lundi, septembre 28, 2009
Menaces de nouvelles sanctions contre l'Iran
"Des sanctions qui ne serviront rien"
Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux semblent décidés à mettre la pression sur Téhéran. Mais, en ne se concentrant que sur le dossier nucléaire, Obama risque d’échouer.
28.09.2009 | Roger Cohen | The New York Times
La France et l’Allemagne se sont affrontées à trois reprises en soixante-dix ans avant que ne leur vienne l’idée brillante d’intégrer leur problème à quelque chose de plus grand : la Communauté européenne. Les Etats-Unis et l’Iran n’ont jamais été en guerre, mais leurs relations sont marquées par une méfiance psychopathologique. Ils n’ont qu’à s’inspirer des Français et des Allemands, en élargissant le contexte de leurs rapports. Les révélations sur une deuxième usine d’enrichissement d’uranium construite en secret par l’Iran ne modifient pas l’équation nucléaire, si cette dernière se mesure à la capacité du pays à fabriquer une bombe. Ce qui a changé, c’est la psychologie du programme nucléaire iranien. La méfiance était déjà profonde, elle est désormais sans fond. Avec l’usine d’enrichissement de Natanz, capable d’accueillir 54 000 centrifugeuses (à peine plus de 8 000 s’y trouveraient), et alors que son unique centrale nucléaire en est encore au stade expérimental, l’Iran n’a manifestement pas 54 000 raisons de creuser dans le flanc d’une montagne près de la ville sainte de Qom pour en installer 3 000 de plus.
Téhéran veut disposer d’une option nucléaire militaire bien que la réalité suscite autant sa nervosité que son hésitation. Le projet nucléaire de Qom est révélateur de l’état d’esprit qui règne chez les dirigeants iraniens. Le programme d’enrichissement est dorénavant sacré car il symbolise l’indépendance du pays, un peu comme la nationalisation du secteur pétrolier dans les années 1950. Les usines de Natanz et de Qom ont pour effet de précipiter la menace de nouvelles sanctions. Nicolas Sarkozy a évoqué l’idée de les imposer en décembre si aucun “changement en profondeur” n’était constaté. Le président Obama, qui préfère laisser le côté va-t-en-guerre aux Européens, a évité le mot “sanction”, mais s’est montré aussi sévère que possible. Toutefois, plus que les mots, ce sont les absents qui ont pesé lourd. L’Iran se serait immédiatement repris si Obama avait eu à ses côtés les dirigeants de l’Allemagne, de la Russie et de la Chine. Ces trois pays sont les principaux partenaires commerciaux de l’Iran. La chancelière Angela Merkel n’a pas trouvé le temps. La Russie a fait part de ses “inquiétudes sérieuses”. La Chine a grommelé quelque chose à propos du “dialogue”. Un peu faible, en guise de ferme résolution.
J’ai déjà dit que les sanctions ne marcheront pas. Ray Takeyh, qui a travaillé sur l’Iran avec Dennis Ross au ministère des Affaires étrangères avant de perdre son emploi, en août, m’a expliqué que “les sanctions, c’est la solution pour se donner bonne conscience”. Bonne conscience, parce qu’on a le sentiment d’avoir fait quelque chose, mais cela n’aide guère. Dans cette affaire, les sanctions n’aideront effectivement pas, pour quatre raisons. Un : l’Iran est immunisé contre les sanctions. Il vit avec depuis des années, et Dubaï lui permet d’importer des produits au prix d’une surtaxe tolérable. Deux : la Russie et la Chine ne soutiendront jamais des sanctions autrement que du bout des lèvres. Trois : ce n’est pas en interrompant les ventes d’essence que l’on sape un symbole presque sacré, à savoir la puissance nucléaire. Quatre : les sanctions alimentent le complexe de persécution qui permet au régime iranien de prospérer. “On ne parle jamais vraiment de l’efficacité des sanctions car, dans ce cas, on ne se retrouve qu’avec deux possibilités : une frappe militaire ou un Iran nucléarisé, ce dont personne ne veut. Par conséquent, la réponse est : imposons d’autres sanctions ! C’est un débat biaisé”, affirme d’ailleurs un haut responsable du ministère des Affaires étrangères allemand.
La malhonnêteté est un élément inévitable du programme nucléaire iranien. Téhéran pratique la dissimulation. Israël, à l’origine de l’ambiguïté nucléaire dans la région, a répété à l’envi depuis le début des années 1990 que les Iraniens étaient sur le point d’avoir la bombe. Or, à en croire les renseignements américains, il leur faudra encore quelques années. Nous avons donc bel et bien le choix : soit nous procédons à une frappe militaire, soit nous acceptons de vivre avec un Iran nucléarisé. Mais qu’est-ce qu’un “Iran nucléarisé” ? Est-ce un Iran qui dispose d’armes atomiques – développement dangereux s’il en est – ou bien un Iran dont les installations d’enrichissement sont supervisées par l’AIEA ? Je pense qu’un enrichissement sous surveillance sur le territoire iranien, au nom de ce qu’Obama a appelé le “droit” de l’Iran à “une énergie nucléaire pacifique”, constitue une base possible pour parvenir à un accord qui mettrait un terme à la militarisation. Zéro enrichissement, aujourd’hui, ce n’est plus envisageable. Pour éviter que ne soient votées des sanctions stériles, les Etats-Unis ne doivent pas oublier qu’il faut élargir le contexte. Le régime iranien est faible. Son désarroi a une fois de plus été patent.
