mercredi, juillet 01, 2009

Rafsandjani - Khamenei, la guerre sourde des religieux

Source : Liberation du 23 juin 2009


Arrestations, intimidations… Les deux haut dignitaires s’affrontent.

Par JEAN-PIERRE PERRIN

C’est désormais la guerre au sein même du régime. Une guerre impitoyable. Une guerre encore largement secrète mais que révèlent certains indices, comme l’arrestation samedi à Téhéran de Faezeh, la fille de l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani ; son fils, Mehdi, sur le point d’être capturé, aurait réussi à prendre la fuite. C’est donc une attaque en règle qui se dessine contre ce haut dignitaire du régime, personnalité intouchable et président de deux institutions clés de la révolution islamique. Si la faction dominante au sein du régime s’en prend à lui avec autant de violence, tout en le couvrant de compliments, ce n’est pas seulement parce que Rafsandjani, un hodjatoleslam (rang intermédiaire dans le clergé chiite) conservateur, a financé la campagne du réformateur Moussavi. C’est d’abord parce qu’il orchestre une campagne souterraine dans les milieux religieux dans le but de sanctionner le Guide suprême, Ali Khamenei. Autrement dit, de l’acculer à la démission.

Légitimité. L’opération n’est pas facile. Le Guide est le chef des forces armées et de sécurité. Il nomme le président de l’institution judiciaire et, directement, six des douze membres du Conseil de surveillance de la Constitution, la clé de voûte du système et, indirectement, les six autres. Il incarne à ce point la légitimité théocratique que toute critique de sa personne peut conduire en prison. Un seul organe peut superviser son action et, en théorie, le révoquer, c’est l’Assemblée des experts, que préside justement Rafsandjani.

Depuis le début des événements, Rafsandjani est silencieux. Il n’a pas dénoncé les fraudes dont a été victime Moussavi. Mais, dans la coulisse, il est à la manœuvre. Il s’est rendu dans la puissante ville sainte de Qom, où siège la Howzeh (le bureau des séminaires théologiques). Il y a rencontré le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, la plus haute sommité religieuse du chiisme - il réside à Najaf en Irak. Sur Rooyeh.com, proche de la Howzeh, on découvre que Ali Khamenei est sur la sellette. Le site, qui a depuis été bloqué, évoque ainsi la possibilité de sa démission et de son remplacement par «un conseil de guidance», composé de hauts religieux. «Le Guide est le père du peuple. Aujourd’hui, il tend à n’être que celui d’une partie de la population», lui reproche-t-on.

République. Si la bagarre est aussi violente entre le sommet du pouvoir et la mouvance réformatrice, soutenue par une large partie de la jeunesse qui profite de la situation pour contester le système, c’est parce que Moussavi et ses amis se sont rendu compte que le Guide et son champion, Ahmadinejad, voulaient changer la nature du régime. Le métamorphoser de République islamique en «gouvernement islamique», comme on peut le lire sur le site de Moussavi. Ce qui signifie que le régime n’aurait plus besoin de légitimité populaire. Et les réformateurs n’y auraient plus leur place.

Les coups que se donnent les uns et les autres ne sont pas de nature à renforcer le système. «Il reste peu de temps pour sauver le régime. Ne l’utilisez pas pour accélérer sa chute», avertissait hier l’ex-président réformateur Mohammad Khatami.

lundi, juin 22, 2009

Google et Facebook se mettent au persan

Iran : Google et Facebook se mettent au persan

Stratégie - Google Translate et Facebook supportent tous les deux le persan, langue parlée par 60 millions d'Iraniens. Le but étant d’offrir de nouveaux moyens d’expression aux opposants. Et aussi de rejoindre Twitter qui a devancé tout le monde…

Le vent de liberté et de contestation qui souffle actuellement en Iran a déjà produit une petite révolution dans le monde des réseaux sociaux.

Après Twitter, voilà que Google et Facebook volent à leur tour au secours des opposants iraniens, qui contestent les résultats des votes et la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Ainsi, le service de traduction Google Translate et Facebook viennent-ils d'annoncer prendre en charge le persan, la langue officielle en Iran. Autant de nouvelles armes face à la censure du pouvoir iranien sur les moyens de communication (courriels, SMS...).

