afférants à l’Iran.

- l’avis du 16 mai 2007, aux importateurs et exportateurs en provenance et à destination de l'Iran,
- les résolutions de l’ONU
1737 , 1747, 1803 et 1835.
- les règlements européens successifs
140, 242, 246, 423, 618,
-
la déclaration du GAFI.
-
Décret_n°2008-83_du_24_janvier_2008

- les positions européennes communes:

2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008

Voir aussi: http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/sanctions/sanctionsiran.php

Inauguration de la tour Milad Source : AFP 07/10/2008 | Mise à jour : 21:58 | Commentaires 1 . Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Mi

Inauguration de la tour Milad
Source : AFP, 07/10/2008
.
Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Milad, la quatrième plus haute tour de télécommunications au monde (435 m), qui doit devenir l'un des emblèmes de Téhéran.

Inspirée de l'architecture islamique, la tour, bâtie sur les collines du nord-ouest de la capitale, a été achevée après 11 ans de travaux, pour un coût d'environ 194 millions de dollars.

Haute de 435 m (dont une antenne de 100 m), la tour est coiffée d'un toit de métal et de verre haut de 12 étages et large de 60 m, qui accueille un restaurant panoramique, une galerie d'art, une terrasse extérieure ainsi que des zones réservées aux systèmes de télécommunications.

Selon ses concepteurs, la tour Milad est la quatrième plus haute du monde après la tour CN de Toronto (Canada), la tour Ostankino de Moscou et l'Oriental Pearl de Shanghai (Chine).

vendredi, août 15, 2008

L'UE renforce ses sanctions contre l'Iran

L'UE renforce ses sanctions contre l'Iran

L'Union européenne a renforcé les sanctions commerciales contre l'Iran vendredi pour punir Téhéran de ne pas avoir accepté les propositions de coopération des Six, en échange de la suspension des activités d'enrichissement d'uranium.

Les nouvelles sanctions de l'UE vont un peu au-delà de celles déjà imposées par l'ONU et sont destinées à refuser des prêts publics ou des crédits à l'exportation pour les entreprises faisant du commerce avec l'Iran.

La France, qui occupe la présidence tournante de l'Union européenne, a annoncé que les gouvernements européens observeraient aussi étroitement les groupes financiers faisant du commerce avec les banques iraniennes, et augmenteraient les contrôles des bateaux et des avions se rendant en Iran.

"Cette résolution accroît la portée des mesures de restriction adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU" en décembre 2006 et mars 2007, précise l'UE dans un communiqué.

L'UE appelle les pays-membres à "faire preuve de retenue quand ils accordent de nouveaux prêts publics pour faire du commerce avec l'Iran (...) et à être aussi vigilants sur les activités des institutions financières avec les banques basées en Iran".

Plus tôt cette semaine, Paris et Washington avaient affirmé que la réponse de l'Iran à la dernière offre de coopération présentée par les six pays engagés dans le dossier nucléaire iranien (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine) était insuffisante. AP

Relations Iran-Algérie : les nouvelles priorités

L'Algérie et l'Iran ont affiché clairement leurs volontés d'aller de l'avant en matière de coopération économique et politique lors de la visite du Président Algérien Abdelaziz Bouteflika en Iran.

Les deux pays ont signés conjointement un communiqué qui exprime le souci des deux partis «d'asseoir des relations durables et mutuellement bénéfiques»

Les deux parties ont défini clairement les domaines de coopération. Il s'agit de développer la coopération dans divers domaines, à savoir la construction de logements et d'infrastructures de base, de l'industrie pharmaceutique, de l'industrie du ciment, du montage de véhicules, des pièces de rechange et des industries pétrolière et gazière ainsi que l'établissement d'un terrain d'échange d'expertise et de concertation continue dans ces domaines.

Le communiqué fait état d'un accord sur la non double imposition et un autre sur la coopération douanière.

Par ailleurs, concernant les questions régionales et internationales, les deux pays ont exprimé leur préoccupation quant à la situation sécuritaire, sociale, économique et humanitaire, notamment dans les territoires occupés.

Concernant le Soudan, l'Algérie et l'Iran ont affiché une position commune, qui est celle du rejet de la demande du procureur général du tribunal pénal international appelant à l'arrestation du président soudanais Omar El Bachir pour «crimes contre l'humanité» au Darfour.

En ce qui concerne le volet du nucléaire civil, la position des deux pays ne souffre d'aucune ambiguïté.«Les deux parties ont réitéré leur ferme engagement quant à l'établissement d'une région exempte d'armement nucléaire qui permette au Proche-Orient, à l'instar de l'Afrique et de l'Amérique latine, de consacrer son énergie et ses ressources au développement durable», indique-t-on dans le communiqué.

Pour ce qui est du programme nucléaire iranien qui préoccupe l'Occident et les Etats-Unis en particulier, l'Algérie et l'Iran ont affirmé dans le communiqué que «les pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ont le droit légitime et consacré, en vertu du traité, d'accéder à la technologie nucléaire à des fins civiles et pacifiques et pour des objectifs de développement».