William Burns, le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires politiques, qui assiste aux discussions multilatérales avec l’Iran, se doit d’ouvrir en parallèle des négociations directes avec Téhéran, du moins sur l’Afghanistan et l’Irak (où les intérêts des deux pays sont souvent convergents), le Hezbollah et le Hamas (où ce n’est pas le cas), les droits de l’homme, les actifs iraniens bloqués, les relations diplomatiques, les accords de sécurité régionaux, le trafic de drogue, la lutte contre Al-Qaida, les visas et la libre circulation des personnes. Isolées, les discussions sur le nucléaire sont vouées à l’échec ; intégrées à un cadre plus général, peut-être qu’elles ne capoteront pas. L’Iran souffre d’un complexe vis-à-vis de l’Amérique, source de son sentiment d’humiliation. Son programme nucléaire a avant tout pour but de renouer avec son orgueil national. Il faut résoudre ce complexe pour freiner le programme. Il faut trianguler, penser en grand. Penser Union européenne, pas traité de Versailles.
dimanche, septembre 27, 2009
Point sur les sanctions en vigueur contre l'Iran
L’Iran a été sanctionné par les résolutions 1737 , 1747 et 1803 adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, respectivement le 23 décembre 2006, le 24 mars 2007 et le 3 mars 2008.
Une nouvelle résolution (1835) a été adoptée le 27 septembre 2008 qui réaffirme les résolutions précédentes.
Les résolutions 1737 , 1747 et 1803 ont été mises en œuvre par l’Union européenne (via les Positions communes 2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007,
2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008 et le Règlement (CE) 423/2007 du 19 avril 2007 et sa modification (CE) 1110/2008 du 10 novembre 2008).
Ces sanctions concernent principalement les domaines nucléaire et balistique, ainsi que les exportations d'armement. Elles prévoient notamment le gel des avoirs et des transactions de certaines banques iraniennes (Sepah et Melli) et appellent les Etats à la vigilance et à la retenue en matière de financements et d’assurance crédit.
Par ailleurs, dans un communiqué publié le 11 octobre 2007, le groupe d’action financière (GAFI) a exprimé sa préoccupation sur l’absence en Iran « d’un système complet de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » et a appelé les institutions financières à appliquer des vigilances renforcées à l’égard des transactions financières de leurs clients en provenance ou à destination de l’Iran. Ce communiqué a été relayé le 19 octobre 2007 par le G7 qui a estimé souhaitable que les institutions financières prennent en compte les risques afférants à l’Iran.
De plus, un communiqué de la DGTPE, appelant les personnes assujetties aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et en particulier les institutions financières, à la mise en œuvre de vigilances renforcées sur les opérations en provenance ou à destination de l’Iran et de l’Ouzbékistan, est diffusé sur le site du ministère : http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/sanctions/iran/c0811.pdf
- l’avis du 16 mai 2007, aux importateurs et exportateurs en provenance et à destination de l'Iran
- les résolutions de l’ONU 1737 , 1747, 1803 et 1835
- les règlements européens successifs 140, 242, 246, 423, 618, 1110
- Décret_n°2008-83_du_24_janvier_2008
- les positions européennes communes :
- 2007/140/PESC du 27 février 2007,
- 2007/246/PESC du 23 avril 2007,
- 2008/479/PESC du 23 juin 2008,
- 2008/652/PESC du 7 août 2008
Voir aussi : http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/sanctions/sanctionsiran.php
mercredi, juillet 15, 2009
L’Iran sous l’emprise de l’argent
Source : Le Monde Diplomatique, juin 2009
En 2005, les candidats « réformistes » avaient été battus lors du scrutin présidentiel parce qu’ils s’étaient montrés incapables de proposer une solution aux problèmes sociaux. M. Mahmoud Ahmadinejad, lui, avait promis d’« apporter l’argent du pétrole sur la table du peuple ». Aujourd’hui, le président iranien est à son tour interpellé sur son bilan économique.Alors que l’Iran se trouve au centre de l’attention internationale, l’élection de ce mois-ci se joue à nouveau autour de problèmes intérieurs.
Par Ramine Motamed-Nejad
Economiste, maître de conférences au Centre d’économie de la Sorbonne, université Paris-I.
Dès la fin de la guerre avec l’Irak (1988), le rapport de la société et de la classe politique iraniennes à l’argent a connu une transformation radicale, les valeurs morales, en particulier religieuses, jusque-là dominantes, connaissant un net recul. Dans un ouvrage paru en 1998, le sociologue Faramarz Rafipour (1) impute en premier lieu cette évolution à l’émergence d’une minorité qui n’hésite plus à « exhiber sa richesse ». Une attitude que le gouvernement de M. Hachémi Rafsandjani n’a fait que renforcer en incitant, à l’aube des années 1990, les entrepreneurs de la diaspora à « regagner le pays », afin de contribuer à sa reconstruction.
A l’autre extrémité de l’échelle sociale, une majorité de la population a été frappée par une décennie de crises, provoquant l’érosion de son pouvoir d’achat et l’aggravation de ses problèmes financiers. Le désir de « mettre en scène » sa richesse, pour les uns, et la montée de la pauvreté, pour les autres, fondent la conclusion de l’auteur : « Les valeurs matérielles et la valeur-richesse ont triomphé. »
Le désir d’opulence a pu s’exprimer à la faveur des réformes économiques — privatisation des entreprises publiques, libéralisation du commerce extérieur — mises en œuvre, à partir de janvier 1990, par le gouvernement du président Rafsandjani.
Depuis vingt ans, la presse mais aussi des rapports officiels n’ont cessé de dénoncer l’« opacité » et les « irrégularités » qui ont entouré ces privatisations. Une partie des bénéficiaires de ces « transferts de propriété » sont les dirigeants de ces sociétés autrefois publiques — une nouvelle élite économique. Ainsi, un rapport du Parlement indique que, en 1994, les titres de plus de cinquante entreprises industrielles ont été cédés à leurs directeurs à des « prix de complaisance », à rebours des « conditions requises par la loi ». Ces titres ont été payés grâce aux prêts arrachés à la Société d’investissement des industries nationales, c’est-à-dire avec de l’argent public, pratique qui s’est poursuivie sous les gouvernements de MM. Mohammad Khatami et Mahmoud Ahmadinejad.