Depuis le début du mouvement de contestation du scrutin présidentiel, les opposants se sont vite rabattus sur Twitter devenu en quelques jours l'un des derniers relais de cette contestation. Le site de micro blogging est devenu tellement vital que le gouvernement américain serait même intervenu pour qu'il reporte une opération de maintenance.

Sans préjuger des louables intentions qui animent Google et Facebook, on ne peut éviter d'y voir le formidable coup de communication qui découle de ces initiatives. On ne peut que souhaiter que cela se poursuive et s'étende aux trop nombreux pays dans lesquels les droits de l'homme sont bafoués. (Eureka Presse)

dimanche, mars 29, 2009

Iran-Chine : un contrat qui dérange

Pékin et Téhéran ont conclu un contrat de 3,2 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) pour l'exploitation du gisement gazier de South Pars, dans le golfe Persique.

La Chine doit aider l'Iran à exploiter ce gisement, qualifié de plus grande réserve de gaz naturel du monde, rapporte le webzine iranien Mardomak. Le contrat prévoit la production de 10 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) sur une durée de trois ans.

Les médias iraniens se sont fait largement l'écho de cette nouvelle. Ce contrat montre que la Chine n'est pas très sensible aux appels lancés récemment par le président américain Barack Obama, qui a renouvelé les sanctions américaines contre l'Iran. Il a également demandé aux autres pays de ne pas coopérer avec la République islamique, car elle refuse de suspendre son programme nucléaire, malgré plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies en ce sens.

lundi, mars 02, 2009

Iran-Mexico want to expand relations

Iran-Mexico want to expand relations

Iran has expressed readiness to explore possibilities to expand tourism and energy cooperation with Mexico.

Ali Reza Salari, Iran's deputy foreign minister for the Americas said on Friday that the Iranian delegation visiting Mexico is to study greater possibilities for realizing new potentials in trade and tourism with the Latin American nation.

"With Mexico, there is absolutely no political problem between us. No cultural problems. It shows we have many shortcomings in our trade relations," Salari said.

He said the annual trade with Brazil is USD 2b, while the annual trade with Mexico stands at a low of merely USD 50m.

As the pro-US government of Mexico tries to find other markets outside the US, Iran may have more opportunities to start new business ventures.

The Islamic Republic has boosted ties with Latin American countries with hundreds of Iranian engineers working in Venezuela's housing projects.

Tehran has also opened new embassies in Nicaragua and Bolivia.

RZS/HAR

vendredi, décembre 12, 2008

Coup de froid diplomatique entre Paris et Téhéran

Coup de froid diplomatique entre Paris et Téhéran

par Nicolas Falez - RFI

C’est la télévision iranienne qui le rapporte : Bernard Poletti, ambassadeur de France à Téhéran, a reçu ce mercredi 10 décembre 2008 une « mise en garde » de la part du gouvernement iranien. Les dirigeants la République islamique n’ont visiblement pas apprécié les propos de Nicolas Sarkozy cette semaine, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Impossible de serrer la main à quelqu’un qui a osé dire qu’Israël devait être rayé de la carte » a dit le Chef de l’Etat français, en référence aux déclarations répétées du président iranien Ahmadinejad sur ce thème. Toujours selon la télévision iranienne, l’ambassadeur de France s’est vu signifier que ces propos étaient « irréfléchis » et qu’ils pouvaient avoir des « conséquences dans les relations ente les deux pays ». Ce coup de froid intervient alors que la relation Paris-Téhéran est déjà très éprouvée par la crise du nucléaire.