Enfin, arrivant au terrorisme, les deux pays le condamnent sous «toutes ses formes» et ont réaffirmé la responsabilité des Nations unies à lutter activement contre ce phénomène par l'élaboration d'une convention internationale dans le but de régir la lutte antiterroriste et définir avec précision, ce phénomène « loin de tout amalgame avec les luttes légitimes des peuples contre l'occupant étranger», comme c'est le cas en Irak.


samedi, juillet 19, 2008

Nabucco : l’Iran s’apprête à lancer le chantier en 2008

Nabucco : l’Iran s’apprête à lancer le chantier en 2008

Armenews, 8 juin 2008

L’Iran doit lancer en 2008 la construction du gazoduc Nabucco destiné à canaliser ses hydrocarbures vers l’Europe, a déclaré lundi le vice-ministre iranien du Pétrole et président de la Compagnie nationale iranienne du gaz (NIGC), Seyed Reza Kasaizadeh.

"L’étude des possibilités de l’Iran dans ce projet touche à sa fin. Le tronçon iranien fera partie du projet Nabucco destiné à alimenter l’Europe en gaz en provenance du gisement de South Pars, le plus grand en Iran", a-t-il indiqué à la télévision iranienne. En janvier dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères Manoucher Mottaki a déclaré que la coopération de Téhéran avec les pays européens dans le domaine du pétrole et du gaz n’était dirigée contre aucun pays tiers.

D’après lui, l’Iran est en droit de mener une politique gazière indépendante à l’instar des autres pays exportateurs, dont la Russie et l’Algérie.

La construction du gazoduc Nabucco, qui contournant la Russie doit traverser l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche et éventuellement l’Allemagne, doit débuter fin 2010 pour se terminer en 2013. Initialement évalué à 5 milliards d’euros, le coût du projet se chiffre désormais à 7,9 milliards. Le gazoduc pourra transporter dans un premier temps près de 8 milliards de mètres cubes de gaz par an, mais les concepteurs prévoient d’augmenter sa capacité annuelle à 31 milliards de mètres cubes. Parmi les fournisseurs potentiels du gaz pour le projet Nabucco on cite l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Turkménistan et ces derniers temps l’Irak. L’idée des livraisons de gaz irakien vers l’Europe est activement promue par les Etats-Unis.

La Russie considère avec scepticisme la réalisation du projet Nabucco dans les prochaines années, jugeant insuffisantes les réserves de gaz pour remplir le gazoduc. Le consortium Nabucco Gas Pipeline Company, en charge du projet, est détenu par l’autrichien OMV, le hongrois MOL, le bulgare Bulgargaz, le roumain Transgaz, le turc Botas et l’allemand RWE qui possèdent chacun une participation de 16,67%.

lundi, juin 23, 2008

Melli, la plus grande banque du pays visée par les sanctions de l'Union européenne

AFP, 23 juin 2008

TEHERAN (AFP) — Pressés par Washington, les Européens ont avalisé ce lundi de nouvelles sanctions contre l'Iran, mais restent fidèles à leur politique qui consiste à dialoguer avec Téhéran tout en sanctionnant son refus persistant de cesser tout enrichissement d'uranium.

Les nouvelles sanctions entérinées sans discussion lundi par les ministres européens de l'Agriculture et de la Pêche visent notamment la banque commercialeMelli, première institution financière iranienne avec quelque 3.100 succursales, dont 16 à l'étranger.

Ses activités en Europe, concentrées à Hambourg, Londres et Paris, devraient être interdites dès l'entrée en vigueur de ces mesures, avec leur publication mardi au Journal officiel de l'UE, ont précisé des responsables européens.

La banque Melli, créée le 11 septembre 1923, est la première institution financière du pays avec plus de 3.100 succursales, dont 16 à l'étranger.

La Banque compte actuellement 45.000 employés et disposait, il y a trois ans, d'un capital de 350.000 milliards de rials (32 milliards USD).
Pendant l'année fiscale iranienne 1384 (mars 2005-mars 2006), Melli a émis des lettres de crédit d'une valeur de 5,1 mds USD pour des importations en Iran.

Elle a été créée avec l'aide des Allemands qui l'ont dirigée durant les premières années ayant suivi sa création.

Mi-juin, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait annoncé que l'UE allait cibler "la plus grande banque du pays" en gelant des avoirs à l'étranger, dans le cadre de nouvelles sanctions sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.
Dans sa dernière résolution, adoptée le 3 mars 2008 contre l'Iran, le Conseil de sécurité de l'ONU avait demandé à tous les pays d'"exercer une vigilance accrue sur toutes les banques domiciliées en Iran, notamment les banques Melli et Saderat".

Plusieurs journaux iraniens avaient récemment rapporté que le président Mahmoud Ahmadinejad avait ordonné le transfert des capitaux iraniens des institutions financières européennes vers les pays asiatiques.

La banque avait démenti dans un texte publié sur son site internet, assurant qu'elle allait maintenir ses activités en Europe.

"La banque Melli continue à maintenir des capitaux et investissements significatifs dans les pays de l'UE et a l'intention de continuer à le faire dans le futur", assurait-elle.