La libéralisation du commerce extérieur constitue l’autre gisement de profits. Elle donne lieu à des rentes considérables, non seulement dans l’économie officielle, mais aussi dans les circuits parallèles dominés par la contrebande. Ce sont, entre autres, les bénéficiaires de ce phénomène que, depuis plusieurs années, la presse qualifie de « mafias ». Ce terme désigne les groupes économiques qui contrôlent l’importation et la redistribution des produits alimentaires, des biens manufacturés et de la drogue, et se livrent au détournement et à l’exportation d’une fraction des produits énergétiques, relevant pourtant du monopole de la Compagnie nationale iranienne du pétrole (National Iranian Oil Company, NIOC).
Comme l’indique la chercheuse Fariba Adelkhah, « les grands marchands du bazar », tout autant que le personnel politique et les institutions du régime, « participent directement et massivement à cette seconde économie, éventuellement pour s’enrichir, mais aussi pour s’autofinancer (2) ». Ainsi l’élite marchande, très influente pendant les années 1980, doit désormais compter avec de nouveaux acteurs économiques en quête de richesse.
Les groupes dominants du capitalisme ne sont pas en reste. Ils ont formé de grands holdings industriels, financiers et commerciaux qui internalisent, le plus souvent, leurs sources de financement, sans renoncer pour autant aux privilèges monétaires que diverses institutions publiques ou parapubliques continuent à leur consentir. Ils s’emparent des commandes publiques, donc de marchés presque garantis, et, là où cela s’avère possible, tentent de se soustraire à leurs dettes.
Du caritatif au lucratif
Il ne s’agit ni d’un capitalisme d’Etat — celui-ci s’est retiré de nombreuses branches économiques — ni d’un capitalisme de marché, ces groupes contournant les contraintes fiscales, commerciales ou financières, tout en entravant l’avènement de nouveaux concurrents. On peut parler d’un capitalisme de monopoles.
Deux exemples illustrent cette mutation. D’une part, les grandes fondations, bâties, pour une partie d’entre elles, au lendemain de la révolution de 1979, et qui se vouent officiellement à des actions caritatives, telle la Fondation des déshérités et des blessés de la guerre Iran-Irak. Très active dans les circuits commerciaux (en particulier dans celui des armes), pendant le conflit qui a opposé les deux pays, elle a, par la suite, profondément diversifié ses activités. Elle comprend des milliers d’entreprises dans l’industrie, le commerce, l’agriculture, le tourisme ou encore le secteur aéronautique. Elle a de surcroît édifié ses propres institutions, consolidées en un immense conglomérat, l’Organisme financier et de crédit de la fondation, dont le pouvoir est colossal. Cependant, en refusant le terme de « banque », cette institution échappe aux contraintes réglementaires érigées par la banque centrale. Dans le même temps, elle refuse de se plier au paiement de ses dettes fiscales. Aux commandes de l’exécutif de 1997 à 2005, le président Khatami, qui a tenté, en vain, d’imposer cette obligation, l’a appris à ses dépens.
Le second exemple de l’ascension des puissances économiques est la firme industrielle Iran Khodro, la plus grande entreprise automobile du Proche-Orient, dont 40 % des titres appartiennent à l’Etat. Elle jouit, avec la firme Saipa, d’un monopole de fait sur ce marché — celle-ci contrôlant 35 % des parts de marché, tandis qu’Iran Khodro en possède plus de 55 %. Après l’ouverture du secteur aux importations, Iran Khodro a conclu des accords de partenariat avec des sociétés étrangères d’autant plus intéressées par le marché iranien que celui-ci est en pleine expansion : sept cent mille voitures vendues en 2004, un million cent mille en 2006, un million deux cent mille en 2008.
Pour Iran Khodro, il s’agit de préserver, voire d’accroître, son hégémonie, tout en favorisant l’acquisition de nouvelles technologies, gages d’une amélioration de la qualité de ses produits et de leur diffusion internationale. PSA Peugeot Citroën, qui avait amorcé, depuis 1992, une coopération industrielle avec Iran Khodro pour la fabrication de la 405 (l’intégration locale est achevée à plus de 60 %), a franchi une nouvelle étape en concluant en mars 2001 un accord de licence pour l’assemblage et le montage de la 206 et de la 307 (la part d’intégration locale étant encore assez faible).
Quant à Renault, il a fondé, pour l’assemblage et le montage de la Logan (la Tondar, en farsi), une société conjointe avec les deux géants iraniens. Il s’agit de Renault Pars, dont il détient 51 % des parts, tandis qu’Iran Khodro et Saipa, alliés pour l’occasion, en possèdent 49 %.
Iran Khodro se positionne également comme un futur acteur du marché mondial. En attestent l’accord que la société vient de signer avec la société algérienne Famoval pour le montage d’un bus en Algérie, ainsi que les unités de production qu’elle a installées, pour la fabrication de la Samande (une version modifiée de la 405), au Venezuela, au Sénégal, en Syrie et en Biélorussie. Une voiture que, par ailleurs, elle exporte déjà, entre autres vers l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Arménie, ou encore la Bulgarie, la Roumanie, l’Ukraine et la Russie.
Au surplus, pour pallier le durcissement de ses contraintes de financement et de liquidités, Iran Khodro a mis à profit l’apparition, institutionnalisée depuis 2000, des banques privées, pour établir, en 2000-2001 (avec d’autres institutions), son propre établissement financier, Pârsian, dont elle détient 30 %. Devenue la plus importante banque privée d’Iran, elle totalise 60 % des dépôts et des crédits de ce secteur.
Dès son accession au sommet de l’exécutif, en juin-juillet 2005, le président Ahmadinejad a dénoncé une partie des banques privées comme responsables de prêts « douteux et discutables ». Il menaça même de dévoiler la liste de ceux qui avaient bénéficié de leurs largesses — une promesse restée, à ce jour, sans suite. La banque Pârsian fut la principale cible de cette campagne. Le véritable enjeu du conflit réside dans le refus de ces établissements de réduire le niveau de leurs taux débiteurs et, par-là, celui de leurs profits. L’affrontement devait atteindre son paroxysme en octobre 2006, lorsque le gouvernement et la banque centrale décidèrent de destituer le président de Pârsian. L’ensemble des banques privées s’éleva contre cette mesure et obtint que cette décision fût cassée, infligeant un échec indiscutable au président Ahmadinejad.