Les dernières rencontres bilatérales de haut-niveau entre dirigeants français et iraniens datent de 2005. Cette année-là, plusieurs personnalités ont été reçues à Paris, y compris le président iranien de l’époque Mohammed Khatami, lui-même. Que s’est-il passé depuis ? Le réformateur Khatami a été remplacé par l’ultra-conservateur Ahmadinejad. L’Iran a repris l’enrichissement d’uranium dans le cadre d’un programme nucléaire jugé hautement suspect par les Occidentaux, s’attirant ainsi plusieurs séries de sanctions internationales votées par le Conseil de sécurité des Nations unies. Enfin, Mahmoud Ahmadinejad a multiplié les déclarations tonitruantes à l’égard d’Israël, prédisant la destruction de l’Etat hébreu. Des propos qui ont à chaque fois été suivis de nombreuses critiques internationales.

L’Iran doté de la bombe ? « Inacceptable » pour Nicolas Sarkozy

Dans le dossier nucléaire, la France a activement contribué à la politique « de la carotte et du bâton » que mène le groupe des Six, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) plus l’Allemagne. Le bâton, ce sont les sanctions internationales. La carotte, l’offre de coopération que les Six ont posée sur la table pour tenter d’obtenir de l’Iran qu’il suspende l’enrichissement d’uranium. La position actuelle de la France dans cette affaire a été clairement énoncée par le président Sarkozy, quelques mois après son élection en 2007 : « Un Iran doté de l’arme atomique est pour moi inacceptable » avait affirmé le chef de l’Etat, avant d’évoquer « une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran » (par Israël ou les Etats-Unis). Ce discours très ferme de Paris est peu apprécié à Téhéran. Dès lors, chaque geste irrite. Ce fut le cas en janvier 2008 lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé la prochaine installation d’une base militaire permanente aux Emirats arabes unis, c'est-à-dire à quelques encablures des côtes iraniennes.

Mahmoud Ahmadinejad et Israël

Autre grand sujet de friction entre la France et l’Iran : les déclarations répétées de Mahmoud Ahmadinejad concernant Israël. L’Iran et l’Etat hébreu n’ont aucune relation diplomatique depuis la Révolution islamique de 1979 et chaque semaine, des dizaines de milliers d’Iraniens scandent « Mort à Israël » lors de la très politique grande prière du vendredi. Mais depuis l’élection de l’actuel président iranien en 2005, ce dernier n’a de cesse de prédire la fin de l’Etat d’Israël, qualifié de « germe de corruption » ou de « souillure infâme » devant être « rayé de la carte ». Sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, cette rhétorique a par ailleurs pris une nouvelle dimension puisque le président iranien a organisé à l’automne 2006 une « conférence » durant laquelle les orateurs ont remis en cause l’existence de la Shoah, l’extermination de six millions de juifs en Europe par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Là encore, la France condamne chacune de ces saillies. Ce fut donc encore le cas cette semaine, dans le discours présidentiel à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Droits de l’homme

La situation des droits de l’homme en Iran est un autre sujet de tension entre Paris et Téhéran. Les exécutions capitales en Iran (317 en 2007) et notamment les pendaisons de mineurs, les discriminations envers les minorités religieuses ou encore le statut des femmes iraniennes ont été critiqués par la présidence française de l’Union européenne. Ces sujets sensibles furent à l’origine du précédent coup de froid en date entre Paris et Téhéran, en octobre dernier : l’ambassadeur d’Iran en France a été convoqué au ministère français des Affaires étrangères… alors que l’ambassadeur de France en Iran connaissait le même sort à Téhéran !

Et en 2009 ?

Une relation tendue depuis plusieurs années, susceptible de se crisper à la moindre occasion… néanmoins, la France préconise le dialogue avec l’Iran dès lors qu’il s’agit d’apaiser les tensions régionales. Ce fut le cas en 2007 lorsqu’un émissaire français (Jean-Claude Cousserand) a multiplié les voyages dans la région – et notamment à Téhéran - pour tenter de trouver une issue à la crise politique libanaise. Ce sera encore le cas en cette mi-décembre 2008 à Paris, avec l’organisation d’une conférence consacrée à l’Afghanistan : l’Iran fait partie des pays voisins invités.