L'Iran possède environ 76 mds USD de réserves en devises étrangères dans les banques et les institutions financières internationales.

jeudi, juin 19, 2008

Inauguration de la de la première banque étrangère en Iran

IRNA, 30 mai 2008

La Banque commerciale Iran-Europe a débuté jeudi ses opérations en Iran; elle fournira des services de change entre le rial et des devises étrangères, dont notamment l'euro, a expliqué le directeur général de la banque Siavosh Naghshineh, dans son discours prononcé mercredi lors de la cérémonie inaugurale de la Banque.
La Banque iranienne de l'industrie et des mines (San'at va Ma'dan) est un actionnaire important de la nouvelle banque.

Le gouverneur de la banque centrale de l'Iran Tahmasb Mazaheri, qui était également présent à la cérémonie d'ouverture, a indiqué que Téhéran avait autorisé plusieurs banques étrangères à créer des succursales en territoire iranien, ajoutant que la CBI était prête à prendre des mesures d'incitation pour favoriser l'ouverture de banques privées en Iran.

Le risque de Renault en Iran

En Iran, Renault risque gros

Nicolas Stiel, pour Challenges - 8 mai 2008

Le retard de la Tondar, la Logan iranienne, met en danger le plan Renault 2009. Retour sur quatre ans de galère, mais le marché est tellement prometteur...

Dans sa concession automobile du centre de Téhéran, Reza Alipour enchaîne les Marlboro sous les portraits des guides suprêmes Khomeyni et Khamenei. En vitrine, deux véhicules de luxe importés et... une Renault Logan. Ou plutôt une Tondar (tonnerre en persan), le nom qu'on lui a donné ici. «Elle n'est pas très sexy, mais ça n'a pas d'importance, dit le distributeur. Ici, le marché est chaud, et je pourrais en vendre des dizaines. Le problème, c'est qu'on ne me livre pas.»

En Iran, la low-cost de Renault a des allures de pétard mouillé. Le fabricant espérait en écouler 100 000 l'an dernier. A peine 15 000 sont sorties des chaînes de production.

Imbroglio politique

Depuis quatre ans, le constructeur français accumule les galères. Stratégie qui évolue au gré des humeurs locales, tiraillements avec les partenaires industriels Iran Khodro et Saipa, guerre ouverte au Majlis, le Parlement, entre partisans et opposants du projet, Renault s'est retrouvé au coeur d'un imbroglio géopolitique qui le dépasse. Avec, cerise sur le gâteau, les sanctions internationales au sujet du dossier nucléaire iranien qui complexifient le financement du programme, les déclarations guerrières de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, et les menaces de frappes militaires émises par les Etats-Unis.

Aujourd'hui, le retard de la Tondar met en péril le plan Renault 2009. Carlos Ghosn s'est engagé à produire l'an prochain 800 000 voitures de plus qu'en 2005, tous modèles confondus. Le patron de Renault compte sur ceux qui vont sortir dans les dix-huit prochains mois. Mais, vu l'état sinistré du marché européen, sa planche de salut, c'est bien Logan. Toutes les Logan. Renault a besoin de l'Iran (250 000 ventes prévues en 2009) pour réussir son plan. Depuis le début de l'année, le rythme de production s'est un peu accéléré : 15 000 voitures au cours des trois premiers mois. «On en produira plus de 100 000 cette année», assure Jean-Michel Kerebel, le patron de la filiale sur place. Mais l'Iran n'a jamais porté chance au constructeur français. Les accords d'assemblage que l'entreprise avait conclus en 1975 et 1992 pour la R5 et la R21 ont été rompus.

Le premier en raison de la révolution. Le second pour cause de volte-face du partenaire. Depuis quinze ans, aucune Renault n'est montée dans l'ancienne Perse. Mais les R5 et les R21 circulent toujours. A l'état de vieilles guimbardes rafistolées. Pas terrible pour l'image de marque. Aussi, quand, en 2002, Idro, le holding de tête d'Iran Khodro et de Saipa, lance un appel d'offres pour rem placer la Paykan, la voiture historique de l'Iran, qui consomme près de 25 litres aux 100, Renault se positionne. Il veut redorer son blason. Il veut surtout s'implanter en Iran. Un pays riche (grâce aux pétrodollars), jeune (la moitié des 70 millions d'habitants a moins de 25 ans) et doté d'un marché de l'automobile en plein boom (1,1 million de voitures vendues l'an dernier). Pour le moment, l'activité des constructeurs étrangers se limite au montage. Ils envoient des pièces détachées, ensuite assemblées par un groupe local. Peugeot, par exemple, dispose d'un accord de licence pour la 405 et la 206 avec Iran Khodro.

Un marché très lucratif (la marge tourne autour de 15%) et très sûr, car le constructeur n'expédie les pièces qu'après avoir été payé. Aujourd'hui, Téhéran veut en finir avec le montage. «Une activité considérée comme indigne par le gouvernement, décrypte Reza Azmoudeh, consultant au cabinet Human Gofteman. L'assemblage, c'est serrer les boulons, être esclave de l'Occident.» Pour le remplacement de la Paykan, la firme retenue devra donc s'engager davantage, investir sur place, générer des transferts de technologie, aider l'Iran à devenir un grand de l'automobile.