Par la suite, l’attrait grandissant de certains foyers de spéculation (notamment l’immobilier) a incité les banques privées — et aussi publiques — à se détourner du financement des entreprises industrielles. Elles ont procédé à des prêts hypothécaires considérables, mais aussi à des placements immobiliers massifs. Elles ont ainsi contribué au gonflement sans précédent de la bulle immobilière apparue en 2005 (3), qui a favorisé la naissance de ce qu’un mensuel a qualifié de « bourgeoisie immobilière (4) ».
Cette bulle a fini par éclater à partir de mai-juin 2008, sous l’effet d’une décision du gouvernement qui a contraint l’ensemble du système bancaire à interrompre son offre de crédit (y compris les crédits immobiliers déjà promis aux emprunteurs et donc en instance d’être débloqués). Depuis, on a assisté à une baisse drastique de la demande de logements, à un effondrement des prix et à une dévalorisation, au moins partielle, des actifs immobiliers que les banques publiques et privées venaient d’acquérir. Des pertes amplifiées par l’accumulation des créances douteuses sur une partie des institutions publiques et l’Etat lui-même, comme sur des agents privés.
La crise qui en résulte a deux conséquences. En premier lieu, les banques ne sont plus en mesure de consentir de nouvelles avances à l’économie, comme en témoigne l’écroulement de 67 % du crédit bancaire entre décembre 2007 et décembre 2008 (5). Une contraction qui alimente à son tour le déclin de la demande de biens de consommation et de l’investissement, l’érosion de la production industrielle et de la rentabilité des entreprises et la sous-utilisa- tion massive de leurs capacités de production.
« Prisonniers pour dette »
En second lieu, du fait de la perte de valeur de leurs actifs, les banques ne peuvent plus, ou ne veulent plus, rembourser leurs dettes envers la banque centrale : entre septembre 2007 et septembre 2008, les créances de cette dernière (donc de l’Etat) ont augmenté de 106 % (6) ! L’économie productive a été frappée à travers la propagation des impayés aux sociétés et... aux salariés.
La privatisation a fait la fortune des uns. Elle a en revanche exposé une grande partie des travailleurs au chômage (7) ainsi qu’à une situation financière de plus en plus précaire, les propriétaires d’entreprises privatisées ayant délibérément vendu les équipements de leurs sociétés, avant de les déclarer en faillite, ou bien ayant eu recours aux impayés de salaire, ou encore aux licenciements purs et simples. Quant à l’inflation, à l’instar des années 1990, elle a de nouveau emprunté une pente ascendante pour se situer, officiellement, à 25 % pour 2008 — selon d’autres estimations, à au moins 50 % — et plus de 60 % pour le premier trimestre 2009.
Depuis septembre 2005, face au déclin grandissant du salaire réel des couches défavorisées de la population et de la classe moyenne, le gouvernement a axé son programme économique sur la redistribution du crédit, afin de soutenir la consommation tout autant que les débouchés des entreprises. La liste des différentes formes de prêt proposées et officiellement garanties par les autorités suffit à attester l’ampleur de cette politique : ils concernent les retraités, le mariage des jeunes, les étudiants, l’accès au logement, les agriculteurs, etc.
Or, depuis plus de vingt ans, du fait de l’érosion de ses revenus en termes réels, une grande partie de la société est déjà plongée dans l’endettement. En témoigne l’accroissement sensible du nombre de « prisonniers pour dettes » : douze mille (vingt mille autres étant passés par la prison au cours des dix dernières années !) (8). Contredisant les idéaux égalitaires de la révolution de 1979, ces sanctions imposées aux plus modestes s’accompagnent de l’incapacité, ou du manque de volonté, des pouvoirs publics à recouvrer leurs créances sur la plupart des grands groupes économiques.
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(1) Faramarz Rafipour, Développement et contraste. Essai d’analyse de la révolution islamique et des problèmes sociaux de l’Iran, Entechar, Téhéran, 1998 (en farsi).
(2) Dans son compte rendu relatif à l’ouvrage d’Arang Keshavarzian, Bazar and State in Iran. The Politics of the Tehran Marketplace (2007), dans Sociétés politiques comparées, n° 2, Paris, février 2008.
(3) Elle s’est exprimée, au cours des deux dernières années, par la hausse de 200 % des prix des actifs immobiliers dans la ville de Téhéran, où, en dix-huit mois seulement, la valeur des transactions immobilières a atteint 600 milliards de dollars (cf. le mensuel Gozaresh, no 204, Téhéran, janvier 2009, p. 27).
(4) Kamal At-Hari, « La bourgeoisie immobilière », Cheshmeh Andaz-e Iran, n° 47, Téhéran, janvier-février 2008.
(5) Cf. le quotidien Sarmayeh, Téhéran, 23 avril 2009.
(6) Sarmayeh, 10 janvier 2009.
(7) Selon les publications officielles, en 2008, autour de 15 % de la population active se trouvait au chômage.
(8) Jam-e jam, Téhéran, 20 décembre 2008..
Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2009/06/MOTAMED_NEJAD/17226 - juin 2009
mercredi, juillet 01, 2009
Rafsandjani - Khamenei, la guerre sourde des religieux
Arrestations, intimidations… Les deux haut dignitaires s’affrontent.
Par JEAN-PIERRE PERRIN
C’est désormais la guerre au sein même du régime. Une guerre impitoyable. Une guerre encore largement secrète mais que révèlent certains indices, comme l’arrestation samedi à Téhéran de Faezeh, la fille de l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani ; son fils, Mehdi, sur le point d’être capturé, aurait réussi à prendre la fuite. C’est donc une attaque en règle qui se dessine contre ce haut dignitaire du régime, personnalité intouchable et président de deux institutions clés de la révolution islamique. Si la faction dominante au sein du régime s’en prend à lui avec autant de violence, tout en le couvrant de compliments, ce n’est pas seulement parce que Rafsandjani, un hodjatoleslam (rang intermédiaire dans le clergé chiite) conservateur, a financé la campagne du réformateur Moussavi. C’est d’abord parce qu’il orchestre une campagne souterraine dans les milieux religieux dans le but de sanctionner le Guide suprême, Ali Khamenei. Autrement dit, de l’acculer à la démission.