Reste à découvrir l’équation nouvelle qui naîtra en 2009. D’abord avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, fin-janvier. Le président élu des Etats-Unis a préconisé le dialogue avec l’Iran pour tenter de surmonter la crise du nucléaire, tout en reprenant à son compte la formule de « la carotte et du bâton ». Si demain Washington initie un dialogue historique avec Téhéran quelle sera la place des Européens – et notamment des Français - dans cette nouvelle configuration ? Autre inconnue de 2009 : l’élection présidentielle iranienne du mois de juin. Mahmoud Ahmadinejad sera-t-il candidat à sa propre succession ? Si oui, l’emportera-t-il ? Et s’il est battu, son successeur appellera-t-il lui-aussi à la disparition d’Israël ?

jeudi, novembre 06, 2008

Un hebdo interdit par les autorités

Iran: un hebdo interdit par les autorités
Source : AFP

Les autorités iraniennes ont interdit de parution l'hebdomadaire modéré Shahrvand Emrouz, qui critiquait régulièrement le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, a indiqué son avocat à l'AFP aujourd'hui. "Malheureusement Shahrvand a été interdit, bien que nous n'en ayons pas encore été averti officiellement", a dit Mahmoud Alizadeh Tabatabai, joint par téléphone.

L'interdiction a été ordonnée par l'autorité de contrôle de la presse, dépendant du ministère de la Culture, "au prétexte que le magazine avait une licence de publication culturelle et sociale qui ne peut publier des articles politiques", a dit l'avocat.

Lancé en mars 2007, Shahrvand Emrouz couvrait les questions d'actualité politique et culturelle iranienne et internationale. Il sortait le samedi ou le dimanche. Le magazine donnait régulièrement la voix à des économistes critiquant la politique de M. Ahmadinejad.

L'agence de presse Fars, proche des conservateurs, a dit aujourd'hui que l'interdiction de Shahrvand dont le dernier numéro était sorti ce week-end résultait de sa "description irréaliste de certaines mesures gouvernementales".

L'annonce de cette interdiction intervient au lendemain d'une sévère critique de la presse par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. "Cette atmosphère irresponsable consistant à parler contre le gouvernement ne sera pas pardonnée facilement par Dieu", a dit mercredi la plus haute autorité de l'Etat.

samedi, novembre 01, 2008

Des avions russo-ukréniens produits par l'Iran

Iran Kish Airshow 2008: l'Iran produira des avions russo-ukrainiens An-148

KIEV, 31 octobre - RIA Novosti. L'Iran produira 50 court-courriers de nouvelle génération russo-ukrainiens An-148 conformément à un mémorandum signé vendredi à Ispahan, ancienne capitale iranienne, dans le cadre du salon aéronautique Iran Kish Airshow 2008, a annoncé le bureau d'études Antonov cité par l'agence ukrainienne UNIAN.

L'Ukraine et l'Iran ont signé "vendredi un mémorandum portant sur l'intention de la partie iranienne d'acheter et de produire 50 avions régionaux de nouvelle génération An-148, version passagers, avec le concours des entreprises russes et ukrainiennes. Le mémorandum détermine les étapes clés du travail et prévoit l'éventuelle modification de l'avion dans l'intérêt des compagnies aériennes iraniennes", selon l'agence.

Le mémorandum a été signé par les entreprises ukrainiennes - le bureau d'études ANTK Antonov, Motor Sich, l'usine aéronautique Aviant de Kiev et l'entreprise aéronautique de Kharkov - ainsi que par l'usine iranienne HESA d'Ispahan qui produit déjà les An-140-100 ukrainiens en vertu d'une licence russo-ukrainienne.

Les parties s'engagent à oeuvrer pour la signature d'un accord intergouvernemental ukraino-iranien en ce sens.

L'An-148 est un biréacteur court-courrier qui peut transporter entre 68 et 85 passagers. Sa distance franchissable est de 5.000 km, sa vitesse de croisière de 820 à 870 km/h. Cet appareil, qui peut se poser sur les pistes non revêtues, respecte les dernières normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et de l'agence EuroControl relatives aux bruits, aux émissions toxiques et à la précision de navigation.

jeudi, octobre 23, 2008

L'Iran à la merci des cours de l'or noir

L'Iran à la merci
des cours de l'or noir

Delphine Minoui
23/10/2008 | Mise à jour : 10:55 |
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Jusqu'ici épargnée par la crise financière, la République islamique est rattrapée par la baisse des prix du pétrole.