Les autorités iraniennes veulent traiter avec Peugeot, qui décline. D'autres constructeurs voient passer le dossier. Sans succès. Renault pense alors à la Logan. Problème, en 2002, elle n'existe pas. Il y a bien l'usine Dacia en Roumanie, prévue pour accueillir le premier modèle en 2004. Vétuste à l'époque, il est plus prudent de ne pas la montrer. Renault crée une diversion et invite les Iraniens à Tokyo pour voir l'état d'avancement de l'alliance avec Nissan. Bien vu ! Mars 2003, une lettre d'intention est signée. Un an après, la société Renault Pars est constituée, détenue à 51% par Renault et à 49% par Idro. Montant du projet : environ 300 millions d'euros.

Contrat drastique

A Iran Khodro et Saipa, la production dans deux usines et la vente. A Renault, la fourniture des pièces et l'exportation. Et les ennuis commencent. Les termes du contrat sont drastiques. La première année, l'ex-Régie doit intégrer 50% du contenu local de la voiture en Iran. Puis passer à 60%. Pas simple. Peugeot localise bien sa 206 à hauteur de 60%.

Mais ce ratio a été obtenu progressivement, sur près de dix ans. Et Peugeot n'a jamais eu à chercher lui-même les sous-traitants. Renault se retrouve en vilaine posture. Il ne connaît pas l'Iran et doit mener une opération commando à la recherche des meilleurs fournisseurs.

Bravaches, les «Renault boys» relèvent le défi .

Ils visitent quelque 200 entreprises, en retiennent 48. Ils découvrent les particularités locales. Exemple, le rythme de travail après Norooz, la fête du Nouvel An, le 21 mars. «La production redémarre doucement, cela durant huit mois, témoigne un expatrié. Lors des quatre derniers mois, les Iraniens cravachent comme des malades pour réaliser leurs chiffres. Mais la qualité s'en ressent.» Pas grave, estime-t-on alors, car les voitures sont destinées au marché local.

Aujourd'hui, les choses ont changé. Mondialisation oblige.

L'idée de fournir des véhicules impeccables en Occident et de tolérer des défauts ail leurs n'est plus acceptable. Pour la Tondar, Renault Pars veut créer une rupture. La filiale met le paquet sur la qualité (plus d'un quart des 360 salariés y sont affectés). Pour des raisons d'économies et de temps, Renault Pars ne sélectionne qu'un seul fournisseur par spécialité. Un gros risque : en cas de défaillance, il se retrouve démuni. Il y aurait bien la solution de faire venir des pièces des autres partenaires du programme Logan, en Roumanie, en Russie ou ail leurs. Mais ils sont tous surbookés. «Le problème de Renault, c'est la montée en cadence des fournisseurs, résume un bon connaisseur du dossier. Ils doivent pouvoir, au même moment, livrer en qualité et en quantité.» Plusieurs n'y arrivent pas. Ils peinent à obtenir des matières premières. Soit en raison de la règle du «double usage» (certains matériaux pouvant aussi être utilisés à des fi ns militaires se retrouvent bloqués aux frontières). Soit parce que les banques, craignant les sanctions américaines, refusent de travailler avec l'Iran.

Le projet prend du retard. Les deux manufacturiers Iran Khodro et Saipa s'impatientent. Ils n'ont jamais été de chauds partisans de la Tondar, qui leur a été imposée par le holding Idro. Ils ont leur propre activité de fabrication à assurer, leurs marques à promouvoir. Pour Renault, pas facile de travailler avec des partenaires qui sont aussi ses concurrents. Et qui ne manquent pas une occasion de lui glisser une peau de banane sous les pieds. «Renault Pars n'a pas d'expérience avec les équipementiers, dit Amir Albadvi, vice-président d'Iran Khodro. S'ils le veulent, on s'en occupe.» Pas question, répond Maxime Boniteau, directeur de la qualité chez Renault.

«L'outillage installé chez les fournisseurs nous appartient. On ne va pas y renoncer.»

Diktat accepté

Ces passes d'armes sont d'aimables plaisanteries à côté des joutes politiques. Surtout depuis l'élection, en juin 2005, de Mahmoud Ahmadinejad. Dur parmi les durs, le nouveau président nomme à la tête de l'Industrie Ali Reza Tahmasebi, un des principaux contempteurs de Renault Pars.

Il estime que la Tondar est une voiture pauvre en technologie qui n'apportera rien à l'Iran. Renault assure du contraire, arguant que son moteur 1,6 litre est le plus sophistiqué de la gamme. «L'Iran est le seul pays où un investisseur amène de l'argent et se fait engueuler», dira un jour Louis Schweitzer. En avril 2006 les conservateurs obtiennent satisfaction. Le projet est suspendu. La raison ?

Un prétexte oiseux sur le pourcentage de voitures dévolues à l'exportation. Renault doit commencer par 10%, puis monter vers 20%. Pour les irréductibles, la formulation est imprécise. Le ratio de 20% ne doit pas être un objectif mais une obligation. Un diktat insupportable pour Renault, dont l'optique est de se concentrer sur le marché local. Mais les Iraniens sont inflexibles. Le temps est de leur côté. Après trois mois de bras de fer, Renault accepte l'oukase. En mars 2007, Iran Khodro et Saipa lancent la campagne de précommande. Elle dure une semaine. Et ils sont 85 000 à s'inscrire et à payer. Pourquoi cet engouement pour une voiture qui n'existe pas encore ? Parce que le marché de l'auto mobile est dicté par l'offre et qu'ici la voiture est un objet de spéculation. Dès que l'acheteur touche son véhicule, il le revend avec une plus-value de 30%. Mais il faut être patient. Aujourd'hui, près de 60 000 clients n'ont toujours pas reçu leur auto.