Légitimité. L’opération n’est pas facile. Le Guide est le chef des forces armées et de sécurité. Il nomme le président de l’institution judiciaire et, directement, six des douze membres du Conseil de surveillance de la Constitution, la clé de voûte du système et, indirectement, les six autres. Il incarne à ce point la légitimité théocratique que toute critique de sa personne peut conduire en prison. Un seul organe peut superviser son action et, en théorie, le révoquer, c’est l’Assemblée des experts, que préside justement Rafsandjani.
Depuis le début des événements, Rafsandjani est silencieux. Il n’a pas dénoncé les fraudes dont a été victime Moussavi. Mais, dans la coulisse, il est à la manœuvre. Il s’est rendu dans la puissante ville sainte de Qom, où siège la Howzeh (le bureau des séminaires théologiques). Il y a rencontré le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, la plus haute sommité religieuse du chiisme - il réside à Najaf en Irak. Sur Rooyeh.com, proche de la Howzeh, on découvre que Ali Khamenei est sur la sellette. Le site, qui a depuis été bloqué, évoque ainsi la possibilité de sa démission et de son remplacement par «un conseil de guidance», composé de hauts religieux. «Le Guide est le père du peuple. Aujourd’hui, il tend à n’être que celui d’une partie de la population», lui reproche-t-on.
République. Si la bagarre est aussi violente entre le sommet du pouvoir et la mouvance réformatrice, soutenue par une large partie de la jeunesse qui profite de la situation pour contester le système, c’est parce que Moussavi et ses amis se sont rendu compte que le Guide et son champion, Ahmadinejad, voulaient changer la nature du régime. Le métamorphoser de République islamique en «gouvernement islamique», comme on peut le lire sur le site de Moussavi. Ce qui signifie que le régime n’aurait plus besoin de légitimité populaire. Et les réformateurs n’y auraient plus leur place.
Les coups que se donnent les uns et les autres ne sont pas de nature à renforcer le système. «Il reste peu de temps pour sauver le régime. Ne l’utilisez pas pour accélérer sa chute», avertissait hier l’ex-président réformateur Mohammad Khatami.
lundi, juin 22, 2009
Google et Facebook se mettent au persan
Iran : Google et Facebook se mettent au persan
par la rédaction, ZDNet France. Publié le 19 juin 2009
Tags: Twitter, Facebook, Google
Stratégie - Google Translate et Facebook supportent tous les deux le persan, langue parlée par 60 millions d'Iraniens. Le but étant d’offrir de nouveaux moyens d’expression aux opposants. Et aussi de rejoindre Twitter qui a devancé tout le monde…
Le vent de liberté et de contestation qui souffle actuellement en Iran a déjà produit une petite révolution dans le monde des réseaux sociaux.
Après Twitter, voilà que Google et Facebook volent à leur tour au secours des opposants iraniens, qui contestent les résultats des votes et la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Ainsi, le service de traduction Google Translate et Facebook viennent-ils d'annoncer prendre en charge le persan, la langue officielle en Iran. Autant de nouvelles armes face à la censure du pouvoir iranien sur les moyens de communication (courriels, SMS...).
Depuis le début du mouvement de contestation du scrutin présidentiel, les opposants se sont vite rabattus sur Twitter devenu en quelques jours l'un des derniers relais de cette contestation. Le site de micro blogging est devenu tellement vital que le gouvernement américain serait même intervenu pour qu'il reporte une opération de maintenance.
Sans préjuger des louables intentions qui animent Google et Facebook, on ne peut éviter d'y voir le formidable coup de communication qui découle de ces initiatives. On ne peut que souhaiter que cela se poursuive et s'étende aux trop nombreux pays dans lesquels les droits de l'homme sont bafoués. (Eureka Presse)
dimanche, mars 29, 2009
Iran-Chine : un contrat qui dérange
La Chine doit aider l'Iran à exploiter ce gisement, qualifié de plus grande réserve de gaz naturel du monde, rapporte le webzine iranien Mardomak. Le contrat prévoit la production de 10 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) sur une durée de trois ans.
Les médias iraniens se sont fait largement l'écho de cette nouvelle. Ce contrat montre que la Chine n'est pas très sensible aux appels lancés récemment par le président américain Barack Obama, qui a renouvelé les sanctions américaines contre l'Iran. Il a également demandé aux autres pays de ne pas coopérer avec la République islamique, car elle refuse de suspendre son programme nucléaire, malgré plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies en ce sens.
lundi, mars 02, 2009
Iran-Mexico want to expand relations
Iran has expressed readiness to explore possibilities to expand tourism and energy cooperation with Mexico.
Ali Reza Salari, Iran's deputy foreign minister for the Americas said on Friday that the Iranian delegation visiting Mexico is to study greater possibilities for realizing new potentials in trade and tourism with the Latin American nation.
"With Mexico, there is absolutely no political problem between us. No cultural problems. It shows we have many shortcomings in our trade relations," Salari said.
He said the annual trade with Brazil is USD 2b, while the annual trade with Mexico stands at a low of merely USD 50m.
As the pro-US government of Mexico tries to find other markets outside the US, Iran may have more opportunities to start new business ventures.
The Islamic Republic has boosted ties with Latin American countries with hundreds of Iranian engineers working in Venezuela's housing projects.
Tehran has also opened new embassies in Nicaragua and Bolivia.