Beyrouth

Les leaders iraniens se seraient-ils réjouis trop vite ? Revanche de Dieu, capitulation des valeurs américaines, échec de la démocratie libérale… Voilà maintenant près de deux semaines qu'ils y vont de leurs petites phrases pour se railler de la récession qui affecte l'économie du « Grand Satan » américain - avec qui Téhéran a rompu toute forme de relation diplomatique depuis presque trente ans.

« Ceux qui voulaient nous enfoncer dans une crise à propos du dossier nucléaire sont aujourd'hui punis par Dieu avec une récession ! » s'est même enthousiasmé l'ayatollah Ahmad Khatami lors de la grande prière, vendredi dernier. Ses propos venaient renforcer ceux du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad qui, quelques jours plus tôt, prédisait « la fin du capitalisme ».

Téhéran a de quoi faire la fête. La récession actuelle a soudainement renvoyé aux calendes grecques l'épineux dossier nucléaire qui faisait la une de la presse internationale depuis de longs mois. De plus, l'économie iranienne reste, pour l'heure, largement épargnée par les difficultés que rencontrent les pays occidentaux. À la Bourse de Téhéran, les actions, bien que légèrement en baisse ces derniers jours, ont enregistré une hausse de 20 % sur l'année. Mais certains économistes voient dans la survie des cours de la Bourse iranienne des raisons beaucoup moins « divines » : la quasi-absence d'investisseurs étrangers sur la place iranienne et le degré très élevé d'étatisation de l'économie.

Téhéran puise dans ses réserves

À long terme, les Iraniens pourraient finir par rire jaune. Les effets de la crise financière aux États-Unis, qui provoque la chute des cours du pétrole, risquent d'être fatals à Téhéran. Cinquième exportateur mondial d'or noir, la République islamique - dont 90 % des recettes à l'exportation et 75 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole - ne va pas tarder à ressentir les effets de la baisse du prix du baril sur son économie.

Hier, le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, s'est empressé de plaider en faveur d'une baisse de la production de l'Opep d'au moins 2 millions de barils par jour.

Les exportations d'or noir auraient rapporté environ 70 milliards de dollars à l'Iran au cours de l'année dernière. Une manne qui a largement bénéficié aux politiques populistes du gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad. Depuis son élection, en juin 2005, ce dernier n'a pas hésité à dépenser les pétrodollars pour consolider sa base populaire et multiplier les aides aux plus démunis : prêts avantageux, distribution des « actions de justice », augmentation de certains salaires au détriment d'investissements industriels.

D'après ses détracteurs, il aurait même puisé dans les réserves du Fonds de stabilisation, créé à l'époque de son prédécesseur, Mohammad Khatami, et où sont traditionnellement versés les surplus pour s'assurer un stock de sécurité en cas de crise. De quoi inquiéter aujourd'hui les milieux financiers.


mardi, octobre 21, 2008

L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz

L'Iran, le Qatar et la Russie forment une "troïka" du gaz

TEHERAN (AFP) — L'Iran, le Qatar et la Russie, gros producteurs de gaz, sont convenus mardi de former une "troïka" ayant pour objectif de dynamiser l'assemblée des exportateurs de gaz, sans la transformer pour autant en cartel sur le modèle de l'Opep.

"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier", a affirmé le président du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller.

Le responsable, qui s'exprimait à Téhéran aux côtés des ministres iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari et qatari de l'Energie Abdallah ben Hamad al-Attiyah, a ajouté qu'ils allaient se "rencontrer régulièrement dans le cadre de cette "troïka" ".

La prochaine rencontre est prévue à Moscou d'ici "trois à quatre mois", selon M. Miller.