Avenir incertain

Les premières Tondar sortent à l'été 2007. Elles sont au même niveau que les Logan produites ailleurs. Et 88% des clients se disent satisfaits. «Aujourd'hui, on sort 300 voitures par jour dans les deux usines, indique Maxime Boniteau. On veut arriver à 1 000 à la fin de l'année. Et l'an prochain, on réussira le plan.»

Voire, car, d'ici là, Renault n'est pas à l'abri d'une autre catastrophe. Une échéance importante se déroulera le 4 novembre : l'élection américaine. Un candidat n'aura pas les faveurs locales, c'est le républicain John McCain. Interrogé sur la politique qu'il mènerait dans la région, le sénateur de l'Arizona a répondu en parodiant le tube des Beach Boys, Bar bara Ann : «Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran». C'est vrai que depuis quatre ans, Renault a connu beaucoup de tuiles en Iran. Mais pas encore de bombes.

Renault découvre les risques des pays low-cost

Carlos Ghosn est un fonceur-né. Depuis son arrivée à la tête de Renault, en avril 2005, le PDG a mis le turbo sur le programme Logan (une voiture sur cinq produite par Renault est une low-cost) et a investi tous azimuts dans les pays à bas coûts. En Iran, mais aussi en Roumanie, en Russie, en Inde, au Maroc, en Colombie, en Argentine et au Brésil, et même en Afrique du Sud via Nissan. L'an dernier, la production des divisions Euromed, Amériques et Afrique-Asie a progressé de 20, 50 et 32%, dépassant la barre du million de véhicules. Mais ces zones réservent des surprises. Il y a les revendications salariales, comme on l'a vu fin mars avec la grève longue de près de trois semaines des ouvriers de l'usine roumaine Dacia. Il y a le facteur politique, les gouvernements et les ministères qui se succèdent, les patrons des entreprises publiques qui valsent et les changements d'orientation qui en découlent.

Il y a aussi les lenteurs d'une administration souvent tatillonne. En discussion depuis juillet avec l'indien Bajaj pour la fabrication d'une voiture very low-cost, Renault en est au stade de l'étude de faisabilité. Le 29 avril, à l'assemblée générale, Ghosn a néanmoins confirmé ses objectifs de ventes pour le groupe.


jeudi, mai 08, 2008

Des ayatollahs dénoncent la politique économique d'Ahmadinejad

Des ayatollahs dénoncent la politique économique d'Ahmadinejad
Source : Le Figaro du 23/04/2008 par Delphine Minoui

À un an de l'élection présidentielle en Iran, Mahmoud Ahmadinejad préfère ignorer les critiques, en rendant «les ennemis de l'intérieur» responsables de la hausse des prix. Crédits photo : MAULE/Fotogramma/ROPI-REA
L'inflation, qui approche 20 % par an, alimente la colère des classes défavorisées qui avaient porté Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir en 2005.
LiInflation qui sévit en Iran est à l'origine d'une levée de bouclier généralisée contre le président Mahmoud Ahmadinejad. Trois grands ayatollahs viennent de sortir de leur réserve habituelle pour critiquer ouvertement et dans le détail la politique économique du gouvernement. «De plusieurs coins de la nation, on peut entendre les plaintes contre les prix élevés et l'inflation, notamment dans le secteur du logement où le cri du peuple est plus fort», a ainsi estimé l'un d'entre eux, le grand ayatollah Nasser Makarem Shirazi, cité par le quotidien Aftab-é Yazd.

Selon les chiffres officiels, l'in­flation a atteint 18,4 % au cours des douze derniers mois. D'après les experts, les prix du logement auraient, eux, augmenté de 100 % sur deux ans. «Ce n'est pas la première fois qu'on entend de telles critiques relatives à la politique d'Ahmadinejad», rappelle Thierry Coville, spécialiste de l'Iran, et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris.

Au cours de l'année passée, plusieurs députés et économistes iraniens ont signalé leur mécontentement. «Mais l'intervention des religieux montre que cette ­fois-ci, la population commence à être excédée. Les classes défavo­risées sont particulièrement touchées. Face au mécontentement popu­laire, les ayatollahs tirent la son­nette d'alarme», explique Thierry Coville.

L'intervention des éminences religieuses vient se greffer sur la guerre ouverte au sein du gouvernement qui a poussé à la démission le ministre des Finances. Hier, lors de son dernier jour au minis­tère, Davoud Danesh­Jafari a critiqué le budget 2008-2009 élaboré par le gouvernement d'Ahmadinejad, estimant qu'il allait alimenter l'inflation en faisant marcher la planche à billets.