RZS/HAR
vendredi, décembre 12, 2008
Coup de froid diplomatique entre Paris et Téhéran
Coup de froid diplomatique entre Paris et Téhéran
par Nicolas Falez - RFI
C’est la télévision iranienne qui le rapporte : Bernard Poletti, ambassadeur de France à Téhéran, a reçu ce mercredi 10 décembre 2008 une « mise en garde » de la part du gouvernement iranien. Les dirigeants la République islamique n’ont visiblement pas apprécié les propos de Nicolas Sarkozy cette semaine, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Impossible de serrer la main à quelqu’un qui a osé dire qu’Israël devait être rayé de la carte » a dit le Chef de l’Etat français, en référence aux déclarations répétées du président iranien Ahmadinejad sur ce thème. Toujours selon la télévision iranienne, l’ambassadeur de France s’est vu signifier que ces propos étaient « irréfléchis » et qu’ils pouvaient avoir des « conséquences dans les relations ente les deux pays ». Ce coup de froid intervient alors que la relation Paris-Téhéran est déjà très éprouvée par la crise du nucléaire.
Les dernières rencontres bilatérales de haut-niveau entre dirigeants français et iraniens datent de 2005. Cette année-là, plusieurs personnalités ont été reçues à Paris, y compris le président iranien de l’époque Mohammed Khatami, lui-même. Que s’est-il passé depuis ? Le réformateur Khatami a été remplacé par l’ultra-conservateur Ahmadinejad. L’Iran a repris l’enrichissement d’uranium dans le cadre d’un programme nucléaire jugé hautement suspect par les Occidentaux, s’attirant ainsi plusieurs séries de sanctions internationales votées par le Conseil de sécurité des Nations unies. Enfin, Mahmoud Ahmadinejad a multiplié les déclarations tonitruantes à l’égard d’Israël, prédisant la destruction de l’Etat hébreu. Des propos qui ont à chaque fois été suivis de nombreuses critiques internationales.
L’Iran doté de la bombe ? « Inacceptable » pour Nicolas Sarkozy
Dans le dossier nucléaire, la France a activement contribué à la politique « de la carotte et du bâton » que mène le groupe des Six, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) plus l’Allemagne. Le bâton, ce sont les sanctions internationales. La carotte, l’offre de coopération que les Six ont posée sur la table pour tenter d’obtenir de l’Iran qu’il suspende l’enrichissement d’uranium. La position actuelle de la France dans cette affaire a été clairement énoncée par le président Sarkozy, quelques mois après son élection en 2007 : « Un Iran doté de l’arme atomique est pour moi inacceptable » avait affirmé le chef de l’Etat, avant d’évoquer « une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran » (par Israël ou les Etats-Unis). Ce discours très ferme de Paris est peu apprécié à Téhéran. Dès lors, chaque geste irrite. Ce fut le cas en janvier 2008 lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé la prochaine installation d’une base militaire permanente aux Emirats arabes unis, c'est-à-dire à quelques encablures des côtes iraniennes.
Mahmoud Ahmadinejad et Israël
Autre grand sujet de friction entre la France et l’Iran : les déclarations répétées de Mahmoud Ahmadinejad concernant Israël. L’Iran et l’Etat hébreu n’ont aucune relation diplomatique depuis la Révolution islamique de 1979 et chaque semaine, des dizaines de milliers d’Iraniens scandent « Mort à Israël » lors de la très politique grande prière du vendredi. Mais depuis l’élection de l’actuel président iranien en 2005, ce dernier n’a de cesse de prédire la fin de l’Etat d’Israël, qualifié de « germe de corruption » ou de « souillure infâme » devant être « rayé de la carte ». Sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, cette rhétorique a par ailleurs pris une nouvelle dimension puisque le président iranien a organisé à l’automne 2006 une « conférence » durant laquelle les orateurs ont remis en cause l’existence de la Shoah, l’extermination de six millions de juifs en Europe par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Là encore, la France condamne chacune de ces saillies. Ce fut donc encore le cas cette semaine, dans le discours présidentiel à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Droits de l’homme
La situation des droits de l’homme en Iran est un autre sujet de tension entre Paris et Téhéran. Les exécutions capitales en Iran (317 en 2007) et notamment les pendaisons de mineurs, les discriminations envers les minorités religieuses ou encore le statut des femmes iraniennes ont été critiqués par la présidence française de l’Union européenne. Ces sujets sensibles furent à l’origine du précédent coup de froid en date entre Paris et Téhéran, en octobre dernier : l’ambassadeur d’Iran en France a été convoqué au ministère français des Affaires étrangères… alors que l’ambassadeur de France en Iran connaissait le même sort à Téhéran !
Et en 2009 ?Une relation tendue depuis plusieurs années, susceptible de se crisper à la moindre occasion… néanmoins, la France préconise le dialogue avec l’Iran dès lors qu’il s’agit d’apaiser les tensions régionales. Ce fut le cas en 2007 lorsqu’un émissaire français (Jean-Claude Cousserand) a multiplié les voyages dans la région – et notamment à Téhéran - pour tenter de trouver une issue à la crise politique libanaise. Ce sera encore le cas en cette mi-décembre 2008 à Paris, avec l’organisation d’une conférence consacrée à l’Afghanistan : l’Iran fait partie des pays voisins invités.
Reste à découvrir l’équation nouvelle qui naîtra en 2009. D’abord avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, fin-janvier. Le président élu des Etats-Unis a préconisé le dialogue avec l’Iran pour tenter de surmonter la crise du nucléaire, tout en reprenant à son compte la formule de « la carotte et du bâton ». Si demain Washington initie un dialogue historique avec Téhéran quelle sera la place des Européens – et notamment des Français - dans cette nouvelle configuration ? Autre inconnue de 2009 : l’élection présidentielle iranienne du mois de juin. Mahmoud Ahmadinejad sera-t-il candidat à sa propre succession ? Si oui, l’emportera-t-il ? Et s’il est battu, son successeur appellera-t-il lui-aussi à la disparition d’Israël ?
jeudi, novembre 06, 2008
Un hebdo interdit par les autorités
Source : AFP
Les autorités iraniennes ont interdit de parution l'hebdomadaire modéré Shahrvand Emrouz, qui critiquait régulièrement le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, a indiqué son avocat à l'AFP aujourd'hui. "Malheureusement Shahrvand a été interdit, bien que nous n'en ayons pas encore été averti officiellement", a dit Mahmoud Alizadeh Tabatabai, joint par téléphone.