Les trois responsables ont également conclu un accord créant une commission technique "dont l'une des tâches est d'examiner les projets communs et tripartites", a poursuivi le chef de Gazprom. Elle se réunira d'ici quelques jours à Doha au Qatar, selon M. Attiyah.

Le ministre iranien du Pétrole est allé plus loin en affirmant que les trois pays s'étaient entendus pour créer une nouvelle organisation des pays exportateurs de gaz.

Selon M. Nozari, les trois pays sont "arrivés à un consensus pour la création d'une organisation commune gazière (...), accélérer sa mise en place et préparer ses statuts".

Mais ses interlocuteurs ont été plus prudents sur les perspectives de viabilité d'une telle structure.

M. Miller a remarqué que l'activité de la "troïka" devait s'inscrire dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), qui existe depuis 2001.

"Le dialogue tripartite peut être très utile pour l'ensemble du marché gazier et peut jouer le rôle de locomotive pour des pays exportateurs de gaz dans le cadre de l'assemblée des exportateurs de gaz", a dit le président de Gazprom.

Le FPEG est une organisation informelle rassemblant peu ou prou les principaux pays détenteurs de réserves de gaz.

Mais elle n'est pas comparable à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui est un véritable cartel doté de statuts et dont les décisions s'imposent à tous les membres.

Le ministre qatari s'est lui aussi gardé d'évoquer la création d'une nouvelle organisation.

Il a évoqué "une vision commune" à propos de l'actuel Forum, mais sans apporter de détails à ce sujet. Il a ajouté que "lors de la future réunion ministérielle des pays exportateurs de gaz, ce projet sera confirmé".

La Russie, l'Iran et le Qatar sont les trois premiers détenteurs de gaz avec environ 60% des réserves mondiales.

Leurs statuts d'exportateurs sont pourtant bien distincts. La Russie est le premier fournisseur de gaz naturel et le Qatar vise la première place pour l'exportation de gaz naturel liquéfié. L'Iran en revanche est un importateur net de cet hydrocarbure, faute d'investissements et d'une forte croissance de la consommation interne.

De nombreux experts ont mis en doute par le passé la viabilité d'un cartel du gaz sur le modèle de celui du pétrole, dont l'objectif est de contribuer à moduler le prix du baril en jouant sur l'offre.

Les contrats liant producteurs et consommateurs de gaz sont généralement à long terme, à cause du montant des investissements nécessaires pour l'acheminer.

Le pétrole est virtuellement livrable d'un point du globe à l'autre, alors que le marché gazier est largement régionalisé.

mercredi, octobre 08, 2008

Décret n° 2008-83 du 24 janvier 2008 relatif aux mesures restrictives à l'encontre de l'Iran prévues par le règlement (CE) n° 423/2007

Avertissement du Ministère des affaires étrangères aux entreprises : sanctions à l'égard de l'Iran

Avertissement aux entreprises : sanctions à l'égard de l'Iran

L’Iran a été sanctionné par les résolutions 1737, 1747 et 1803 adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, respectivement le 23 décembre 2006, le 24 mars 2007 et le 3 mars 2008. Une nouvelle résolution (1835) a été adoptée le 27 septembre 2008 qui réaffirme les résolutions précédentes. Les résolutions 1737, 1747 et 1803 ont été mises en œuvre par l’Union européenne (via les Positions communes 2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008 et le Règlement (CE) 423/2007 du 19 avril 2007). Ces sanctions concernent principalement les domaines nucléaire et balistique, ainsi que les exportations d'armement. Elles prévoient notamment le gel des avoirs et des transactions de certaines banques iraniennes (Sepah et Melli) et appellent les Etats à la vigilance et à la retenue en matière de financements et d’assurance crédit.

Par ailleurs, dans un communiqué publié le 11 octobre 2007, le groupe d’action financière (GAFI) a exprimé sa préoccupation sur l’absence en Iran « d’un système complet de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » et a appelé les institutions financières à appliquer des vigilances renforcées à l’égard des transactions financières de leurs clients en provenance ou à destination de l’Iran. Ce communiqué a été relayé le 19 octobre 2007 par le G7 qui a estimé souhaitable que les institutions financières prennent en compte les risques afférants à l’Iran.