«Manque de professionnalisme»

Élu en 2005 sur une plate­forme de justice sociale et de redistribution des richesses aux pauvres, Mahmoud Ahmadinejad s'est engagé dans une politique d'injection massive de pétrodollars dans l'économie, à l'origine d'une hausse du volume des liquidités qui a nourri la hausse des prix. Il a également favorisé la multiplication des prêts à faible taux d'intérêt. «Ce genre de politique crée un semblant d'activité, mais elle est malsaine, car elle ­provoque une inflation incontrô­lable», note Thierry Coville, qui n'exclut pas une aggravation de la crise économique dans les mois à venir. «Au début des années 1990, rappelle-t-il, le taux d'inflation avait atteint un pic de 50 %.»

En près de trois ans de pouvoir, le président iranien a procédé au remplacement d'un grand nombre de ses ministres. À cela s'ajoute le départ de l'ancien directeur du Plan et la démission du gouverneur de la Banque centrale. «Toutes les personnalités qui entouraient sa politique économique sont parties, commente Thierry Coville. C'est symbolique d'une absence de plan d'ensemble, d'une cacophonie généralisée, qui révèle un manque de professionnalisme.»

La crise économique n'a pas tardé à s'inviter dans la bataille politique à laquelle se livrent Ahmadinejad et ses adversaires, à un an de l'élection présidentielle.

L'ex-président Ali Akbar Ha­chemi Rafsandjani, qui a conservé un rôle clé au sein du pouvoir, vient de lancer une mise en garde en affirmant que «la hausse du prix des produits alimentaires ­touche plus particulièrement les pauvres. Au­jourd'hui, si l'injustice augmente, les gens se révoltent et c'est leur droit, car ils n'ont pas d'autres choix» , a-t-il déclaré. Fidèle à sa politique jusqu'au-boutiste, le président iranien préfère, lui, ignorer la vague de critiques, en rendant «les ennemis de l'intérieur» régulièrement responsables de l'inflation.

La semaine dernière, il a ac­cusé ces opposants anonymes de contrôler une «mafia économique» et de l'empêcher d'ap­pliquer son programme.

Accord sur un gazoduc entre l’Inde et l’Iran

Source : AFP

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, en visite mardi 29 avril à New Delhi, a promis la construction prochaine d'un gazoduc reliant l'Iran à l'Inde via le Pakistan, un chantier essentiel pour l'Inde aux besoins énergétiques croissants.
Les entretiens avec le Premier ministre indien Manmohan Singh sur ce gazoduc, évalué à 7,5 milliards de dollars, "ont été très positifs et nous espérons boucler ce projet dans un proche avenir", a déclaré le chef de l'Etat iranien lors d'un point de presse.

Ce gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI) est "un projet immense (...) avec des conséquences sociales, économiques et politiques pour nos deux pays", a plaidé Mahmoud Ahmadinejad, qui a passé quelques heures à New Delhi en provenance du Sri Lanka où il a lancé des projets énergétiques d'une valeur de 1,2 milliard de dollars, dont l'agrandissement de l'unique raffinerie de pétrole de l'île.
Par ailleurs, un accord pour lancer définitivement la construction de ce gazoduc IPI devrait être signé prochainement entre le Pakistan n et l’Iran.

lundi, avril 28, 2008

Les pasdarans, nouveaux maîtres de l'iran

Les pasdarans,nouveaux maîtres de l'Iran
Le Figaro - envoyé spécial à Téhéran Georges Malbrunot
24/04/2008
.
Durant la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les gardiens de la révolution ont accru leurs pouvoirs, mais ils sont divisés et toujours sous le contrôle du guide suprême Ali Khamenei (portrait ci-dessus).
Durant la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les gardiens de la révolution ont accru leurs pouvoirs, mais ils sont divisés et toujours sous le contrôle du guide suprême Ali Khamenei (portrait ci-dessus). Crédits photo : AFP
Leur poids dans le prochain Parlement est un des enjeux du second tour des législatives, qui a lieu vendredi.

La photo a jauni. Elle date de la révolution islamique en 1979. Moghadam Kanani et une poignée de pasdarans entourent dévotement son héros, l'ayatollah Khomeiny. Trente ans après, l'ex-Gardien de la révolution porte toujours la barbe, mais c'est l'homme d'affaires qui reçoit dans son bureau au nord de Téhéran. «Ce sont les pasdarans qui ont reconstruit le pays après la guerre contre l'Irak, cette guerre qui leur conféra une légitimité. C'est normal qu'ils aient ­encore beaucoup d'influence», déclare cet ingénieur formé en Grande-Bretagne, après sa démobilisation du front. Fondateur d'un mouvement écologiste, Moghadam Kanani, 52 ans, incarne cette autre lignée de gardiens de la révolution. Militaires par devoir face à l'ennemi, avant de devenir avocat, enseignant ou chef d'entreprise. «Cette double casquette leur donne une plus grande ouverture que les mollahs, l'autre colonne vertébrale du régime», observe Anis Naccache, ancien activiste, reconverti lui aussi dans les affaires. L'an dernier, la société d'ingénierie de Kanani a même signé un contrat avec une entreprise française de Vitrolles pour la construction d'une ligne TGV entre Téhéran et Méchad, à 700 km à l'est de la capitale. Aujourd'hui annulé.