L'interdiction a été ordonnée par l'autorité de contrôle de la presse, dépendant du ministère de la Culture, "au prétexte que le magazine avait une licence de publication culturelle et sociale qui ne peut publier des articles politiques", a dit l'avocat.
Lancé en mars 2007, Shahrvand Emrouz couvrait les questions d'actualité politique et culturelle iranienne et internationale. Il sortait le samedi ou le dimanche. Le magazine donnait régulièrement la voix à des économistes critiquant la politique de M. Ahmadinejad.
L'agence de presse Fars, proche des conservateurs, a dit aujourd'hui que l'interdiction de Shahrvand dont le dernier numéro était sorti ce week-end résultait de sa "description irréaliste de certaines mesures gouvernementales".
L'annonce de cette interdiction intervient au lendemain d'une sévère critique de la presse par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. "Cette atmosphère irresponsable consistant à parler contre le gouvernement ne sera pas pardonnée facilement par Dieu", a dit mercredi la plus haute autorité de l'Etat.
samedi, novembre 01, 2008
Des avions russo-ukréniens produits par l'Iran
KIEV, 31 octobre - RIA Novosti. L'Iran produira 50 court-courriers de nouvelle génération russo-ukrainiens An-148 conformément à un mémorandum signé vendredi à Ispahan, ancienne capitale iranienne, dans le cadre du salon aéronautique Iran Kish Airshow 2008, a annoncé le bureau d'études Antonov cité par l'agence ukrainienne UNIAN.
L'Ukraine et l'Iran ont signé "vendredi un mémorandum portant sur l'intention de la partie iranienne d'acheter et de produire 50 avions régionaux de nouvelle génération An-148, version passagers, avec le concours des entreprises russes et ukrainiennes. Le mémorandum détermine les étapes clés du travail et prévoit l'éventuelle modification de l'avion dans l'intérêt des compagnies aériennes iraniennes", selon l'agence.
Le mémorandum a été signé par les entreprises ukrainiennes - le bureau d'études ANTK Antonov, Motor Sich, l'usine aéronautique Aviant de Kiev et l'entreprise aéronautique de Kharkov - ainsi que par l'usine iranienne HESA d'Ispahan qui produit déjà les An-140-100 ukrainiens en vertu d'une licence russo-ukrainienne.
Les parties s'engagent à oeuvrer pour la signature d'un accord intergouvernemental ukraino-iranien en ce sens.
L'An-148 est un biréacteur court-courrier qui peut transporter entre 68 et 85 passagers. Sa distance franchissable est de 5.000 km, sa vitesse de croisière de 820 à 870 km/h. Cet appareil, qui peut se poser sur les pistes non revêtues, respecte les dernières normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et de l'agence EuroControl relatives aux bruits, aux émissions toxiques et à la précision de navigation.
jeudi, octobre 23, 2008
L'Iran à la merci des cours de l'or noir
L'Iran à la merci
des cours de l'or noir
23/10/2008 | Mise à jour : 10:55 |
Jusqu'ici épargnée par la crise financière, la République islamique est rattrapée par la baisse des prix du pétrole.
Beyrouth
Les leaders iraniens se seraient-ils réjouis trop vite ? Revanche de Dieu, capitulation des valeurs américaines, échec de la démocratie libérale… Voilà maintenant près de deux semaines qu'ils y vont de leurs petites phrases pour se railler de la récession qui affecte l'économie du « Grand Satan » américain - avec qui Téhéran a rompu toute forme de relation diplomatique depuis presque trente ans.
« Ceux qui voulaient nous enfoncer dans une crise à propos du dossier nucléaire sont aujourd'hui punis par Dieu avec une récession ! » s'est même enthousiasmé l'ayatollah Ahmad Khatami lors de la grande prière, vendredi dernier. Ses propos venaient renforcer ceux du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad qui, quelques jours plus tôt, prédisait « la fin du capitalisme ».
Téhéran a de quoi faire la fête. La récession actuelle a soudainement renvoyé aux calendes grecques l'épineux dossier nucléaire qui faisait la une de la presse internationale depuis de longs mois. De plus, l'économie iranienne reste, pour l'heure, largement épargnée par les difficultés que rencontrent les pays occidentaux. À la Bourse de Téhéran, les actions, bien que légèrement en baisse ces derniers jours, ont enregistré une hausse de 20 % sur l'année. Mais certains économistes voient dans la survie des cours de la Bourse iranienne des raisons beaucoup moins « divines » : la quasi-absence d'investisseurs étrangers sur la place iranienne et le degré très élevé d'étatisation de l'économie.
Téhéran puise dans ses réserves
À long terme, les Iraniens pourraient finir par rire jaune. Les effets de la crise financière aux États-Unis, qui provoque la chute des cours du pétrole, risquent d'être fatals à Téhéran. Cinquième exportateur mondial d'or noir, la République islamique - dont 90 % des recettes à l'exportation et 75 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole - ne va pas tarder à ressentir les effets de la baisse du prix du baril sur son économie.
Hier, le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, s'est empressé de plaider en faveur d'une baisse de la production de l'Opep d'au moins 2 millions de barils par jour.
Les exportations d'or noir auraient rapporté environ 70 milliards de dollars à l'Iran au cours de l'année dernière. Une manne qui a largement bénéficié aux politiques populistes du gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad. Depuis son élection, en juin 2005, ce dernier n'a pas hésité à dépenser les pétrodollars pour consolider sa base populaire et multiplier les aides aux plus démunis : prêts avantageux, distribution des « actions de justice », augmentation de certains salaires au détriment d'investissements industriels.
D'après ses détracteurs, il aurait même puisé dans les réserves du Fonds de stabilisation, créé à l'époque de son prédécesseur, Mohammad Khatami, et où sont traditionnellement versés les surplus pour s'assurer un stock de sécurité en cas de crise. De quoi inquiéter aujourd'hui les milieux financiers.
mardi, octobre 21, 2008
L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz
L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz
TEHERAN (AFP) — L'Iran, le Qatar et la Russie, gros producteurs de gaz, sont convenus mardi de former une "troïka" ayant pour objectif de dynamiser l'assemblée des exportateurs de gaz, sans la transformer pour autant en cartel sur le modèle de l'Opep.