- l’avis du 16 mai 2007, aux importateurs et exportateurs en provenance et à destination de l'Iran,
- les résolutions de l’ONU
1737 , 1747, 1803 et 1835.
- les règlements européens successifs
140, 242, 246, 423, 618,
-
la déclaration du GAFI.
-
Décret_n°2008-83_du_24_janvier_2008

- les positions européennes communes:

2007/140/PESC du 27 février 2007, 2007/246/PESC du 23 avril 2007, 2008/479/PESC du 23 juin 2008, 2008/652/PESC du 7 août 2008

Voir aussi: http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/sanctions/sanctionsiran.php

Inauguration de la tour Milad Source : AFP 07/10/2008 | Mise à jour : 21:58 | Commentaires 1 . Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Mi

Inauguration de la tour Milad
Source : AFP, 07/10/2008
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Les autorités iraniennes ont inauguré la tour Milad, la quatrième plus haute tour de télécommunications au monde (435 m), qui doit devenir l'un des emblèmes de Téhéran.

Inspirée de l'architecture islamique, la tour, bâtie sur les collines du nord-ouest de la capitale, a été achevée après 11 ans de travaux, pour un coût d'environ 194 millions de dollars.

Haute de 435 m (dont une antenne de 100 m), la tour est coiffée d'un toit de métal et de verre haut de 12 étages et large de 60 m, qui accueille un restaurant panoramique, une galerie d'art, une terrasse extérieure ainsi que des zones réservées aux systèmes de télécommunications.

Selon ses concepteurs, la tour Milad est la quatrième plus haute du monde après la tour CN de Toronto (Canada), la tour Ostankino de Moscou et l'Oriental Pearl de Shanghai (Chine).

vendredi, août 15, 2008

L'UE renforce ses sanctions contre l'Iran

L'UE renforce ses sanctions contre l'Iran

L'Union européenne a renforcé les sanctions commerciales contre l'Iran vendredi pour punir Téhéran de ne pas avoir accepté les propositions de coopération des Six, en échange de la suspension des activités d'enrichissement d'uranium.

Les nouvelles sanctions de l'UE vont un peu au-delà de celles déjà imposées par l'ONU et sont destinées à refuser des prêts publics ou des crédits à l'exportation pour les entreprises faisant du commerce avec l'Iran.

La France, qui occupe la présidence tournante de l'Union européenne, a annoncé que les gouvernements européens observeraient aussi étroitement les groupes financiers faisant du commerce avec les banques iraniennes, et augmenteraient les contrôles des bateaux et des avions se rendant en Iran.

"Cette résolution accroît la portée des mesures de restriction adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU" en décembre 2006 et mars 2007, précise l'UE dans un communiqué.

L'UE appelle les pays-membres à "faire preuve de retenue quand ils accordent de nouveaux prêts publics pour faire du commerce avec l'Iran (...) et à être aussi vigilants sur les activités des institutions financières avec les banques basées en Iran".

Plus tôt cette semaine, Paris et Washington avaient affirmé que la réponse de l'Iran à la dernière offre de coopération présentée par les six pays engagés dans le dossier nucléaire iranien (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine) était insuffisante. AP

Relations Iran-Algérie : les nouvelles priorités

L'Algérie et l'Iran ont affiché clairement leurs volontés d'aller de l'avant en matière de coopération économique et politique lors de la visite du Président Algérien Abdelaziz Bouteflika en Iran.

Les deux pays ont signés conjointement un communiqué qui exprime le souci des deux partis «d'asseoir des relations durables et mutuellement bénéfiques»

Les deux parties ont défini clairement les domaines de coopération. Il s'agit de développer la coopération dans divers domaines, à savoir la construction de logements et d'infrastructures de base, de l'industrie pharmaceutique, de l'industrie du ciment, du montage de véhicules, des pièces de rechange et des industries pétrolière et gazière ainsi que l'établissement d'un terrain d'échange d'expertise et de concertation continue dans ces domaines.