Sous la présidence d'Ahmadinejad, les pasdarans ont accru leurs positions dans les affaires. Khatam ­al-Anbia, leur empire qui va de la banque au tourisme en passant par la téléphonie mobile, a plus de 250 projets industriels en chantier, auxquels s'ajoutent 1 220 autres, achevés depuis 1990. Mais c'est l'entrée de ce trust, exonéré d'impôts, dans les secteurs stratégiques du pétrole et du gaz, qui a soulevé les plus vives critiques. Les adversaires d'Ahmadinejad l'accusent d'avoir offert à ses amis du ministère du Pétrole deux importants contrats d'une valeur totale de 4 milliards de dollars. Sans appel d'offres. Comme cette autre affaire remportée par les pasdarans, avec la construction d'une portion du métro de Téhéran (2,4 milliards de dollars).

Mais il y a aussi la face cachée de l'iceberg : les soixante ports clandestins gérés par les «gardiens». Un aéroport inaccessible au public, à l'ouest de Téhéran, où transiteraient des marchandises sensibles. Sans oublier le juteux trafic d'alcool à partir du port de Bandar Abbas, où chaque jour, un conteneur serait revendu par les gardiens de la révolution. «Quand je suis arrivé en Iran en 1991, se souvient un homme d'affaires occidental, j'ai vu apparaître un concurrent qui im­porta soudainement 300 appareils de radiologie, en fait, c'était les pasdarans qui opéraient à travers une société écran» . Sous Ahmadinejad, ils n'avancent plus masqués. Marginalisés pendant la présidence de son prédécesseur réformateur, Mohammad Khatami, les gardiens prennent leur revanche. Jamais ils n'ont été aussi présents dans les rouages de l'État. «Ils ont pris le pouvoir, c'est dangereux pour l'avenir du pays», prévient un proche de Khatami.

Missiles balistiques et nucléaire clandestin

La moitié des ministres sont d'anciens pasdarans ou vétérans des services de renseignements. 80 députés (sur 290) aussi. Et de Bagdad aux Nations unies à New York, une douzaine de représentations diplomatiques leur reviennent. Mais le joyau reste le contrôle opérationnel qu'ils exercent sur les programmes de fabrication des missiles balistiques Shahab, capables de frapper Israël, et sur le nucléaire militaire clandestin, au centre du différend avec l'Occident.

«Le nucléaire est aussi un enjeu de pouvoir entre les factions iraniennes, note un diplomate, en le contrôlant, les pasdarans rééquilibrent le rapport de forces face aux mollahs, qui, eux, s'appuient sur le velayat-faqhi», cet autre pilier du système en vertu duquel le religieux prime le temporel.

Khomeyni, qui les appelait au soir de sa vie à ne pas se mêler de politique, doit se retourner dans sa tombe. Mais si les gardiens sont parvenus jusqu'au sommet du pouvoir, c'est pour défendre un seul et même objectif : contrer toute avancée démocratique qui mettrait en danger la République islamique. À deux reprises durant les années Khatami, les pasdarans sont sortis du bois pour lancer de sévères mises en garde. Durant les manifestations étudiantes de 1999, lorsque 24 commandants affirmèrent qu'ils «ne pouvaient tolérer davantage» de troubles. Et quelques années plus tard, le 8 mai 2004, quelques heures seulement après l'ouverture officielle de l'aéroport Imam Khomeyni à Téhéran, lorsqu'une unité pasdaran ordonna sa fermeture, invoquant «la menace sur la sécurité» du pays que représentait une société turque qui avait reçu la gestion de l'établissement en partenariat avec une entreprise iranienne. En réalité, les gardiens redoutaient de perdre la maîtrise du trafic de marchandises. Et dans un cas comme dans l'autre, personne ne broncha.

«Mauvais calcul»

Mais en les faisant sortir de l'ombre, Ahmadi­nejad a exposé l'institution pasdarans aux sanctions internationales. Qu'il s'agisse du métro de Téhéran ou du secteur pétrolier, les gardiens ne peuvent plus avancer, sans les crédits extérieurs, dont ils sont désormais privés. Ainsi, la Société générale a-t-elle été contrainte de renoncer l'an dernier au financement du gigantesque projet de développement du champ gazier de South Pars, offert aux pasdarans. «Faire du business avec eux c'est faire des affaires avec des terroristes» , soutiennent les États-Unis, qui ont inscrit les pasdarans sur la liste des organisations terroristes. «Mauvais calcul», répond l'analyste iranien, Amir Tahéri, qui préconise une approche plus sélective. Grâce à certains d'entre eux, des fléaux comme la corruption ont reculé. Loin de les voir comme les auteurs potentiels d'un «coup d'État» , d'aucuns les considèrent comme les seuls à pouvoir ouvrir le système politique. «Grâce à leur passé militaire, des gens comme le maire de Téhéran, Mohamed Ghalibaf, sont capables de mener à bien une normalisation avec l'Occident. Contrairement à Khatami, ils ont les moyens de mettre en œuvre leur politique pragmatique» , soutient le chercheur Bernard Hourcade. Gardiens de la révolution certes, mais d'une révolution qui change.
.

samedi, avril 19, 2008

L'inflation galopante, préoccupation des Iraniens

L'inflation galopante, préoccupation des Iraniens

Reuters, Fredrik Dahl - 12 mars 2008

Le problème le plus pressant des classes moyennes iraniennes avant les élections législatives de vendredi est l'inflation galopante, pas la confrontation entre l'Iran et les pays occidentaux sur son programme nucléaire.