"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier", a affirmé le président du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller.
Le responsable, qui s'exprimait à Téhéran aux côtés des ministres iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari et qatari de l'Energie Abdallah ben Hamad al-Attiyah, a ajouté qu'ils allaient se "rencontrer régulièrement dans le cadre de cette "troïka" ".
La prochaine rencontre est prévue à Moscou d'ici "trois à quatre mois", selon M. Miller.
Les trois responsables ont également conclu un accord créant une commission technique "dont l'une des tâches est d'examiner les projets communs et tripartites", a poursuivi le chef de Gazprom. Elle se réunira d'ici quelques jours à Doha au Qatar, selon M. Attiyah.
Le ministre iranien du Pétrole est allé plus loin en affirmant que les trois pays s'étaient entendus pour créer une nouvelle organisation des pays exportateurs de gaz.
Selon M. Nozari, les trois pays sont "arrivés à un consensus pour la création d'une organisation commune gazière (...), accélérer sa mise en place et préparer ses statuts".
Mais ses interlocuteurs ont été plus prudents sur les perspectives de viabilité d'une telle structure.
M. Miller a remarqué que l'activité de la "troïka" devait s'inscrire dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), qui existe depuis 2001.
"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier et peut jouer le rôle de locomotive pour des pays exportateurs de gaz dans le cadre de l'assemblée des exportateurs de gaz", a dit le président de Gazprom.
Le FPEG est une organisation informelle rassemblant peu ou prou les principaux pays détenteurs de réserves de gaz.
Mais elle n'est pas comparable à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui est un véritable cartel doté de statuts et dont les décisions s'imposent à tous les membres.
Le ministre qatari s'est lui aussi gardé d'évoquer la création d'une nouvelle organisation.
Il a évoqué "une vision commune" à propos de l'actuel Forum, mais sans apporter de détails à ce sujet. Il a ajouté que "lors de la future réunion ministérielle des pays exportateurs de gaz, ce projet sera confirmé".
La Russie, l'Iran et le Qatar sont les trois premiers détenteurs de gaz avec environ 60% des réserves mondiales.
Leurs statuts d'exportateurs sont pourtant bien distincts. La Russie est le premier fournisseur de gaz naturel et le Qatar vise la première place pour l'exportation de gaz naturel liquéfié. L'Iran en revanche est un importateur net de cet hydrocarbure, faute d'investissements et d'une forte croissance de la consommation interne.
De nombreux experts ont mis en doute par le passé la viabilité d'un cartel du gaz sur le modèle de celui du pétrole, dont l'objectif est de contribuer à moduler le prix du baril en jouant sur l'offre.
Les contrats liant producteurs et consommateurs de gaz sont généralement à long terme, à cause du montant des investissements nécessaires pour l'acheminer.
Le pétrole est virtuellement livrable d'un point du globe à l'autre, alors que le marché gazier est largement régionalisé.
mercredi, octobre 08, 2008
Avertissement du Ministère des affaires étrangères aux entreprises : sanctions à l'égard de l'Iran
L’Iran a été sanctionné par les résolutions 1737, 1747 et 1803 adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, respectivement le 23 décembre 2006, le 24 mars 2007 et le 3 mars 2008. Une nouvelle résolution (1835) a été adoptée le 27 septembre 2008 qui réaffirme les résolutions précédentes. Les résolutions 1737, 1747 et 1803 ont été mises en œuvre par l’Union européenne (via les Positions communes 2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008 et le Règlement (CE) 423/2007 du 19 avril 2007). Ces sanctions concernent principalement les domaines nucléaire et balistique, ainsi que les exportations d'armement. Elles prévoient notamment le gel des avoirs et des transactions de certaines banques iraniennes (Sepah et Melli) et appellent les Etats à la vigilance et à la retenue en matière de financements et d’assurance crédit.
Par ailleurs, dans un communiqué publié le 11 octobre 2007, le groupe d’action financière (GAFI) a exprimé sa préoccupation sur l’absence en Iran « d’un système complet de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » et a appelé les institutions financières à appliquer des vigilances renforcées à l’égard des transactions financières de leurs clients en provenance ou à destination de l’Iran. Ce communiqué a été relayé le 19 octobre 2007 par le G7 qui a estimé souhaitable que les institutions financières prennent en compte les risques afférants à l’Iran.
- l’avis du 16 mai 2007, aux importateurs et exportateurs en provenance et à destination de l'Iran,
- les résolutions de l’ONU 1737 , 1747, 1803 et 1835.
- les règlements européens successifs 140, 242, 246, 423, 618,
- la déclaration du GAFI.
- Décret_n°2008-83_du_24_janvier_2008
- les positions européennes communes:
2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008
Voir aussi: http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/sanctions/sanctionsiran.php
Inauguration de la tour Milad Source : AFP 07/10/2008 | Mise à jour : 21:58 | Commentaires 1 . Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Mi
Source : AFP, 07/10/2008
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Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Milad, la quatrième plus haute tour de télécommunications au monde (435 m), qui doit devenir l'un des emblèmes de Téhéran.
Inspirée de l'architecture islamique, la tour, bâtie sur les collines du nord-ouest de la capitale, a été achevée après 11 ans de travaux, pour un coût d'environ 194 millions de dollars.
Haute de 435 m (dont une antenne de 100 m), la tour est coiffée d'un toit de métal et de verre haut de 12 étages et large de 60 m, qui accueille un restaurant panoramique, une galerie d'art, une terrasse extérieure ainsi que des zones réservées aux systèmes de télécommunications.
Selon ses concepteurs, la tour Milad est la quatrième plus haute du monde après la tour CN de Toronto (Canada), la tour Ostankino de Moscou et l'Oriental Pearl de Shanghai (Chine).