Le communiqué fait état d'un accord sur la non double imposition et un autre sur la coopération douanière.

Par ailleurs, concernant les questions régionales et internationales, les deux pays ont exprimé leur préoccupation quant à la situation sécuritaire, sociale, économique et humanitaire, notamment dans les territoires occupés.

Concernant le Soudan, l'Algérie et l'Iran ont affiché une position commune, qui est celle du rejet de la demande du procureur général du tribunal pénal international appelant à l'arrestation du président soudanais Omar El Bachir pour «crimes contre l'humanité» au Darfour.

En ce qui concerne le volet du nucléaire civil, la position des deux pays ne souffre d'aucune ambiguïté.«Les deux parties ont réitéré leur ferme engagement quant à l'établissement d'une région exempte d'armement nucléaire qui permette au Proche-Orient, à l'instar de l'Afrique et de l'Amérique latine, de consacrer son énergie et ses ressources au développement durable», indique-t-on dans le communiqué.

Pour ce qui est du programme nucléaire iranien qui préoccupe l'Occident et les Etats-Unis en particulier, l'Algérie et l'Iran ont affirmé dans le communiqué que «les pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ont le droit légitime et consacré, en vertu du traité, d'accéder à la technologie nucléaire à des fins civiles et pacifiques et pour des objectifs de développement».

Enfin, arrivant au terrorisme, les deux pays le condamnent sous «toutes ses formes» et ont réaffirmé la responsabilité des Nations unies à lutter activement contre ce phénomène par l'élaboration d'une convention internationale dans le but de régir la lutte antiterroriste et définir avec précision, ce phénomène « loin de tout amalgame avec les luttes légitimes des peuples contre l'occupant étranger», comme c'est le cas en Irak.


samedi, juillet 19, 2008

Nabucco : l’Iran s’apprête à lancer le chantier en 2008

Nabucco : l’Iran s’apprête à lancer le chantier en 2008

Armenews, 8 juin 2008

L’Iran doit lancer en 2008 la construction du gazoduc Nabucco destiné à canaliser ses hydrocarbures vers l’Europe, a déclaré lundi le vice-ministre iranien du Pétrole et président de la Compagnie nationale iranienne du gaz (NIGC), Seyed Reza Kasaizadeh.

"L’étude des possibilités de l’Iran dans ce projet touche à sa fin. Le tronçon iranien fera partie du projet Nabucco destiné à alimenter l’Europe en gaz en provenance du gisement de South Pars, le plus grand en Iran", a-t-il indiqué à la télévision iranienne. En janvier dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères Manoucher Mottaki a déclaré que la coopération de Téhéran avec les pays européens dans le domaine du pétrole et du gaz n’était dirigée contre aucun pays tiers.

D’après lui, l’Iran est en droit de mener une politique gazière indépendante à l’instar des autres pays exportateurs, dont la Russie et l’Algérie.

La construction du gazoduc Nabucco, qui contournant la Russie doit traverser l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche et éventuellement l’Allemagne, doit débuter fin 2010 pour se terminer en 2013. Initialement évalué à 5 milliards d’euros, le coût du projet se chiffre désormais à 7,9 milliards. Le gazoduc pourra transporter dans un premier temps près de 8 milliards de mètres cubes de gaz par an, mais les concepteurs prévoient d’augmenter sa capacité annuelle à 31 milliards de mètres cubes. Parmi les fournisseurs potentiels du gaz pour le projet Nabucco on cite l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Turkménistan et ces derniers temps l’Irak. L’idée des livraisons de gaz irakien vers l’Europe est activement promue par les Etats-Unis.

La Russie considère avec scepticisme la réalisation du projet Nabucco dans les prochaines années, jugeant insuffisantes les réserves de gaz pour remplir le gazoduc. Le consortium Nabucco Gas Pipeline Company, en charge du projet, est détenu par l’autrichien OMV, le hongrois MOL, le bulgare Bulgargaz, le roumain Transgaz, le turc Botas et l’allemand RWE qui possèdent chacun une participation de 16,67%.