Hashem Hosseini est boucher à Islamshahr, localité à 50 km au sud-ouest de Téhéran dont le nom signifie "ville de l'islam". Dans sa boucherie quasi déserte, il le confirme: le prix de l'agneau a augmenté de 20% au cours du mois passé.
"Ceux qui n'ont pas beaucoup de moyens sont dans une situation bien plus critique", explique-t-il. Voilà qui devrait inquiéter le président Mahmoud Ahmadinejad, arrivé au pouvoir il y a près de trois ans en promettant de répartir les revenus du pétrole iranien plus équitablement.

"C'est quoi cette histoire de nucléaire ?", ricane un jeune homme mécontent, dans un autre commerce. "Il y a des gens ici qui se réveillent la nuit la faim au ventre. Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres." Comme d'autres Iraniens critiquant le gouvernement, cet homme de 28 ans ne veut pas être donner son nom.
Selon des analystes, les problèmes économiques vont sans doute éclipser la question nucléaire dans l'esprit de nombreux électeurs, même si le scrutin a lieu moins de deux semaines après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'Onu d'une troisième série de sanctions - assez modérées - contre l'Iran.

DÉPENSES SOCIALES

Des hommes politiques mécontents de la façon dont Ahmadinejad gère une économie pesant 280 milliards de dollars cherchent à prendre le contrôle du Parlement, aux mains de ses alliés conservateurs, afin de se renforcer avant l'élection présidentielle de l'an prochain. Si l'inflation galopante peut fragiliser le camp du président avant les élections, la hausse des dépenses sociales à destination des pauvres opérée depuis son arrivée au pouvoir pourrait limiter l'érosion de sa popularité.

Fazrullah Nemati, 63 ans, se plaint lui aussi de l'inflation mais y voit un problème mondial sur lequel le gouvernement a peu de prise. "Ahmadinejad n'est pas responsable", estime cet ingénieur à la retraite, qui sait gré au président d'avoir porté sa retraite mensuelle à deux millions de rials (environ 216 dollars), même s'il a du mal à joindre les deux bouts. Selon le gouvernement, le pays, quatrième producteur mondial de brut, a encaissé environ 70 milliards de dollars de revenus du pétrole au cours de l'année passée. L'économie croît à un rythme annuel qui dépasse 6% et des centaines de milliers d'emplois ont été créés.
Seulement, il ne semble pas que cette prospérité concerne tout un chacun à Islamshahr, où de violentes manifestations contre la hausse des prix avaient eu lieu au milieu des années 1980. Des voitures et des bus décrépits encombrent ses rues polluées. Dans les magasins et sur les marchés, les gens disent avoir du mal à faire face à toutes leurs dépenses, entre les loyers en hausse et les prix alimentaires qui augmentent eux aussi, avec des salaires qui stagnent.

INFLATION OFFICIELLE: 20%

Ahmadinejad, qui aime se présenter comme un défenseur des pauvres, est visé par des critiques de plus en plus vives au Parlement et dans la presse pour son incapacité à juguler l'inflation, officiellement évaluée à 20%. Selon des économistes, elle est sans doute plus élevée. En revanche, la population le soutient en majorité pour son intransigeance dans le dossier nucléaire, même si des responsables politiques plus pragmatiques estiment qu'elle risque d'isoler encore l'Iran.

Les économistes imputent la hausse de l'inflation à des dépenses excessives de pétrodollars, notamment sous la forme de subventions pour l'essence et la nourriture, dans cette économie étroitement contrôlée par l'Etat. Le président, qui devrait sans doute briguer sa réélection en 2009, a accusé ses opposants d'exagérer le problème, tout en promettant d'agir pour maîtriser la hausse des prix à la consommation. Selon Knut Ostby, qui dirige le Programme des Nations unies pour le développement en Iran, l'inflation risque d'accentuer le fossé entre riches et pauvres. "Nous craignons une hausse des inégalités car les salaires ne suivent pas l'inflation et ceux qui ont peu ont de moins en moins", a-t-il dit à Téhéran.

Il salue néanmoins le fait que les autorités tentent d'accroître la protection sociale et de lancer des projets de développement. "Il y a un recul de la pauvreté absolue." A Islamshahr, Hosseini le boucher affirme que les affaires sont bien moins bonnes que d'habitude à cette période de l'année, avant le début des vacances du Nouvel An, le 21 mars. "L'an dernier nous n'aurions pas eu le temps de s'asseoir pour vous parler", dit-il. "Il n'y a plus de files d'attente." Selon lui, un kilo de boeuf, dans son magasin, coûte 75.000 rials, soit une hausse de près de 60% en un an.
C'est trop pour une femme à qui le médecin a conseillé d'acheter de la viande pour son fils de sept ans, malade. "C'était trop cher", déplore cette femme au foyer de 30 ans, qui repart les mains vides. "Cela s'aggrave chaque jour."